L’auteur-compositeur-interprète Éric Bélanger à L’Astral le 14 novembre

Photo : Jocelyn Michel
Photo : Jocelyn Michel

Extrait de sa bio : « Il habite Laval depuis 18 ans avec sa femme, sa fille et sa piscine hors terre, à l’image du gars de la porte d’à côté. » Avec plus de poésie tout de même que la moyenne des Lavallois. Éric Bélanger est tendre, loquace, modeste, ridé au coin des yeux.

Pour pénétrer l’univers de l’auteur-compositeur-interprète, une première écoute de ses disques ne suffit pas, une deuxième non plus ; c’est à la troisième que le charme opère, que les chansons s’incrustent : plus atmosphériques que spectaculaires, minutieuses, éclairées de biais. De la pop vaporeuse.

Notre premier contact s’était mal vissé. Dans le blogue Culture de L’actualité, j’avais, à la sortie de son récent album, Speedo Tuxedo, moqué la pochette (lui dans une veste de smoking enfilée… sur un slip de bain) et souligné que l’autoproclamé « amoureux de la langue française » avait, dans le livret, maille à partir avec l’orthographe.

À la lecture du billet, m’avez-vous souhaité du malheur ?

Non, mais j’ai eu envie de vous demander de vous exprimer plus sur le contenu des chansons que sur l’enrobage. La pochette, que je croyais amusante, a projeté de moi une image superficielle. Je me suis trompé, j’assume, mais jamais je n’aurais cru que des gens refuseraient d’écouter l’album à cause d’une photo.

Vous le dites vous-même : « Si on écoute mes chansons en faisant autre chose, on va les trouver “plates”. » Mais qu’avez-vous tant à dire pour mériter notre attention exclusive ?

Je déteste manger au restaurant avec quelqu’un qui texte en même temps. Je n’écris pas des chansons qu’on écoute en petit-déjeunant en famille ou en prenant un verre avec des amis. Mes textes sont des confidences : pour en apprécier les nuances, ils requièrent le tête-à-tête. Moi, j’écoute de la musique comme je lis, c’est-à-dire seul.

Vous êtes psychoéducateur. Pourquoi avoir voulu tenter, et si tard, votre chance dans la chanson ?

J’ai participé à mon premier concours à 31 ans : ce fut la catastrophe. [Il remportera plusieurs prix par la suite.] À Granby, un juge m’avait dit que j’allais me faire démolir avec ce que je faisais, avant d’ajouter : « Surtout, ne change rien. » C’est le conseil que j’ai retenu : j’avais une identité.

Quelle est-elle ?

La vérité, la fidélité à moi-même. Je tiens le fil de ce que je suis. C’est pourquoi je ne sais pas chanter autre chose que mes chansons.

Bien des artistes ne se rendent pas au deuxième album. Vous préparez le quatrième. Est-ce à dire que vos affaires vont bien ?

J’ai la chance que le contenu artistique de mes disques reçoive l’aval des différents jurys des organismes subventionneurs.

Pourtant, vous demeurez un artiste confidentiel.

Ne pas avoir à gérer de succès populaire me donne une liberté d’action et de création. D’un autre côté, je veux vendre des disques et me produire devant du monde. Humblement, je peux dire que je donne un bon spectacle. D’ailleurs, les critiques s’entendent là-dessus. À L’Astral, le 14 novembre [durant Coup de cœur francophone], promis, je n’arborerai ni smoking ni Speedo.

Vous dédiez votre album à « blondinette et fillette sans qui mes chansons n’auraient pas raison d’être ». Vous n’exagérez pas ?

Je chante parce que j’ai une fille et que ça fait longtemps que je suis avec ma femme. Cela peut sembler du romantisme, mais c’est mon moteur.

Votre père, décédé quand vous aviez deux ans, était québécois, votre mère est alsacienne. Vous possédez la double nationalité ?

Oui, et quand je vendrai des milliers d’albums en France, ma citoyenneté française me sera utile pour éviter la paperasserie administrative !

Laisser un commentaire
Les plus populaires