Le gouffre d’Asbestos

Sujet épineux, l’amiante est au centre de ce roman, où la population d?Asbestos est étranglée par le chômage et les maigres perspectives d’avenir.

(Photo: Bill Brooks/Alamy Stock Photo)
(Photo: Bill Brooks/Alamy Stock Photo)

La dernière mine d’amiante de la province a beau avoir fermé en 2011, cette fibre minérale n’a pas fini de faire des ravages meurtriers. Son utilisation, interdite dans 50 pays, est encore permise au Canada, et ses importations sont en hausse — en dépit du nombre toujours croissant de victimes d’amiantose ou de mésothéliome, qui en fait la première cause de décès liés au travail.

Omniprésente dans Poussière sur la ville, le classique d’André Langevin, l’amiante était aussi au cœur de L’activiste, un excellent thriller de Maureen Marineau. C’est maintenant au tour de Cassie Bérard de s’attaquer à ce thème toxique, dans un deuxième roman aussi ambitieux que réussi : l’action se passe en 2012, au moment où la ville d’Asbestos attend la relance de la mine Jeffrey — relance qui n’aura pas lieu.

Livre Cassie Bérard Qu'il est bon de se noyer
Qu’il est bon de se noyer, par Cassie Bérard, Druide, 320 p.

Qu’il est bon de se noyer dépeint le «sacrifice d’une population désabusée» par les promesses sans suite de l’État, étranglée par le chômage et les maigres perspectives d’avenir d’une ville qui avait mis tous ses œufs dans le même panier. Avec une grande acuité romanesque, Cassie Bérard met en évidence ce cul-de-sac mono-industriel en multipliant les formes que prend la lente asphyxie de la collectivité de l’Estrie.

Parmi ces symptômes, il y a d’abord une épidémie inexplicable de noyades dans les cours d’eau, les lacs, les piscines et les baignoires de la ville. Il y a le souvenir d’un enfant étouffé sous la neige d’un fort effondré. Il y a le dernier souffle d’un chevreuil heurté par une voiture. Il y a surtout la toux inquiétante de Jacinthe : à contre-courant de l’exode des jeunes, celle-ci est revenue s’installer dans la maison de ses grands-parents, isolée à l’amiante de la cave au grenier.

L’image la plus percutante du roman reste la mine elle-même : ancien poumon économique aujourd’hui sclérosé, cratère à ciel ouvert de deux kilomètres de diamètre «qui transperce le paysage et paraît nous aspirer», bassin dont le fond est maintenant rempli d’une eau verdâtre qui risque d’inonder et même d’engloutir la ville… L’autopsie équivoque qu’en fait Cassie Bérard expose un douloureux nœud gordien : celui que doit trancher toute population acculée à défendre ses moyens d’existence alors que ceux-ci signent aussi son arrêt de mort. Un roman qu’on lit la gorge serrée.

Les commentaires sont fermés.

Je trouve vraiment ridicule cet article dont l’auteur ne s’est même pas informée sur la réalité de l’amiante… C’est une roche, rien de plus inoffensif que cela… C’est sa poussière qui a causé l’amiantose et non la roche en tant que telle… Voyons, les centrales nucléaires, les puits de pétroles EUX sont mortels pour sa population… Arrêtez de semer de la peur inutilement face à de la roche… Attaquez les usines de charbon, le nucléaire, les grosses compagnies émettant leur gaz à effet de serre dans l’air que nous RESPIRONS!!! ÇA, C’EST DANGEREUX!!!

Les mines ne sont pas une bonne chose quand c’est proche ou dans la ville. Les enfants et les personnes malades sont plus affectés. Bien que les mines et le travail soit indispensable, il faut encore qu’elle soient rentables : -le gouv les fait virer a même nos impôts donc nous appauvrit, -le cout dans le système de santé n’est jamais montré, devinez pourquoi.