Le Yin et le Yann

Les grandes capitales du monde célèbrent son dernier roman, primé par le prestigieux prix Booker. Yann Martel, lui, vogue vers Saskatoon cet automne. Portrait d’un nomade en quête d’équilibre.

Il nous a fallu une bonne dizaine de courriels, de février à juillet, avant de parvenir enfin à nous attabler l’un devant l’autre. Son premier message provenait de Hongkong, le deuxième de Londres, le troisième de Prague, le quatrième de Berlin, et ainsi de suite. L’écrivain Yann Martel n’a pas d’agenda, il a un atlas. Veut-il être « partout à la fois », comme le Dieu des catéchismes d’antan?

Notre première rencontre a finalement eu lieu à Montréal, au restaurant de son choix, le Commensal de la rue Saint-Denis. Végétarien, Yann Martel se sent chez lui dans ce royaume du pois chiche, de la luzerne et du tofu. Malgré une bonne affluence en ce doux après-midi d’été, personne n’a semblé le reconnaître, lui qui est pourtant un des auteurs les plus populaires de la planète depuis que Life of Pi lui a valu, en octobre 2002, le prix Booker, récompense littéraire à peine moins prestigieuse que le Nobel. Il faut dire que l’homme n’arbore ni la tenue ni la superbe des « stars » planétaires. Sandales de cuir, t-shirt anonyme, sac à dos usé, barbe de deux jours, il se fondrait naturellement parmi une horde de manifestants antimondialisation ou d’étudiants en philosophie de l’Université Concordia.

On ne voit pas encore la moindre trace de gris dans ses cheveux bruns bouclés. Il attribue en partie ses allures juvéniles à la pratique quotidienne du yoga et à ses habitudes de vie: il ne boit pas, ne fume pas et ne mange pas de viande. Tant pis pour le mythe de l’écrivain qui courtise les Muses entre deux lampées de scotch. Lui se réclame davantage de saint François d’Assise que de Bukowski!

Ce jour-là, il rentrait d’Ottawa. La veille, il avait dîné à Rideau Hall en compagnie de la gouverneure générale, Adrienne Clarkson, et de son mari, l’écrivain John Ralston Saul, que ses parents et lui fréquentent depuis plus de 20 ans. N’allez pas croire pour autant qu’il ne fraie qu’avec les grands de ce monde. Quand il est à Montréal, Yann Martel assiste religieusement à la messe du dimanche et fait du bénévolat auprès des malades du Service des soins palliatifs de l’hôpital Royal Victoria.

« Quelle sorte de voiture conduisez-vous et laquelle me suggérez-vous? » m’a-t-il demandé, avec son accent légèrement parisien, avant même que l’entrevue s’engage. Il m’a expliqué qu’il cherchait une auto pour la première fois de sa vie, lui qui vient de célébrer ses 40 ans. Il s’en excuse presque, précisant qu’il doit traverser le pays sous peu: il s’installe pour un an à Saskatoon, à titre d’écrivain résident à la bibliothèque municipale. Il aurait l’argent voulu pour se faire construire une maison de rêve et s’y enfermer, peinard, devant son clavier. Il s’y refuse. Il ne s’enracinera, confie-t-il, que le jour où il aura des enfants. Sur cette question, d’ailleurs, il se fait tranchant, lui qui refuse généralement de parler de sa vie privée: « Si je n’ai pas d’enfants, ma vie sera ratée. »

« Il a besoin de peu pour vivre et sa reconnaissance internationale n’y a rien changé, dit son père, le poète et ex-diplomate Émile Martel. J’ai eu toutes les misères du monde à le convaincre d’acheter une voiture neuve. » Sa mère, Nicole Perron-Martel, confirme. Et raconte une anecdote: à 16 ans, lorsqu’il était au pensionnat, Yann avait vu toutes ses affaires détruites par un compagnon de chambre psychopathe. « J’avais le choix entre réagir en Nord-Américain et défendre mes biens, ou alors m’en détacher, dit-il. J’ai choisi le détachement. » Cet incident lui a inspiré sa nouvelle la plus « autobiographique », « Le moulin à miroirs ».

