Le jury a parlé !

L’actualité a demandé aux lauréats des sept Prix littéraires du Gouverneur général 2021 de raconter la genèse de leur œuvre et d’en dévoiler un extrait.

Photomontage: L'actualité

ROMANS ET NOUVELLES

Fanny Britt
Faire les sucres
Le Cheval d’août

Comment s’est déroulée la création de ce roman ? 

Terminé pendant le premier confinement, Faire les sucres a été un travail d’introspection et d’observation du monde encore plus impitoyable que ce que j’avais prévu ! Depuis deux ans, je travaillais sur une histoire mettant en scène des personnages assez antipathiques, centrés sur eux-mêmes et leurs désirs, et voilà que la planète faisait face à la nécessité urgente de se mettre au service du bien commun… Le contraste était intense ! Par moments, j’ai pensé que la fiction romanesque ne pouvait rien contre le désarroi que nous ressentions tous collectivement, et que je ferais mieux d’occuper mon temps à quelque chose de plus utile. Mais au fil de l’édition, à l’été 2020, et en reprenant moi-même contact avec les livres qui me faisaient vibrer et me redonnaient espoir, j’ai voulu croire que la fiction détenait encore le pouvoir d’élargir notre sentiment d’appartenance à l’humanité, notre empathie et nos élans de solidarité. 

Que souhaitez-vous que les lecteurs en retiennent ?

Je ne pense pas vouloir faire passer de message — à travers des personnages et une histoire inventée, je pose des questions, j’interroge mon époque et je décortique les liens qui façonnent, motivent et blessent les êtres humains. Dans Faire les sucres, j’explorais surtout comment l’échec du rêve bourgeois pouvait avoir des répercussions bien au-delà de la déception personnelle. En imposant sans relâche des idéaux de succès financier, de célébrité ou de vitalité amoureuse et familiale exacerbée, c’est tout le reste qui se trouve écrasé, les gens, les ressources, la vérité, jusque dans la définition de ce que constitue une vie ayant de la valeur. S’il y a une chose qui m’habitait et qui m’habite encore, c’est l’importance de ne pas fermer les yeux sur ces mécanismes.

EXTRAIT
Sylvain avait dit : « Une entaille, c’est une blessure. C’est pour ça que la manière dont tu t’y prends est aussi importante. Par contre, le désentaillage est encore plus critique, parce que tu peux arracher des parties de l’écorce si t’utilises trop ta force, pis après, ça met des années à cicatriser, pis l’arbre meurt de l’intérieur sans que tu l’aies vu venir, pis première affaire que tu sais, c’est qu’il donne pus d’eau. Tu y dois ça, à ton arbre, de le blesser correctement. Ça fait drôle dit de même, mais c’est ça pareil. T’as pas le choix de le blesser si tu veux faire les sucres. Si tu fais ça comme il faut, il va guérir tranquillement, pis toi tu vas choisir l’endroit le plus sécuritaire à la prochaine entaille, pour laisser l’ancienne guérir, tu comprends ? C’est un cycle. Tu crées un nouveau trou juste assez loin de l’ancien, pis tout ce beau monde-là va cohabiter pis continuer à produire. Ta mèche aussi va faire une différence. Tu veux un beau trou égal, franc, tu veux pas aller gruger à gauche à droite pis causer plein de petites meurtrissures cachées, tu comprends ? Tu mesures ton angle, deux, trois fois s’il faut, t’ajustes ta mèche, tu prends ton temps. Chaque fois tu y fais mal, à ton arbre, oublie jamais ça. C’est comme l’abattage sur une ferme. C’est nécessaire, mais c’est violent. Le monde aime pas ça penser à la violence qui vient avec leur cuisse de poulet barbecue, pis je les comprends, j’aime pas la violence plus qu’un autre. Mais ton arbre, c’est tout ce qu’il te demande : que tu fasses attention, parce que tu sais que ça fait mal. »

