Le futur de Karim Ouellet

À chacun sa façon de rester éveillé?; lui, c’est la musique. Avec ses yeux perpétuel­lement étonnés, l’auteur-compositeur-interprète Karim Ouellet, 27 ans, va sans carapace, pas stressé ni trop tenaillé par le doute.

Né à Dakar, au Sénégal, adopté bébé par un couple de Québécois, il effectue, au gré des missions de son père diplomate, des allers-retours entre différents pays d’Afrique et le Québec. Pour Karim, la planète habite la maison d’à côté.

Son premier album, Plume, paraît en février 2011. On atten­dait du hip-hop, vu qu’on l’avait connu avec les rap­peurs de Movèzerbe. Eh bien, sur un seul thème — l’amour —, il connecte un paquet de registres?: rock, reggae, soul, folk, électro, pop.

«Un album, entre alternatif et commer­cial, pas facile à mettre en marché.» Il sait de quoi il parle, en tant qu’«adjoint administratif» — euphé­misme pour touche-à-tout — de la maison de dis­ques Abuzive Muzik, qui accomplit un excel­lent boulot à Québec. «On y dorlote si bien les artistes qu’ils n’ont pas envie de partir pour Montréal.»

Malgré des ventes encore humbles, Plume a permis à Ouellet de décrocher le prix de l’album pop de l’année au Gala alternatif de la musique indépendante du Québec (GAMIQ), une nomination au prix Félix-Leclerc et une place parmi les Révélations de Radio-Canada. Trois accélérateurs de car­rière. «On essaie de surfer sur le petit quelque chose qu’on a bâti.» Le «on» inclut ses potes musiciens.

«Là, on est dans l’embrasure de la porte, on compte l’ouvrir plus grand bientôt.» Avec le deuxième album, espère-t-il, prévu avant la fin de l’automne, même s’il n’a que cinq chansons en boîte. «Pour le premier, j’écrivais les pièces au fur et à mesure de l’enregistrement.» Et le disque a plu jusqu’à Paris, où l’artiste a loué une petite salle pour le présenter aux pontes de l’industrie.

Si, en studio, Ouellet passe des guitares à la contrebasse, du piano à l’orgue, des percussions à la mandoline, il se contente sur scène de trois guitares. Mais il en joue du feu de Dieu. Voyez-le accompagner la chanteuse Marième et au sein des collectifs CEA et Fidelplasma.

Karim dit regarder plus de films qu’il écoute de musique et réussir un saumon aux agrumes qui conquiert les filles. En attendant un prochain spectacle, il revisite, avec CEA et Webster, Les ailes d’un ange, de Robert Charlebois. «On veut donner une grosse dose d’énergie au public.» Ça le fait.

PHOTO : Jocelyn Michel

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