Mais que Yann Martel le veuille ou non, sa vie a basculé le jour où il a remporté le Booker. Réservé aux écrivains du Commonwealth et de l’Irlande, ce prix est accompagné d’une bourse de 50 000 livres (125 000 dollars) et permet à l’auteur primé d’accéder à un marché que même les « star-académiciens » lui envieraient: plus de 1,5 million d’exemplaires de Life of Pi ont été vendus à ce jour, dont 500 000 au Royaume-Uni, 400 000 aux États-Unis et 300 000 au Canada. De plus, le géant hollywoodien Fox Pictures a acheté les droits cinématographiques du roman. Celui-ci sera adapté par Dean Georgaris, scénariste qui inspire confiance à l’auteur: « Il est jeune, intelligent et semble avoir une bonne compréhension du livre. »

La version française paraîtra à la fin de l’été, aux éditions XYZ, sous le titre L’histoire de Pi – une manne inespérée pour la petite maison. « Yann m’a été fidèle, dit l’éditeur, André Vanasse. D’autres avaient refusé, en 1998, de publier la traduction de Self, et nous avions accepté. C’est pourquoi il nous a confié Life of Pi. » Le roman a été traduit par les parents de l’auteur, tous deux traducteurs de métier. « Un travail colossal », disent-ils, d’autant plus que l’entreprise avait quelque chose d’émouvant. Pendant la dernière fin de semaine de juin, le fils s’est enfermé avec son père et sa mère dans leur appartement du Plateau-Mont-Royal; ils ont revu le manuscrit phrase par phrase, en lisant à voix haute certains passages.

Life of Pi traite principalement de zoos et de religion. Yann Martel y relate l’histoire d’un jeune hindou-chrétien-musulman qui entreprend une traversée de l’Inde vers le Canada avec sa ménagerie et sa famille, propriétaire d’un zoo à Pondichéry. Leur navire fera naufrage. Pi, seul humain survivant, passera 227 jours dans une embarcation de sauvetage, avec pour uniques compagnons un zèbre, un orang-outan et un tigre du Bengale.

Avant Life of Pi, Yann Martel avait publié un recueil de nouvelles, The Facts Behind the Helsinki Roccamatios and Other Stories (1994) – traduit sous le titre de Paul en Finlande (Boréal Compact) -, et un roman, Self (1998). C’était peu, mais assez pour qu’il vive modestement de sa plume. Assez, surtout, pour qu’on le remarque, et pas seulement parce qu’il était le neveu du critique littéraire Réginald Martel. « Je vais vous confier un secret: le plus grand écrivain vivant de la génération née dans les années 1960 s’appelle Yann Martel », avait clamé Michel Butel dans le journal communiste français L’Humanité après avoir lu Self. Même enthousiasme chez l’écrivain Alberto Manguel: « Quiconque serait porté à croire que l’art de la fiction est moribond lira Yann Martel avec étonnement, délices et gratitude. » John Ralston Saul, qui a lu les textes de jeunesse de l’auteur et l’a encouragé à poursuivre dans la voie de l’écriture, renchérit: « Il a un point de vue, un regard sur le monde, bien à lui. C’est un véritable écrivain, dans la lignée du Britannique Joseph Conrad. Il a cette rare capacité de mélanger les cultures et les religions, de se mettre dans la peau de l’autre, d’imaginer la vie de l’autre. »

Le roman Life of Pi germait en Yann Martel depuis 1990. Sa genèse a d’ailleurs fait l’objet d’une controverse. « J’ai lu la critique d’un roman brésilien dans un journal américain, il y a 13 ans. On y racontait qu’un personnage se retrouvait dans une chaloupe avec un animal sauvage. Je me suis dit: Voilà un beau prétexte pour un roman! C’est Aristote: unité de temps, de lieu et d’action. J’ai cherché le livre un jour ou deux, mais je ne l’ai pas trouvé. » Il s’agissait de Max et les félins, du Brésilien Moacyr Scliar, paru en 1981.