POÉSIE

Tania Langlais
Pendant que Perceval tombait
Les Herbes rouges

Comment s’est déroulée la création de ce recueil

J’ai écrit les premiers vers de ce recueil en 2008 et j’ai continué de temps à autre, sur une période de 12 ans. Je n’ai écrit que très peu, et me suis retirée de la vie littéraire. En 2020, j’ai repris mes carnets pour m’apercevoir que j’avais noté de nombreux poèmes durant ces années de silence. J’ai repris le travail et le recueil a alors pris forme, rapidement, obsessivement. En trois mois, Perceval était né.

Que souhaitez-vous que les lecteurs en retiennent ?

Je souhaite que le lecteur soit habité par mon livre. Il n’y a pas de message, il n’y en a jamais eu. « Il n’y a pas de message » est même un vers du recueil. Ce livre est un arrêt sur image, une journée traversée par l’absence d’absolu. C’est ce manque d’absolu que j’essaie peut-être de dire. Je n’écris pas des livres pour donner du sens, j’écris pour apaiser cette voix de la douleur, obstinée, qui m’accompagne.

EXTRAIT
tu n’arrives plus à travailler
dans la maison du jardin
tu te soignes comme tu peux
à onze heures tu écris
une lettre d’adieu
incommunicable

c’est la dernière pluie
d’un pas furieux je cours
porter ton corps
à l’intérieur
que tu ne prennes pas froid
penchée comme si
de tristesse
tu brodais l’intérieur de ta main

THÉÂTRE

Mishka Lavigne
Copeaux
Les Éditions L’Interligne

Comment s’est déroulée la création de cette pièce ? 

Copeaux est un objet théâtral qui prend son inspiration dans le travail de l’artiste visuel Stefan Thompson et ses univers peuplés d’animaux, de figures inquiétantes, de forêts de songes. 

L’idée à la base de Copeaux était la volonté d’entrer en discussion avec d’autres formes d’art. Le choix pour le metteur en scène Éric Perron et moi de dialoguer avec les arts visuels s’est présenté comme un intérêt commun. Puisque nous n’avions aucune « connaissance formelle » des arts visuels, notre premier contact avec l’œuvre de Stefan Thompson s’est plutôt fait sur le plan des émotions, des réactions viscérales. 

Le texte est né autant de l’imaginaire visuel et des méthodes de création de Stefan Thompson que de l’improvisation et du travail physique avec les comédiens en laboratoire. La production à la scène de Copeaux était un processus extrêmement collaboratif. 

EXTRAIT

REPENTIR / PALIMPSESTE IV

ELLE

Il a neigé pendant huit jours et huit nuits. J’ai marché dans la gadoue sale, dans le dégelé et le regelé, vestige des roues des voitures. J’ai marché tellement longtemps que l’eau et le froid sont passés à travers l’épiderme de mes bottes. J’ai regardé le blanc propre des endroits peu fréquentés mais je m’y suis pas aventurée. La tête me tournait juste à regarder ces territoires pas défrichés, ces territoires qui devraient pas être dans une ville qui grouille de monde, ces endroits pas aimés où personne a posé les pieds. 

J’ai marché comme une somnambule dans les souvenirs de toi, de nous, d’avant. J’ai essayé de saisir les moments de toi, de nous, d’avant ; mais même avec mes mitaines, mes doigts avaient trop froid et ma main restait ouverte, les doigts figés, incapables de se refermer sur les choses.

Je me suis tenue sur le pas de ta porte, j’ai tendu mes bras de somnambule vers la poignée comme si c’était normal, comme si j’avais encore la clé, comme si c’était encore chez moi. Devant ta porte, le vent avait poussé une vague de neige immaculée de huit jours et j’ai compris que les pas que j’avais remontés jusqu’ici pouvaient pas être les tiens. 

