L’ange cornu ne convainc pas

Dans deux livres précédents, Michel Tremblay avait raconté sa découverte du cinéma (Les Vues animées) et du théâtre (Douze coups de théâtre), en plus de son initiation à la sexualité. Voici maintenant, dans Un ange cornu avec des ailes de tôle, la lecture, la littérature – et, de nouveau, la sexualité.

C’est le moins réussi des trois. Autant l’amour du cinéma et du théâtre semblait spontané, authentique, autant la passion de la lecture – sans doute réelle dans la vie, mais nous sommes ici dans le texte – paraît artificiellement gonflée. Le narrateur se bat les flancs pour nous convaincre qu’il n’a rien vu de la Gaspésie, parce qu’au cours du voyage il n’a fait que lire ce «livre de toute beauté» qu’est Bonheur d’occasion. Mais il ne nous dit rien de ce que fut pour lui cette expérience de lecture.

Le charme des deux livres précédents tenait pour beaucoup à la description du milieu familial. Seule la mère reste vraiment présente dans Un ange cornu…, et ses discours constituent le meilleur du récit.

On lira avec intérêt, également, les péripéties tragicomiques de la publication du premier livre de fiction de Michel Tremblay, Contes pour buveurs attardés. L’écriture est alerte, comme d’habitude, mais peu inspirée malgré les «maudite marde» qui en constituent le leitmotiv quasi wagnérien. (Actes Sud et Leméac, 246 pages, 23,95$)

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