Sept ans plus tard, Yann Martel séjourne en Inde. Il travaille à un roman qui se situe au Portugal en 1939. Rien à faire, ça ne décolle pas. « Je traversais une crise existentielle. J’avais 33 ans, les deux livres que j’avais publiés n’avaient connu que des ventes confidentielles malgré quelques bonnes critiques. Soudainement, ce souvenir m’est revenu. Tout le roman s’est présenté à moi en 30 minutes: quelqu’un dans une chaloupe avec des animaux sauvages, une deuxième histoire en parallèle, 100 chapitres, trois parties, un narrateur qui pratique trois religions. »

La suite servira de leçon aux écrivains du dimanche qui croient pouvoir accoucher du roman du siècle en quelques week-ends et deux semaines de vacances. Pour Life of Pi, Yann Martel a consacré près de deux ans à faire des recherches. « Il a lu des traités de zoologie, interviewé des directeurs de zoo en Inde, raconte son père. C’est un chercheur minutieux et infatigable. »

Parallèlement, il a lu la Bible, le Coran et la Bhagavad-Gita, recueil des paroles de Krishna. Il a fréquenté des églises, des mosquées et des temples hindous. « En lisant ces textes, j’ai vu à quel point ils sont beaux, profonds, émouvants. Qu’on y croie ou pas, il faut admettre qu’ils sont une extraordinaire tentative de comprendre la réalité. »

En fait, Yann Martel est entré en littérature comme on entre en religion: en se donnant à fond. Après les recherches, il y a eu deux années d’écriture. En anglais. Car Yann Martel écrit dans cette langue. L’histoire est ressassée dans tous les journaux occidentaux depuis son prix Booker. Né à Salamanque (Espagne), en 1963, l’auteur a grandi entre autres à San José (Costa Rica), Paris, Anchorage, Montréal, Ottawa et Mexico. Il a entrepris ses études au Costa Rica – en anglais, puisqu’il n’y avait pas d’école française. Il les a poursuivies dans la langue de Shakespeare. « À la maison, nous avons toujours vécu en français », rappelle Émile Martel (voir « Du côté de chez Yann », 1er déc. 1996).

Avec un pareil passé, pas étonnant que certains, comme André Vanasse, considèrent que Yann Martel « incarne l’ouverture sur le monde qui caractérise la littérature québécoise moderne ». Martel a aussi des préoccupations propres à une nouvelle génération d’écrivains et d’artistes. « J’ai un fils un peu plus jeune que Yann, dit l’éditeur. Il se pose les mêmes questions spirituelles que lui et partage sa conscience environnementale. »

Yann Martel savait qu’il risquait gros en plongeant dans Life of Pi. « Ce n’est pas politiquement correct d’aimer les zoos et la religion. On dit que les zoos sont une prison pour animaux et la religion une prison pour humains. Je voulais écrire un roman sur deux sujets non seulement pas très populaires, mais que les gens méprisent. »

L’auteur a hâte de voir la réception que l’on fera à son livre au Québec. Mais, qu’on le conspue ou qu’on le porte aux nues, il ne sera pas là pour l’entendre. Il sera à Saskatoon. « Je vois les gens sourire, ceux qui ne jurent que par Paris, Londres, New York. Mais sont-ils déjà allés à Saskatoon? C’est peut-être l’endroit idéal où vivre, qui sait? »

Au fait, y a-t-il un Commensal à Saskatoon?

CONTROVERSE

Une courte controverse a éclaté au lendemain de l’attribution du prix Booker. Car, dans Max et les félins (paru aux Éditions des Intouchables), Moacyr Scliar met en scène un garçon juif fuyant l’Allemagne nazie, seul sur un radeau avec un jaguar. Yann Martel s’est défendu de l’avoir plagié et a rappelé qu’il n’avait pas lu le roman, mais seulement une recension. Ni l’éditeur ni l’auteur de Max et les félins n’ont jugé bon d’intenter une poursuite contre lui. Scliar a lu Life of Pi et a déclaré: « C’est de la littérature, et la littérature est au-dessus des petites questions. J’accepte les explications de Yann Martel. »

CROIRE POUR COMPRENDRE

L’approche de Pi est davantage morale qu’intellectuelle. Tout comme celle de son créateur.

