Le Vian se lève

Ingénieur, trompettiste, polémiste, chansonnier, poète et plus encore, Boris Vian a inventé la polyvalence. Il a écrit L’écume des jours, le roman d’amour de plusieurs générations. Carl Béchard, qui fréquente depuis longtemps l’écrivain, signe un spectacle plein d’entrain et de néologismes.

Ingénieur, trompettiste, polémiste, chansonnier, poète et plus encore, Boris Via
Photo : Jean-François Gratton

POÉSIE / LE VIAN SE LÈVE

Boris Vian, c’est L’écume des jours, le roman d’amour qui a fait rêver bien des adolescents. Écrit en 1946, après la guerre, quand toute la jeunesse avait envie de  chanter, danser, aimer…

Souvenez-vous: riche et passionné de jazz, Colin tombe amoureux de Chloé. Ils se marient, elle se met à tousser. Colin se ruine pour la soigner. L’ami de Colin, Chick, aime Alise, mais il aime encore plus Jean-Sol Partre. Bref, tout le monde est heureux, puis tout le monde est malheureux, puis tout le monde meurt. Mais l’auteur aura traité de plusieurs thèmes: l’amour, l’amitié, la médecine, la guerre, le travail, la musique, la cuisine, ainsi que la fin de la jeunesse et des illusions.

C’est la langue surtout, la vedette du livre, une langue qui multiplie les néologismes et se moque de la vraisemblance pour faire place à la pure fantaisie. Ici, on danse le «biglemoi», on paie en «doublezons», on joue des boissons fortes sur le «pianococktail». L’atmosphère est surréaliste: les murs de la maison rétrécissent, un nénuphar pousse dans les poumons.

Carl Béchard, qui fréquente Vian depuis belle lurette et qui ne le monte pas pour la première fois, assure le collage et la mise en scène de ce spectacle fortement relevé par une distribution forte en gueule: Sylvie Drapeau, Pascale Montpetit, Pierre Lebeau, Emmanuel Bilodeau et d’autres. Chansons, poèmes et autres inventions langagières comme un collier de perles.

Et Vian! dans la gueule, Théâtre du Nouveau Monde, à Montréal, du 27 avr. au 22 mai, 514 866-8668.

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