Le caricaturiste André-Philippe Côté expose à Québec

Le caricaturiste André-Philippe Côté sort ses pinceaux. Et pour découvrir son talent, rien de mieux qu’un livre et deux expos ! 

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On connaît son coup de crayon drôle et mordant, mais André-Philippe Côté, caricaturiste au Soleil et à L’actualité, a aussi une production secrète, à l’acrylique, à des lieues de la sphère médiatique. Il la dévoile enfin par le truchement de deux expositions et de L’autre Côté, une monographie publiée aux éditions Alto.

Vous dessinez à longueur de journée, mais ça ne vous suffit pas. D’où vient ce besoin de faire aussi la « caricature buissonnière », comme vous le dites ?

La caricature, un exercice dont je ne me lasse pas, vient tout de même avec une série de contraintes quotidiennes, un rythme de production évidemment très rapide. Depuis longtemps, j’ai besoin d’avoir aussi un espace où je peux créer des tableaux sans contraintes, ni de thème ni de temps.

Jusqu’ici, cet espace a été strictement privé. Pourquoi ?

J’ai d’abord voulu faire de la peinture, mais quand j’avais 20 ans, c’était l’époque des néo-plasticiens, du rejet du sujet. Moi, j’aime qu’il y ait un sujet dans un tableau, alors je me suis concentré sur un autre médium, tout en continuant de peindre pour moi-même. Pendant des années, ça me convenait très bien de mener cette production en parallèle, loin du marché de l’art, d’ailleurs, sans ressentir la pression de présenter des séries dans une optique commerciale. Il faut dire que ce n’était pas financièrement nécessaire, j’ai un bon métier. J’attendais donc d’avoir vraiment quelque chose à offrir au public.

 

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Si le caricaturiste se concentre sur l’actualité, le peintre préfère se pencher sur des sujets immuables, souvent gais, parfois plus sombres, comme la maladie ou la solitude. Ci-contre : L’autre Côté, publié aux éditions Alto.

 

De quoi traitent vos tableaux ?

Comme caricaturiste, mes sujets sont dictés par l’actualité, ils portent sur ce qui est en mouvement dans la société. Comme peintre, je suis plutôt tourné vers ce qui ne change pas : notre envie de jouer dans l’eau, de prendre un verre entre amis, tout comme les sujets plus graves que sont la solitude et la maladie, d’où ma série de toiles sur les salles d’attente.

La figure de l’oiseau semble centrale dans votre imaginaire…

Oui, j’adore créer des personnages humains à tête d’oiseau. L’oiseau évoque nos quêtes d’infini et de liberté, mais le corps de ces personnages les rattache à la terre, au réel. Ce qui limite nos aspirations, voilà un sujet qui m’interpelle.

Devant votre démarche, on ne peut pas s’empêcher de penser à Honoré Daumier, célèbre peintre, sculpteur et caricaturiste français du XIXe siècle. Quelles sont vos inspirations ?

Les expressionnistes, d’abord, et puis je suis un inconditionnel de Picasso, pour sa souplesse par rapport au sujet, l’étendue de son style. Un Daumier m’inspire, évidemment, parce que pour lui il n’y avait pas de genre mineur : la caricature était un genre en soi. Pour moi, il n’y a pas de hiérarchie en arts visuels. Je peux m’intéresser à un dessin que je vois sur une pinte de lait autant qu’à une toile de maître !

La parution de la monographie L’autre Côté est accompagnée de deux expositions. On pourra y acheter des tableaux ?

Bien sûr ! Tant qu’à présenter mon travail, autant le rendre accessible. Nous mettons aussi en vente des digigraphies, donc de très bonnes reproductions. C’est émouvant pour moi de me dire que cette production secrète va maintenant se retrouver chez les gens, aux murs des salons !

Jusqu’au 19 avril au 185, rue Saint-Paul, à Québec ; du 8 au 12 avril au Salon international du livre de Québec (Palais des congrès).

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