Cette quête religieuse de Pi, le narrateur, c’est aussi la vôtre?

– Tout livre est également une autobiographie intellectuelle. Si mon personnage s’intéresse à la religion, c’est que je m’y suis mis, moi aussi. Je ne sais pas où elle va me mener, mais j’ai choisi ce chemin parce que c’est une démarche complète, pas seulement intellectuelle.

Pi dit: « Je mets au défi qui que ce soit de comprendre l’islam, son esprit, et de ne pas l’aimer. C’est une superbe religion de fraternité et de dévotion. » Est-ce votre avis?

– La religion musulmane est très belle. Toute bonne idée peut cependant être kidnappée. La démocratie, la maternité, l’amour: tout peut être détourné.

Votre roman donne lieu à diverses lectures métaphoriques. A-t-on raison de croire que vous avez choisi d’exploiter les thèmes du zoo et de la religion afin de réfléchir sur l’idée de la liberté? Y a-t-il un lien entre les zoos et la religion?

– Absolument, il y a un lien. Les gens ont l’impression que les animaux dans la nature sont libres. Or, l’idée de liberté est un concept purement humain qu’on applique à tort au monde animal. L’animal a des moments de liberté, mais ce n’est pas un être libre. Il est conditionné par des peurs et des besoins, par la hiérarchie, les limites territoriales, les limites de ses sens. Il ne vit pas dans sa jungle à se dire: « Ah! que c’est beau, je suis en communion avec la nature. » Parler de liberté au sujet des animaux, c’est se tromper.

On a l’impression que, comme le zoo pour l’animal, la religion est une prison pour l’homme…

– Au contraire, j’ai le sentiment que la vraie religion libère. Mais, c’est une liberté contrôlée, une liberté qui a un sens. L’idée que la liberté totale serait d’être millionnaire et sans travail est un leurre. On atteint notre vraie humanité en prenant des engagements, dans une relation, avec les enfants, au travail. On devient alors pleinement humain…

« La présence de Dieu est la plus exquise des récompenses », dit Pi. Cela correspond-il à votre vision?

– Pour moi, une vision de la vie qui se fonde sur la transcendance est plus riche qu’une vision purement matérielle. Les deux peuvent coexister, mais l’une est plus riche que l’autre. Être trop raisonnable ne mène à rien; être trop suspicieux à l’égard des choses qui dépassent la réalité factuelle, c’est diminuer sa vie. Des vies comme celles de Martin Luther King et Gandhi, qui étaient animés par la religion mais engagés dans l’action, m’inspirent.

Pi cherche à adopter une approche morale des choses, plutôt qu’intellectuelle. Le lecteur devrait-il l’imiter?

– Je voulais écrire un roman sur la religion, d’un point de vue sympathique à la religion. Je me suis dit: « Je vais faire semblant d’avoir la foi et raconter ce que cela fait. » Au départ, mon approche était un peu celle de l’anthropologue, comme Jane Goodall qui observe ses chimpanzés. Alors, j’allais à la messe pour savoir ce que font les catholiques dans leurs célébrations ou j’allais prier avec des musulmans. Je voyais cela de l’extérieur. Mais je me suis peu à peu laissé prendre au jeu et je me suis rendu compte qu’on ne peut jamais vraiment comprendre de l’extérieur. On ne peut comprendre que de l’intérieur, tout en gardant son sens critique.

Vous n’avez pas été élevé par des parents qui avaient la foi. Comment en êtes-vous arrivé à cette démarche?