Je suis repartie en marchant dans mes pas à moi. Des orteils aux talons. Le vent avait viré et la neige s’était arrêtée. Les gens étaient sortis déneiger, éliminer toutes les traces de la tempête. J’ai douté de l’existence de toi, de nous, d’avant. 

Gratter la neige jusqu’à l’asphalte.

ESSAIS

Serge Bouchard et Mark Fortier
Du diesel dans les veines
Lux Éditeur

Comment s’est déroulée la création de cet essai ? 

M. F. : À l’origine de l’essai Du diesel dans les veines, il y a la thèse de doctorat de Serge Bouchard, dirigée par Bernard Arcand et déposée au Département d’anthropologie de l’Université McGill en 1980. Serge Bouchard avait toujours eu l’intention de transformer la matière de cette recherche en un essai accessible à un large public. Ce projet de réécriture, de son propre aveu, l’effrayait et il le reportait sans cesse. Nous avons longtemps discuté, lui et moi, de ce que pourrait être ce livre, à tel point que j’en avais une idée très claire. Au début de la pandémie, je me suis mis à l’écrire, spontanément et sans avertir Serge. « La lecture des chapitres que tu m’as envoyés m’a plu au point de m’ébranler », m’a répondu Serge après que je lui ai envoyé ces textes, qu’il n’attendait pas. Un an plus tard paraissait Du diesel dans les veines : La saga des camionneurs du Nord.

EXTRAIT

Aux routiers

Nous roulions depuis au moins six heures sans nous être une seule fois arrêtés. Le moteur du camion ronronnait à un rythme régulier sur la route de la Baie-James. Nous étions en hiver et la neige légère n’arrêtait pas de tournoyer autour de notre remorque. Ensemble, hommes et camion, nous formions un gros bloc de neige poudreuse traversé de glaçons. […] Dans les circonstances de cette noirceur et de cette route glacée, nous n’allions pas bien vite. Magella, le chauffeur, ne parlait plus depuis des heures. Lui et moi, engourdis, nous nous enfoncions dans nos rêves, […] chacun était parti très loin en direction de son for intérieur. 

Finalement, Magella brisa le silence : « Si on veut manger un morceau, prendre un café, y faut s’arrêter à la cantine, à cinq kilomètres d’ici. C’est la seule place. » Et il ajouta : « Le camion est ben parti, y voudra pus s’arrêter. On est deux fois plus lourds depuis qu’on ramasse la route à mesure qu’on roule dessus. Y faut y faire comprendre, au camion, qu’on a besoin de pisser. » Cela dit, il se mit à ralentir graduellement. Le frein moteur faisait un grondement qui dut être entendu à vingt kilomètres à la ronde. […] Enfin, la masse s’immobilisa dans un bruit d’air comprimé soudainement relâché et nous sommes descendus de la cabine. 

[…] Une fois entré dans la cantine faiblement éclairée, Magella se dirigea sans rien dire dans un recoin où il choisit une table isolée. Les chauffeurs des autres camions étaient regroupés autour d’une seule table. Après un moment, l’un d’eux nous interpella : « Hé ! C’est tout un voyage que vous charriez là, ça fait dix minutes qu’on vous entend approcher. » Mon compagnon ne répondit pas. Les autres de continuer : « Restez pas dans votre coin, venez vous asseoir avec nous autres ! » Mon compagnon ne répondit toujours pas. Il me fit un clin d’œil. Pendant de longues secondes, ce fut le silence le plus total. Puis Magella de lancer : « Je m’assois juste avec des vrais chauffeurs de truck, moi, je me tiens pas avec des chauffeurs de pick-up ! »

LITTÉRATURE JEUNESSE — TEXTE

Jean-François Sénéchal
Les avenues
Leméac Éditeur

Comment s’est déroulée la création de Les avenues ? 

