Le rock qui ne vieillit pas

Comme le cinéma, le monde de la musique est durement contaminé par ses «fantômes».

Steve Morse, du groupe Deep Purple, au Festival d'été de Québec, en 2015. (Photo: FEQ/Philippe Ruel)
Steve Morse, du groupe Deep Purple, au Festival d’été de Québec, en 2015. (Photo: FEQ/Philippe Ruel)

Il y a quelque chose qui cloche dans notre « horloge interne culturelle », si vous me permettez l’expression. Elle a une grande tendance à prendre du retard. En fait, disons-le franchement : elle se plaît à reculer dans le temps. Le cinéma connaît sa phase nostalgique depuis plusieurs mois, en multipliant les remakes ou en faisant revivre de vieilles franchises (et le Québec ne fait pas exception, avec La guerre des tuques 3D). Le monde de la musique est aussi durement contaminé par ses « fantômes ».

Avec l’été qui vient, on verra les programmations des festivals musicaux nord-américains et européens présenter en grosses lettres des noms de groupes qui ont connu leurs heures de gloire il y a des lustres.

Un exemple : le groupe américain Guns N’ Roses, formé en 1985, qui sera une des têtes d’affiche de la grand-messe musicale Coachella, qui se déroule en Californie à la mi-avril. Du côté de Bonnaroo, au Tennessee, c’est Pearl Jam qu’on met en avant. Le festival montréalais Osheaga et le Festival d’été de Québec (FEQ) auront comme vedette le groupe Red Hot Chili Peppers, qui a connu ses succès entre 1990 et 2000. Le FEQ aime particulièrement faire monter sur scène de vieux groupes rocks — en 2015, on a pu y entendre Boston, Deep Purple et les Rolling Stones.

Même du côté des ventes de disques, la tendance est marquée. La société Nielsen, qui scrute et analyse les ventes musicales aux États-Unis, a annoncé en janvier que pour la première fois de l’histoire chez nos voisins du Sud les ventes d’albums vieux de plus de 18 mois avaient surpassé celles des sorties récentes — et ce, malgré les records de ventes du nouvel opus de la chanteuse Adele. Les exemplaires physiques et numériques étaient pris en compte, mais pas l’écoute en streaming. Tout de même, il y a à peine 10 ans, il se vendait 150 millions de plus de disques récents que de musique dite de « catalogue ». Visiblement, pas besoin de rouler à 88 miles à l’heure comme Marty McFly pour se retrouver dans le passé !

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« La société Nielsen, qui scrute et analyse les ventes musicales aux États-Unis, a annoncé en janvier que pour la première fois de l’histoire chez nos voisins du Sud les ventes d’albums vieux de plus de 18 mois avaient surpassé celles des sorties récentes »

Ce qui est dommage, c’est que c’est l’Industrie qui dicte ce que le consommateur doit écouter. Ils (l’industrie) n’ont que des vues mercantiles. Les Artistes ont de moins en moins droits de regard sur leurs matériels. Il y a une forte émergence du marché indépendant depuis quelques années et c’est tant mieux !