L’auteur du mois : François Gravel

Le prolifique écrivain lance un nouveau roman pour adultes, et poursuit son parcours dans la littérature jeunesse.

Photo : Martine Doyon

En plus de son dernier roman pour adultes, À vos ordres, colonel Parkinson !, François Gravel a publié depuis le début de 2019 quatre romans jeunesse et une réédition du tome 3 de sa célèbre série Klonk. Et cette remarquable productivité ne date pas d’hier : même lorsqu’il partageait son temps entre l’écriture et son emploi de professeur d’économie au cégep, il avait déjà un rythme de croisière bien au-delà de la moyenne, au grand plaisir de ses lecteurs de tous âges, qui apprécient son style limpide et soigné ainsi que son humour fin, qu’on retrouve même dans ses œuvres plus graves.

(Photo : Martine Doyon)

Où et quand écrivez-vous ? 

Je fais du jogging presque chaque matin. Il est rare que j’en revienne sans quelques idées à développer. Je m’installe ensuite devant mon ordinateur et je me paie quelques heures d’écriture. Ces heures passent très vite, et à midi, ma journée de travail est terminée. Je pense cependant souvent à mes personnages pendant le reste de la journée. Tout cela est si agréable que j’hésite à employer le mot « travail » !

 Comment décririez-vous votre démarche artistique ? 

Je ne sais pas si j’ai quelque chose d’aussi sophistiqué qu’une « démarche artistique », mais je sais que j’éprouve un intense besoin de raconter des histoires et que j’y trouve un grand plaisir. À partir de là, je ne vois pas pourquoi je m’en priverais !

Écrire pour les enfants ou pour les adultes, qu’est-ce que ça change ?

La grande différence, c’est qu’on peut se faire une image beaucoup plus nette de notre lecteur quand on écrit pour les jeunes. On sait qu’on s’adresse à un enfant qui a 9 ou 10 ans ou à un adolescent de 14 ou 15 ans. Si on a un peu de mémoire, on se souvient des émotions propres à ces âges-là. Les lecteurs dits « adultes » ont pour leur part entre 14 et 102 ans. L’image est plus floue !

Les livres que j’ai lus tout au long de mon enfance et de mon adolescence m’ont parfois marqué à jamais. L’idée que je puisse laisser une empreinte comparable chez certains jeunes lecteurs me donne le vertige.

Comment gérez-vous la composante autobiographique de vos livres ?

J’aurais du mal à écrire des romans qui mettent en scène des avocats de New York, des astronautes ou des joueurs de cricket. Ça me demanderait de longues recherches et ce n’est franchement pas la partie de mon travail que je préfère. Si les livres que j’écris ont une composante autobiographique de plus en plus grande, c’est que je me sens beaucoup plus à l’aise de parler de ce que je connais.

Quel est le meilleur conseil que vous ayez reçu ? 

Je ne me souviens pas d’avoir jamais reçu un conseil qui a eu plus d’effet qu’une question posée par mon fils, Simon. Il devait avoir six ou sept ans quand il m’a demandé pourquoi je n’écrivais pas des livres qu’il pouvait lire (je ne publiais alors que des romans pour adultes). C’était une excellente question, à laquelle j’ai tenté de répondre du mieux que j’ai pu.

Dans votre carrière, de quelle réalisation êtes-vous le plus fier ?

De mes livres pour enfants. Les livres que j’ai lus tout au long de mon enfance et de mon adolescence m’ont parfois marqué à jamais. L’idée que je puisse laisser une empreinte comparable chez certains jeunes lecteurs me donne le vertige.

Comment s’est passée la création de votre dernier livre, À vos ordres, colonel Parkinson ! ?

On m’a diagnostiqué la maladie de Parkinson il y a deux ans. J’ai alors eu l’impression de recevoir une pluie de briques sur la tête. Après les avoir regardées tomber pendant un certain temps, je me suis demandé s’il était possible de les utiliser pour construire quelque chose. C’est souvent ma façon de réagir à ce qui m’arrive : je m’assois devant mon ordinateur et j’invente des histoires, brique par brique.

Qu’aimeriez-vous que les lecteurs en retiennent ?

C’est un récit qui relate la façon dont j’ai apprivoisé cette maladie. J’espère qu’il permettra au lecteur de mieux la comprendre « de l’intérieur », si je puis dire.

De vos nombreux contacts avec vos lecteurs, quel moment est resté particulièrement gravé dans votre mémoire ?

Un des plus marquants a sûrement été une rencontre avec un jeune garçon d’une dizaine d’années qui est venu me voir avec sa mère, à qui il voulait présenter « celui qui a écrit le premier livre que j’ai lu de ma vie ». J’en ai encore des frissons.

Avec une centaine de romans à votre actif, vous êtes l’un des auteurs les plus prolifiques du Québec. Quel est le secret de votre impressionnante productivité ?

Ce n’est vraiment pas compliqué : une page par jour, ça finit par donner 365 pages par année !

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