Avec Les avenues, j’ai donné une troisième et dernière fois la parole à Chris, le héros de ma trilogie. Les autres personnages rencontrés dans les deux premiers tomes font eux aussi un dernier tour de piste, ce qui m’a permis de leur dire adieu, je dois dire avec émotion. Mais mes personnages sont maintenant en bonnes mains, celles des lectrices et des lecteurs, alors je pense pouvoir quitter avec sérénité cette aventure qui m’a demandé cinq ans de travail.

Avec Les avenues, j’ai voulu explorer d’autres moments dans la vie de Chris, avec ce qu’ils comportent d’enjeux nouveaux, particulièrement ceux en lien avec la parentalité. J’ai aussi voulu que la relation entre Chris et sa mère évolue en profondeur afin que les deux personnages puissent enfin trouver la place qui leur revient dans la vie de l’autre. Au final, je souhaitais tout simplement que ce troisième et dernier tome soit mon meilleur roman.

Que souhaitez-vous que les lecteurs retiennent de votre livre ?

Je crois que le monde actuel manque cruellement de bienveillance et d’empathie. Il ne faut pas être trop crédule, bien sûr, mais j’aime penser que par-delà les erreurs et les mauvais pas, nous avons tous droit à une nouvelle chance. Au pardon. J’espère que mon roman permet de mieux le faire valoir.

EXTRAIT

Quand Joseph est né, je t’ai envoyé une carte. Papa avait trouvé ton adresse à Vancouver, pis il pensait que c’était une bonne idée de t’annoncer la bonne nouvelle. Moi aussi, je trouvais que c’était une bonne idée, ça fait que je suis allé à la pharmacie. C’est pas facile à choisir, une carte, surtout quand on veut être sûr d’acheter la meilleure. J’en ai vu avec des lumières qui allument pis d’autres qui font des bruits d’animaux. Y en a même qui font des jokes cochonnes, j’en reviens pas que les magasins vendent ça.

J’ai lu beaucoup de cartes, j’ai ri en masse, pis j’ai pas vu le temps passer. Mais il fallait que je me décide, ça fait que finalement, j’ai acheté une carte où c’était écrit « C’est un garçon ! », avec un dessin de bébé dans une couche. J’ai trouvé que le bébé ressemblait à Joseph, ça tombait bien. Dedans, y avait beaucoup de place pour écrire, c’était parfait.

Je suis revenu chez nous en me demandant qu’est-ce que j’allais t’écrire. J’étais habitué de te parler dans ma tête, mais c’était différent d’écrire des affaires que t’allais lire, c’est sûr et certain. Chloé m’a aidé avec la carte, papa aussi, parce qu’il était revenu de travailler des États. Chloé m’a dit d’écrire qu’est-ce que je voulais te dire, j’ai trouvé que c’était un bon début. Papa m’a dit qu’il était pas tellement bon pour écrire des lettres, pis que le plus important, c’est d’écrire avec son cœur. J’étais content de savoir ça, parce que madame Toussaint m’a déjà dit que je parle avec mon cœur, pis écrire, c’est un peu comme parler, mais avec un crayon. De toute façon, j’aurais l’impression de tout le temps mentir si je parlais pas avec mon cœur, pis je finirais par me tromper dans mes menteries. Être honnête, c’est pas mal moins compliqué.

LITTÉRATURE JEUNESSE — LIVRES ILLUSTRÉS

Mario Brassard (texte) et Gérard DuBois (illustrations)
À qui appartiennent les nuages?
Les Éditions de la Pastèque

Comment s’est déroulée la création de ce livre ? 

M. B. : Par le passé, j’avais souvent essayé d’écrire un album, mais une phrase en appelant une autre, ça finissait toujours par prendre des proportions et devenir un animal à poils longs. Cette fois-ci, j’ai réussi à mieux concentrer ce qui devait l’être, je crois. Mais la partie la plus fascinante de la création de ce livre a commencé bien après, lorsque Gérard a pris le relais. Pendant environ deux ans, j’ai eu le privilège de voir évoluer son travail, chaque fois soufflé par le résultat. Les mots sont alors devenus autre chose que des mots à travers son regard si évocateur. Gérard n’a pas illustré le texte ; il l’a habité. 