– Justement, j’ai eu la chance de ne pas avoir été élevé dans la religion. Mes parents, enfants de la Révolution tranquille, ont cessé d’aller à la messe à 16 ans. Beaucoup de Québécois mêlent institution et religion. Ils en veulent à l’Église comme institution et balancent tout par la fenêtre. Moi, j’ai grandi dans un milieu neutre et j’en suis content parce que je n’ai aucun préjugé. Les gens les plus antireligieux sont souvent ceux qui ont été élevés dans le catholicisme. Surtout au Québec, mais de façon générale en Occident, les gens ont tendance à en apprendre juste assez sur la religion pour pouvoir la mépriser. Ils sont totalement illettrés en ce qui concerne la Bible.

Que répondez-vous à ceux pour qui la religion est une insulte à la raison?

– La raison est un frein à l’abandon de soi parce qu’elle est bourrée de préjugés. On pense qu’elle est pure. C’est faux. On se sert de sa raison pour justifier ce que l’on ressent. Si on a un préjugé contre la religion, on utilise la raison pour le justifier. On doit garder un sens critique, mais il faut qu’il soit au service d’une foi: une foi religieuse ou une foi en quelqu’un. Tout se résume par la phrase de saint Anselme, archevêque de Canterbury: « Je crois pour pouvoir comprendre. »

Avez-vous été surpris de l’accueil favorable et chaleureux qu’on a réservé à votre roman?

– L’approche de Pi n’est pas superficielle, ce n’est pas une approche « cafétéria » ou « nouvel âge ». Il y a une rigueur dans sa démarche. Je pensais que le roman allait être critiqué parce que j’y défends des choses pas très populaires. Mais je constate que mes réflexions répondent à un besoin. On vit dans un vide religieux. On a évacué, occulté la mort. Je le vois aux Soins palliatifs de l’hôpital Royal Victoria, où je fais du bénévolat. C’est normal d’être désemparé par la mort. Je vois des gens qui n’y avaient jamais pensé avant de devoir y faire face. C’est grave. Parce que si on n’est pas conscient de la mort, on ne l’est pas de la valeur de la vie. C’est pourquoi il y a tant de gens qui perdent leur temps à regarder des émissions stupides à la télé. S’ils se rendaient compte que dans trois jours ils allaient être morts, je présume qu’ils iraient plutôt voir un coucher de soleil, baiser une dernière fois, bien manger, quelque chose comme ça…

Partagez-vous les critiques à l’égard de l’Église catholique?

– Je comprends que l’on puisse porter un regard sévère sur l’Église catholique. Elle est sexiste, antisémite, homophobe, patriarcale… Mais il y a autre chose, et c’est cet « autre chose » qui la garde en vie.

Êtes-vous sensible à la « marche du monde », à l’actualité internationale?

– Je regarde rarement les journaux télévisés. Je suis horrifié par la manipulation de l’information. Elle n’est pas mesquine, cette manipulation, elle est dans la nature même de la technologie. Notre compréhension affective des choses est limitée, un peu comme celle des animaux, à un rayon de 100 m par nos sens. Mais à cause de la technologie, de la télé, on entend des choses qui se passent à 10 000 km de nous et cela nous stresse, nous rend impuissants. Un exemple? La guerre en Irak n’a affecté directement à peu près personne au Québec. Pour saisir la réalité des gens et de leur pays, il faut aller à leur rencontre. Il faut visiter le monde pour connaître le monde. J’ai récemment passé deux mois en Iran avec ma copine et, depuis, je suis outré de la vision caricaturale qu’en donnent les médias.

Quels sont vos projets littéraires?

– J’ai deux romans en tête, mais je n’ai pas trouvé le temps d’écrire depuis octobre. Ma vie est un tourbillon, sans compter que j’ai passé quelques mois à l’Université libre de Berlin pour y donner un cours sur la littérature et les animaux. Mon prochain roman mettra en scène un chimpanzé et un âne. Ce sera une fable. Le suivant aura comme protagonistes trois chimpanzés. Je me sers des animaux pour des raisons techniques: ils m’aident à raconter des histoires.