Le retour de l’ange Gabriel

PETER GABRIEL / SCRATCH MY BACK Real World / Universal

Le retour de l'ange Gabriel
Photo : Lionel Moreau/Abaca Press/PC

D’accord, ce n’est pas un disque très joyeux. Il y a même une profonde tristesse qui traverse les 12 chansons de ce nouvel album, aux accents testamentaires. Peter Gabriel, la soixantaine assumée, s’impose d’emblée sur les premières notes de « Heroes », chanson évocatrice de David Bowie et Brian Eno, totalement transfigurée. Scratch My Back, le titre humoristique de cet « essai », n’est donc qu’un clin d’œil aux auteurs et compositeurs dont l’ex-Genesis a choisi ici de rhabiller les œuvres avec un orchestre symphonique (le Scratch Orchestra de Londres) et un chœur émouvant. Parfois dépouillé (piano, cordes et silences appuyés), l’ouvrage est pourtant grandiose : Gabriel jette un pont entre deux époques. D’un côté, les Paul Simon et Lou Reed, de l’autre, Radiohead et même Arcade Fire, de Montréal, sont revisités… avec un accent grave. Le plus novateur des chanteurs britanniques, créateur effréné, n’a jamais caché que c’est l’écriture qui l’a conduit à la musique. Mais il choisit cette fois de ralentir sa course pour remettre en lumière les mots des autres, dans un clair-obscur magnifique. Ah ! cette voix charismatique et familière qui clame des profondeurs, dans « The Boy in the Bubble » : « This is a long-distance call »… Appel reçu, mon cher !

 

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