G. D. : Le texte de Mario Brassard m’a immédiatement conquis ; l’histoire collait en plein à mes goûts par son ton et sa poésie, par son thème, par ses espaces de liberté de lecture, cette possibilité de choisir une version plutôt qu’une autre, dans laquelle tout n’est pas dit, pas tranché.

Il m’est apparu évident que la thématique du texte, sa poésie et le drame qui s’y jouait demandaient une forme narrative plus développée.

Une forme qui rendrait compte des souvenirs de Mila, cette jeune femme devenue adulte se remémorant sa jeunesse, sa déportation, son exil, la guerre, sa famille, ou encore du souvenir de ce flot continu de nuages sombres, ou plutôt de panaches de fumée des villages en feu, omniprésents, charbonnant tout l’espace ; un environnement où le gris domine, où les nuages blancs ne sont plus que des rêves salvateurs dans la vie de Mila, ses seuls instants d’évasion et de bonheur.

Que souhaitez-vous que les lecteurs en retiennent ?

M. B. : Je cherchais à créer une certaine atmosphère rappelant l’insomnie, à marcher en compagnie du personnage de Mila sur la mince ligne qui sépare le sommeil de la réalité. Mais par-dessus tout, je voulais explorer le flou qui entoure parfois certains souvenirs d’enfance plus difficiles. Écrire sur le poids de la mémoire, sur la place que peut occuper le passé dans le présent, même lorsque celui-ci est paisible, heureux. J’ai toujours aimé les histoires de résilience, et je suppose que c’en est une.

EXTRAIT

TRADUCTION

Marie Frankland
Poèmes 1938-1984
Éditions du Noroît

Comment s’est déroulée la traduction de Poèmes 1938-1984 ? 

Elle fait grâce à une rencontre littéraire marquante pour moi. J’ai traduit The Assumption of the Rogues and Rascals (L’arrogance des vauriens, Les Allusifs) – qui en quelque sorte complète le mouvement amorcé dans À la hauteur de Grand Central Station je me suis assise et j’ai pleuré – en 2013, puis la biographie d’Elizabeth Smart en 2016 (Le cœur jamais éteint, Leméac). Je me suis entièrement reconnue dans cet être. Le projet de traduire l’ensemble de ses poèmes versifiés s’est imposé. Les Éditions du Noroît m’ont permis de le faire. Le travail s’est échelonné sur quelques années, les versions se sont succédé. Elles furent innombrables et pourraient être tout autres.

Qu’en avez-vous retenu ?

Que l’obéissance et la révolte ne sont pas des choses contradictoires.

Qu’il y a de l’héroïsme là où on ne le devine pas.

EXTRAIT

Cette souffrance est-elle justifiée ?

Cette souffrance est-elle justifiée ?
Figée comme un monstrueux mort-né
Dans une panique de Noël :
Une in-enveloppable
Et in-submersible
Mélancolie.
Si la mémoire travaillait
Plus de trois jours par semaine
L’euphorie franchirait ma porte
Vêtue d’habits étincelants
Mais je ne me rappelle plus mes amours
Ni le confort chaleureux
Des encouragements d’autrefois.
Courage est bien le mot
Mais je dois rassembler toutes mes forces
Pour pouvoir porter la foi
Tel un famélique jumeau
Jusqu’au désespoir repu.

Encore quelques heures
Et les gens et la joie
Chasseront cet état.
Les simples faits. Je sais. Je le sais ? Vraiment ? Mais non.
Je ne commettrai pas le péché
De souffrance injustifiée,
Quatre jours à se vautrer
Dans une liaison obscène
Avec une brute qui abuse
De moi quand personne ne regarde.

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