Lecture : 10 auteurs francophones à découvrir ce printemps

Que ce soit des romans à la trame sociale efficace ou des premiers polars bien ficelés, il y a de tout dans cette rentrée littéraire printanière. Bonne lecture !

Montage L'actualité

Mathilde ne dit rien
par Tristan Saule

Pour une travailleuse sociale comme Mathilde, le printemps est le moment noir de l’année, puisque ceux qui n’ont pas réussi à payer leur loyer peuvent maintenant être évincés. Dans sa petite cour des Miracles, ils sont nombreux à faire la file pour demander une aide d’urgence, mais peu y ont accès. Désemparée, Mathilde prendra les grands moyens pour porter secours à la famille d’Idriss, 10 ans, en contournant la loi, non sans se compromettre. Fait intéressant, il s’agit du premier d’une série de 10 romans noirs se déroulant dans le même quartier, qui seront publiés à raison d’un par année. À suivre ! (Le Quartanier, 288 p.)

La désidérata
par Marie Hélène Poitras

On piaffait d’impatience en attendant le retour de cette autrice lyrique dont les romans nous accrochent dès les premières lignes. À Noirax, un homme vieillissant qui s’occupe de son domaine et de ses ânes voit son quotidien tranquille chamboulé lorsque son fils Jeanty revient accompagné d’Aliénor, une jeune femme déroutante. Le texte, difficile à camper dans le temps, tient aussi bien de la fable que du roman gourmand et donne une voix à des femmes trop longtemps demeurées muettes. (Alto, 184 p.)

Le petit astronaute
par Jean-Paul Eid

Quand Juliette passe devant l’appartement où elle a grandi, elle s’aperçoit qu’il est en visite libre. Elle en profite pour plonger dans ses souvenirs d’enfance avec Tom, son petit frère atteint de paralysie cérébrale. Cette histoire très émouvante est racontée avec beaucoup de réalisme, autant du point de vue de Juliette que de celui de ses parents. Ode aux parcours lumineux des enfants différents, ce livre touche en plein cœur (et fait même verser quelques larmes). (La Pastèque, 156 p.)

Le silence des pélicans
par J.L. Blanchard

Voici un premier roman fort sympathique où l’on rencontre Bonneau, enquêteur au pas de la retraite, que ses supérieurs ont jumelé au jeune Lamouche dans l’espoir — semble-t-il — d’accélérer son départ. Or, la mort d’une jeune fille puis celle d’un marin mettent l’improbable duo à l’épreuve et lui permettent de faire remonter à la surface une affaire non résolue vieille de 20 ans. Une lecture parfaite pour le premier apéro de la saison ! (Fides, 352 p.)

La révolution d’Agnès
par Jean-Michel Fortier

Percé, 1969. Un cuirassé mouille tout près du rocher Percé. À son bord, des femmes, toutes vêtues d’habits orange et investies d’une mission plutôt secrète. Touristes et habitants craignent le pire : ces femmes sont-elles dangereuses ? Sur les berges, la jeune Agnès, journaliste devenue shampooineuse en Gaspésie, et sa logeuse, madame Sergerie, observent le tout avec l’envie de commencer dès maintenant la révolution féministe. Et pourquoi pas ? Dans cette histoire décalée, on découvre des personnages à la fois attachants et singuliers qu’on quitte difficilement à la fin du roman. L’auteur a même créé, sur Spotify, une liste musicale au nom du livre afin de donner une ambiance sonore à la lecture. On aime ! (La Mèche, 226 p.)

Tout est ori
par Paul Serge Forest

Ce roman lauréat du prix Robert-Cliche intrigue dès les premières lignes. L’héritage des Lelarge, qui contrôlent le marché des fruits de mer sur la Côte-Nord, divise toute la famille. Dans ce curieux clan, il y a Laurie, une jeune fille allergique aux fruits de mer qui apprend le japonais auprès d’un homme d’affaires envoyé sur la Côte-Nord par un puissant conglomérat. Dans cette fresque familiale, le fantastique frôle le philosophique grâce à une plume assumée. Si on accepte d’être dérouté, on risque d’être charmé ! (VLB éditeur, 456 p.)

Leonard Cohen : Sur un fil
par Philippe Girard

Quel bel hommage à la carrière de ce chanteur montréalais, décédé il y a déjà cinq ans ! Le bédéiste raconte l’enfance de Leonard, ses débuts comme artiste, les obstacles qu’il a dû surmonter, et surtout les femmes qu’il a aimées et qui ont inspiré de nombreuses chansons ! Tout indiquée pour ceux qui connaissent peu l’homme, cette biographie fait faire un tour de piste assez complet dans la carrière de Cohen, mais dévoile aussi quelques pans de son intimité. Une jolie découverte. (Casterman, 120 p.)

Curiosity
par Sophie Divry

Ce petit livre contient deux fort jolies surprises. Dans la première partie du texte, on découvre le journal intime de Curiosity, le robot de la NASA qui arpente Mars. Il nous raconte sa solitude, son rapport à Dieu et son travail exploratoire. C’est absolument sans prétention et fort agréable à vivre. La seconde partie propose une nouvelle, L’Agrandirox, dont on ne peut rien révéler sans tout dévoiler, mis à part le fait que l’action se déroule en pleine pandémie et que ce n’est pas gris. Si les longues lectures vous barbent, ce livre est pour vous ! (Les Éditions Noir sur blanc, 90 p.)

Irrécupérables
par André Marois

Confortablement installé dans son chalet à Mandeville, le sergent-détective Steve Mazenc voit son bonheur interrompu par un malcommode qui lance des canettes de boissons énergisantes sur son terrain. L’enquêteur n’est jamais loin, même pour une banale infraction ! Mais ce qu’il découvrira dans les bois opaques avoisinants n’est pas qu’un simple pollueur. Un polar solide où des amitiés inattendues et des magouilles louches s’accumulent vers une scène finale grandiose. Du bonbon ! (Héliotrope, 252 p.)

Patchée pleine de trous
par Julie Bosman

Julie termine son secondaire en dents de scie. Pour l’avenir, on repassera… Le long monologue de cette ado qui ne l’a pas eue facile est entrecoupé du témoignage de sa mère, qui n’a pas réussi à tisser un lien avec sa fille au fil des années. Sans que ce soit nécessaire, on peut aussi revisiter M’étendre sur l’asphalte, réédité cette année, qui révèle la nature des événements ayant chamboulé la vie de la jeune Julie alors qu’elle s’apprêtait à entrer au secondaire. Une plume tranchante qui atteint sa cible dès les premières pages. (Leméac, 224 p.)

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J’ai commencé la lecture de Tout est Ori de Paul-Serge Forest et ce qui m’intrigue c’est qu’il ait gagné le prix Robert-Cliche! D’abord, c’est plutôt vulgaire dans le sens où c’est gratuit dans une écriture assez ordinaire. Quant au fantastique qui frôle le philosophique, c’est loin du réalisme magique des Garcia Marquez, Carlos Fuentes ou Isabel Allende et la magie n’est pas au rendez-vous alors que la philosophie reste à un niveau très élémentaire. Peut-être que le joyau se trouve dans la deuxième moitié du livre car j’ai abandonné au milieu, trouvant la prose de M. Forest imbuvable et l’histoire peu accrochante. Par contre si vous aimez la scatologie, alors ce livre est pour vous car on y plonge allègrement…

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