L’ange gardien de Tintin

Depuis Moulinsart, Louise Cliche s’assure que le monde entier respecte l’image des héros d’Hergé.


 

Quel admirateur d’Hergé n’a pas un jour rêvé de poser ses valises à Moulinsart? Louise Cliche fait partie des privilégiés qui partagent le quotidien de Tintin, Milou, Haddock et compagnie. Depuis 1996, cette ex-Montréalaise de 49 ans est chef de studio à Moulinsart S.A., société dirigée par la veuve d’Hergé, Fanny Vlaminck, et son nouveau mari, le Britannique Nick Rodwell. Depuis ses bureaux sis dans un discret immeuble du centre-ville de Bruxelles, Louise Cliche encadre une équipe de neuf graphistes qui veillent – « mille millions de mille sabords! » – au respect de l’image des personnages de la plus célèbre BD européenne par les fabricants de produits dérivés. « On fait nous-mêmes les illustrations pour les entreprises, parce qu’on est plus efficaces: je connais par coeur tout le visuel de Tintin », dit cette blonde aux yeux bleus pétillants. En septembre dernier, elle était de passage au Québec afin d’y superviser les derniers préparatifs de l’exposition Au Pérou avec Tintin, présentée jusqu’au 6 janvier 2008 au Musée de la civilisation de Québec. Sa prochaine mission: une exposition à Paris et à Bruxelles célébrant le centenaire de la naissance d’Hergé (2007).

Comment a-t-elle atterri en Belgique? « Un pur hasard », assure-t-elle. En 1987, graphiste à la pige, elle a envie de voir du pays. L’Office franco-québécois pour la jeunesse refuse son projet d’études comparatives des graphismes français et québécois. Elle l’adapte et le soumet à l’Agence Québec Wallonie Bruxelles pour la jeunesse, qui en veut bien. Sa bourse épuisée, elle fait de petits boulots pendant un an puis obtient un permis de travail. Elle multiplie les contrats d’illustration jusqu’à aboutir à Moulinsart S.A. « Ma québécitude m’a peut-être aidée à obtenir des rendez-vous plus rapidement, parce que les gens étaient curieux de me rencontrer, pense-t-elle. Mais si mon portfolio n’avait pas été à la hauteur, on m’aurait renvoyée dare-dare à ma québécitude! Cela dit, il est vrai que les Québécois et les Belges s’entendent bien. »