Le disque : «Si l’aurore», de Marie-Pierre Arthur

Les premiers mots de Si l’aurore, nouvel album de Marie-Pierre Arthur, résonnent avec malice.

MariePierre-Arthur-Aurore

« J’ai pris le temps. » Trois ans après son dernier disque, les premiers mots de Si l’aurore, nouvel album de Marie-Pierre Arthur, résonnent avec malice. Et l’attente n’aura pas été vaine. Un virage réussi et une nouvelle peau pour Arthur, avec un folk plus soul, inspiré de la fin des années 1970, soutenu tout du long par des mélodies funambules et des lignes de basse envoûtantes. Une fois les deux oreilles dans l’engrenage, difficile de se sortir de l’étau de ce disque aux allures d’ascenseur émotionnel, tantôt suave, tantôt groovy, ou même délicieusement nonchalant. Avec une équipe de création quasi identique à celle du précédent album — notamment François Lafontaine (Karkwa) à la réalisation, Pierre Girard au son et au mixage, et Gaële Tavernier en appui à l’écriture —, cet opus dégage une forme d’osmose générale, entre les compositions léchées et la richesse des arrangements, la complicité évidente avec les excellents musiciens invités, et ce grain de voix au charme dévastateur. Dix pièces enivrantes de simplicité, aux relents parfois presque érotiques, réalisées dans le vase clos inspirant du studio de Girard. De quoi vous faire joyeusement chavirer.

(Marie-Pierre Arthur / Si l’aurore / Simone Records. Sortie le 17 février)