L’autre guerre des étoiles

Même le père Noël se fait voler la vedette: la deuxième moitié de ce mois de décembre 2015 appartient bel et bien aux chevaliers Jedi, à Han Solo et aux autres protagonistes de Star Wars: Le réveil de la Force

Photo: Bakounine/ABACAPRESS.COM
Photo: Bakounine/ABACAPRESS.COM

CultureMême le père Noël se fait voler la vedette: la deuxième moitié de ce mois de décembre 2015 appartient bel et bien aux chevaliers Jedi, à Han Solo et aux autres protagonistes de Star Wars: Le réveil de la Force. Si les premiers échos critiques ont de quoi rassurer les aficionados, qui patientent depuis de longs mois (on a diffusé le premier extrait promotionnel en novembre… 2014), la logistique entourant la sortie planétaire fait aussi grincer des dents.

On verra bien si Le réveil de la Force récrit quelques pages de l’histoire du cinéma; en attendant, ce septième volet récrit l’histoire de sa diffusion, au cinéma. Au-delà du nouveau volet de l’épopée spatiale, les réactions fusent de toutes parts quant aux velléités de contrôle de l’empire Disney, qui a racheté la franchise Star Wars à George Lucas en 2012.

Les journalistes invités aux rares projections de presse — une seule par marché, en général — ont en effet dû promettre de «ne pas révéler d’éléments-clés de l’intrigue du film afin de laisser intact le plaisir des futurs spectateurs» et admettre que toute révélation à des personnes n’ayant pas assisté à la projection «constituerait un préjudice pour Disney/Lucasfilm donnant lieu à réparation».

Vous avez bien lu: «réparation». Tout ce dispositif explique les critiques tronquées du Réveil de la Force parues, ici comme ailleurs, quelques heures avant la sortie en salle officielle (le 18 décembre au Québec). Aperçu de l’histoire, quelques points forts et points faibles, mais guère plus, cet embargo critique obligeant tout commentateur à entretenir le vague quant aux «liens entre les personnages», par exemple.

Si de nombreux médias ont préféré y voir une sorte de jeu contribuant à faire grimper l’excitation, tout le monde n’a pas cédé à la hâte au point de revoir intégralement ses méthodes de travail. Le journal Le Monde, par exemple, a refusé les exigences de Disney, préférant attendre la sortie proprement dite pour pouvoir parler librement du film, quitte à avoir 24 heures de retard sur les concurrents.

Faut-il en faire une affaire d’État? Sans doute pas. Mais une question de principe, peut-être. Une fois la poussière spatiale retombée, il faudra bien se demander si c’est une bonne chose pour le septième art et sa diffusion que les critiques soient ainsi à demi muselés.

Chose certaine, on est loin du charme de ce film financé de peine et de misère en 1977, initialement sorti sur une petite quarantaine d’écrans aux États-Unis et qui avait attiré l’attention pour ses qualités intrinsèques plutôt que pour un plan de communication où rien n’est laissé au hasard.

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