L’avenir ? Suivez Björk !

Une véritable révolution musicale se prépare. Et c’est la chanteuse islandaise Björk qui mène le bal !

Sortir un nouveau disque ? C’est ce qu’on faisait au 20e siècle, voyons ! Aujourd’hui, avec Biophilia, l’Islandaise Björk élève le concept d’album à un tout autre niveau. Dépassés, le disque et même le MP3 : c’est le iPad qui sert de support principal. Et oubliez les guitares. Ici, ce sont des pendules géants et des bobines Tesla qui servent d’instruments.

>> En vidéos : Les extravagances instrumentales de Björk

À 45 ans, après six albums nova­teurs, Björk avait l’impression de tourner en rond. Le côté instinctif et la puissance du iPad, véritable studio portatif, l’ont aidée à redémarrer. Elle y a aussi trouvé l’outil parfait pour montrer toutes les facettes de son art.

Chaque chanson de Biophilia se présente sous la forme d’une application iPad offrant une expérience immersive et inter­active. La pièce « Virus », par exemple, est une sorte d’antijeu qui se veut une métaphore de l’amour et de la dépendance. L’auditeur-joueur doit empêcher des virus de dévorer une cellule. Mais, comme c’est la détério­ration de la cellule qui rythme l’évolution de la chanson, il faut accepter de perdre pour se rendre jusqu’à la fin du morceau.

On peut également se contenter d’écouter la pièce telle que Björk l’a conçue. Défile alors à l’écran une partition animée, présentée de manière à ce que l’auditeur puisse la comprendre même s’il n’a aucune connaissance musicale.

Car Biophilia est plus qu’un concept musical multimédia, c’est aussi une expérience éducative, la concrétisation partielle d’un vieux rêve de la chanteuse : ouvrir une école de musique qui encourage la création. Ajoutez à cela que chaque morceau aborde de façon poétique un phénomène naturel (éclairs, gravité, marées, etc.) et vous avez une entreprise des plus ambitieuses.

À la recherche de la forme idéale pour son projet, l’Islandaise avait d’abord pensé concevoir une maison, une vraie, dans laquelle chaque pièce, contenant des installations sonores interactives, aurait été une chanson. Puis, elle a entrepris de tourner un film en IMAX 3D avec la National Geographic et le réalisateur français Michel Gondry. C’est finalement le iPad qui lui aura un peu permis de combiner et d’améliorer ces deux idées.

Mais surtout, en créant de petits jeux où les actions du joueur sont liées à des sons, des boucles ou des extraits d’une chanson, Björk chamboule la relation traditionnelle de l’auditeur avec l’œuvre. Pour la première fois, l’artiste nous donne accès au cœur même de sa création et nous permet de jouer avec celle-ci.

Seules quelques-unes des 10 pièces de Biophilia sont accessibles pour l’instant, l’album se dévoilant au fil des semaines. Vous vivez encore au 20e siècle ? Pas de problème, Biophilia sor­tira sur de bons vieux CD le 11 octobre.

LA TOURNÉE

La tournée qui accompagnera l’album s’annonce, elle aussi, peu traditionnelle. Au cours des trois prochaines années, la chanteuse fera une série de résidences de six semaines dans huit villes (qui n’ont pas encore été annoncées). On pourra y entendre et y voir, entre autres, un synthétiseur tirant ses notes des éclairs produits par des bobines Tesla, une boîte à musique géante générant des sons métalliques et une série de pendules de trois mètres de hauteur sur la tige desquels des cordes sont tendues. Un ingénieux mécanisme pince l’une ou l’autre de ces cordes lorsque le balancier arrive au centre de son mouvement de va-et-vient.

L’ÉDITION LIMITÉE

L’édition limitée de Biophilia comprend une version longue de l’album, un livre de 48 pages abondamment illustré et 10 diapasons, chacun donnant la tonalité d’une pièce de l’album, le tout formant une gamme inusitée.  
Prix : 800 dollars.

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