L’Afrique de Jean-Louis Roy

Au moment même où les Africains peuvent enfin envisager leur avenir hors de la dépendance économique, le Canada commet une erreur monumentale en prenant ses distances avec l’Afrique. Voilà ce que soutient l’historien, journaliste et diplomate Jean-Louis Roy dans un volumineux essai rassemblant l’essentiel de ses écrits sur l’Afrique de 1971 à 2011.

Chronique de Pierre Cayouette : L’Afrique de Jean-Louis Roy

Au moment même où les Africains peuvent enfin envisager leur avenir hors de la dépendance économique, le Canada commet une erreur monumentale en prenant ses distances avec l’Afrique. Voilà ce que soutient l’historien, journaliste et diplomate Jean-Louis Roy dans un volumineux essai rassemblant l’essentiel de ses écrits sur l’Afrique de 1971 à 2011.

Par la fermeture d’ambassades sur le continent afri­cain, le resserrement de l’aide publique ainsi que l’indifférence politique et diplomatique, le Canada gaspille le crédit accumulé depuis 50 ans auprès des leaders africains, rappelle celui qui a travaillé dans plus de 30 pays africains au fil de sa carrière.

Rien, ni dans son histoire familiale ni dans sa formation ou dans sa première carrière universitaire, ne le prédestinait à devenir un ardent défenseur de l’Afrique, confesse d’emblée Jean-Louis Roy. Cet intellectuel québécois né en Beauce aura toutefois consacré la majeure partie de son itinéraire professionnel à la cause africaine. «?Ce fut à la fois une rencontre heureuse et bouleversante avec un continent apparemment lointain, mais dont l’importance géopolitique ne cessera de croître au 21e siècle?», note-t-il.

Ex-directeur du Devoir et ex-secrétaire général de l’Agence de la Francophonie (aujourd’hui l’Orga­nisation internationale de la Francophonie), Jean-Louis Roy dirige actuellement l’Observateur mondial des droits de l’homme du Centre de recherche en droit public de l’Université de Montréal.

Il demeure un farouche défenseur de la Franco­phonie. À ses yeux, l’avenir du français comme langue internationale passe par l’Afrique. Le Québec, estime-t-il, a tout intérêt à entretenir des liens étroits avec l’Afrique francophone. «?Le continent africain comptera deux milliards d’habitants dans 30 ans. C’est le plus important réservoir d’immigrants fran­cophones actuel et virtuel?», rappelle Jean-Louis Roy. Il note au passage que les entreprises québécoises, le mouvement coopératif et une multitude de coopérants continueront de trouver de formidables débouchés sur le continent africain.

Ma rencontre avec un continent?: Écrits sur l’Afrique 1971-2011, Éditions Feu de brousse, Dakar (Sénégal), 636 p., 49,95 $.

 


UN ÉDITEUR AU LONG COURS

Quand il a débarqué au Québec pour une première fois, en 1958, Marcel Broquet pensait demeurer à Montréal quelques mois, bourlinguer sur le continent, puis repartir en France. Or, il n’a jamais quitté son pays d’adoption. Ce grand éditeur, qui a laissé sa marque avec ses livres sur la nature et la faune – pensons à son succès de librairie Les oiseaux du Québec -, raconte son parcours dans un livre autobiographique qui relève à la fois du récit intime et du livre d’histoire. Longtemps libraire à Verdun, Marcel Broquet s’est naturellement tourné ensuite vers l’édition. Toujours actif, l’éditeur n’est pas de ceux qui s’inquiètent de l’avenir du livre, bien qu’il estime que l’on publie trop. (Laissez-moi vous raconter…?: 53 ans dans le monde du livre, Éditions Marcel Broquet, 250 p., 24,95 $)


LES COLÈRES DE NORMAND LESTER

Depuis qu’il a délaissé ses fonctions de reporter à Radio-Canada, Normand Lester a choisi de se faire pamphlétaire et de multiplier les coups de gueule. Tant dans le site de Yahoo! Québec qu’à la radio (au 98,5 FM), il commente l’actualité dans un style vigoureux et impertinent. Allergique à la langue de bois, il n’hésite pas à tenir des propos incendiaires, sans doute dans le dessein de secouer l’apathie de ses concitoyens. Ses chroniques qui traitent des États-Unis demeurent les plus pertinentes, peut-être parce que Lester a longtemps vécu à Washington, à titre de correspondant, et qu’il connaît bien ce pays. (Contre-poing, Les Intouchables, 333 p., 24,95 $)

 

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