Lecture : 10 traductions à lire ce printemps

Voici 10 livres du Canada et d’ailleurs qui ont fait leur chemin jusqu’à nous grâce au boulot acharné de traducteurs de talent.

Montage L'actualité

La rentrée littéraire printanière nous apporte de belles surprises, comme les nouveautés que nous avons lues pour vous, mais elle en recèle aussi de moins bonnes, comme des lancements de livres reportés. Les œuvres que nous avons retenues sont en vente maintenant ou devraient l’être d’ici quelques semaines. Toutefois, avant de vous déplacer, il vaut mieux vérifier si votre libraire a en stock celle qui vous intéresse.

en librairie

Meurtres avec vue
par Thomas King

Ce premier titre d’une série de cinq polars est solidement ancré dans la réalité des Premières Nations. Au cœur de l’histoire : Thumps DreadfulWater, ancien policier devenu photographe. On l’appelle tout de même en renfort lorsqu’un cadavre est trouvé dans un complexe immobilier-casino situé en territoire autochtone. Le roman aborde des enjeux sociaux sans cynisme, mais avec l’humour et le réalisme de la plume de cet auteur d’ascendance cherokee. Savoureux ! (Traduction de Lori Saint-Martin et Paul Gagné, Alire, 2021, 347 p.)

en librairie

Le K ne se prononce pas
par Souvankham Thammavongsa

Lauréat du prix Giller en 2020, ce recueil d’une jeune autrice torontoise a ravi les critiques dès sa sortie. En tout, 14 nouvelles dépeignent le destin, les rêves et le quotidien d’hommes, de femmes et d’enfants qui éprouvent tous une furieuse envie de vivre. La migration est un des thèmes importants, mais on y aborde aussi les réalités complexes d’un milieu ouvrier à la fois injuste et porteur. Gros coup de cœur pour la nouvelle éponyme du livre, qui raconte comment une enfant laotienne apprend que le « k » du mot anglais « knife » (couteau) est muet. (Traduction de Véronique Lessard, Mémoire d’encrier, 136 p.)

à paraître

Copies non conformes
par Alix Ohlin

Les demi-sœurs Lark et Robin sont très liées. Élevées à Montréal par une mère qui ne s’intéresse pas trop à elles, elles grandissent en partageant absolument tout. Ainsi, lorsque Lark part à New York pour devenir réalisatrice de films, Robin l’y rejoint et s’inscrit à l’école des arts de la scène Juilliard. Les deux femmes talentueuses trouveront-elles réponse à leurs aspirations dans la métropole ? Un roman bouleversant sur les liens invisibles qui nous rattachent à nos familles. (Traduction de Clément Baude, Gallimard, 392 p.)

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Tu aurais dû t’en aller
par Daniel Kehlmann

Méfiez-vous de ce petit livre à l’ambiance très lourde ! Un scénariste tente de plancher sur son prochain film dans un chalet loué dans les montagnes allemandes, mais sa vie familiale et ses conflits amoureux prennent un peu le dessus… sans compter les phénomènes étranges dont le chalet semble être le théâtre. Cette novella emprunte un peu au Shining de Stephen King, mais ce qui accroche le lecteur, c’est surtout la mince frontière entre la fiction du scénariste et celle du roman. Un tour de magie fabuleux ! (Traduction de Juliette Aubert, Actes Sud, 96 p.)

à paraître

Entre toutes les mères
par Ashley Audrain

Blythe descend d’une longue lignée de femmes pour qui la maternité n’était pas une simple affaire. À la naissance de sa fille, ses craintes se matérialisent : elle n’est pas une bonne mère. Or, tout le monde autour d’elle semble déterminé à lui faire croire le contraire. Un événement dramatique la plongera dans une douleur sans nom, ce qui la poussera à affronter ses démons intérieurs. Un premier roman (d’une autrice canadienne) qui n’est pas léger du tout, mais qu’on s’enfile tout de même d’une traite, la gorge serrée. (Traduction de Julia Kerninon, JC Lattès, 368 p.)

à paraître

Mémoire brûlée
par Scott Thornley

Pour inaugurer la nouvelle collection Boréal Noir, il n’y avait pas meilleur choix que ce polar canadien de haut niveau. Lors de son pèlerinage mensuel auprès de la sépulture de sa femme, l’inspecteur MacNeice reçoit un appel troublant : on a trouvé le corps d’une violoniste vêtue d’une robe de soirée dans un chalet tout près. Le meurtre n’est pas simple à résoudre et la cause du décès donnera bien des maux de tête à l’enquêteur. Un roman tendu d’un bout à l’autre, où la musique joue un rôle essentiel. (Traduction d’Éric Fontaine, Boréal Noir, 336 p.)

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Lapin
par Mona Awad

Attention, ovni littéraire en vue ! Dans cette satire du milieu universitaire, Samantha, une jeune fille plutôt solitaire, se greffe à un groupe qu’elle déteste de prime abord, les Lapins (Bunnies en anglais), quatre filles inséparables, à la fois superficielles et glauques, avec qui elle étudie en création littéraire. Dès que Samantha se joint à leurs soirées, la réalité pâlit devant la richesse de l’imagination foisonnante de ses comparses. La traduction révèle le ton caustique bien senti de cette autrice montréalaise. (Traduction de Marie Frankland, Québec Amérique, 442 p.)

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Les collectionneurs d’images
par Jóanes Nielsen

Djalli, Ingimar, Staffan, Fríðrikur et Olaf fréquentent l’école Saint-François, aux îles Féroé, entre l’Écosse et l’Islande. Le livre trace la trajectoire de leurs vies de la fin des années 1950 au début des années 1990, racontant au passage l’histoire de ces îles de l’Atlantique et certains combats sociaux majeurs, comme l’épidémie de sida. Cette fresque allie magnifiquement les détails historiques et le quotidien de cinq garçons qui deviennent des hommes. Une postface bien costaude conclut l’ouvrage avec une foule de détails sur l’histoire de cet archipel et sur les principaux thèmes du roman. (Traduction d’Inès Jorgensen, La Peuplade, 448 p.)

à paraître

Un océan de minutes
par Thea Lim

De prime abord, on n’aurait pas envie de lire ce livre, car il a pour trame de fond une Amérique en pandémie. Cela dit, le propos de ce finaliste du prix Giller 2018 est vivement intéressant. En 1981, