L’amoureuse

Catherine Sénart prend bien la lumière : ce truc magnétique dans ses yeux d’herbe claire, ses dents blanches comme une réclame. Quand on lui demande d’où elle vient, elle répond : « De l’amour. » Où elle va ? « Vers l’amour. » Ce qu’elle veut ? « L’amour. » Décidément ! Il y a de l’amour dans l’air, dans les airs, même.

photo : Jocelyn Michel
photo : Jocelyn Michel

La comédienne a autoproduit un spectacle, assorti d’un disque – L’amour selon Venne -, qui explore le spectre de la thématique amoureuse, du flirt à la séparation. Pour ce spectacle, entamé au Studio-théâtre (Place des Arts) en mars et promis à de beaux lendemains, elle a puisé 24 morceaux – des succès, des méconnus, des « pas faciles à chanter » – dans le catalogue de Stéphane Venne. Et le public, conquis, de constater que les bonnes chansons traversent mieux le temps. Bien sûr, les arrangements et orchestrations, marqués au sceau des années 1960-1970, ont fait place à la simplicité : un piano, une voix, un talent pulpeux, une diction parfaite. Le résultat a plu à l’auteur-compositeur.

« Pour moi, une chanson, c’est une pièce de théâtre. » La belle de scène prononce des phrases policées, bien élevées. Mais sous les bonnes manières, on devine une sensibilité zigzagante, tantôt acier, tantôt feu en fusion. Lorsqu’il s’est agi de matière artistique dans la préparation de son Venne, pas question que quiconque se mêle de ses affaires, fût-ce un producteur. « On ne doit pas donner au public ce qu’il aime, mais ce qu’il pourrait aimer. » Elle impose ses idées comme on plante une clôture. Elle a 39 ans, ce n’est pas une débutante.

Fille de la soprano Céline Dussault, nièce de la comédienne Louisette Dussault, cette diplômée de l’École nationale de théâtre, propulsée par la télésérie Marguerite Volant, a fait le tour du Québec sous les traits d’Eliza Doolittle, dans My Fair Lady, comédie musicale du Théâtre du Rideau Vert. Beaucoup ignoraient qu’elle chantait si bien.

Catherine et son compagnon, Luc Guérin (Virginie, Willie, Les boys), vont se conter fleurette tout l’été dans C’est notre chanson, adaptation québécoise de They’re Playing Our Song, « comédie musicale de chambre » de Neil Simon qui remonte à 1979. « Il y a quelque chose de Woody Allen dans la pièce, un peu de son humour. À New York, tout oppose deux personnages, légèrement névrosés, qui vont tomber amoureux. » Évidemment ! Comme les producteurs – Martin Drainville et Guérin – n’avaient pas les moyens de se payer un orchestre de Broadway (musique de Marvin Hamlisch, tout de même !), ils ont opté pour un trio jazz que dirige le pianiste Philippe Noireaut. « Cela fait une très jolie comédie romantique. » L’amour, encore, toujours…

C’est notre chanson, mise en scène de Frédéric Blanchette,
Théâtre Hector- Charland, à L’Assomption, du 18 juin au 22 août, 450 589-9198, 514 790-1245.
catherinesenart.com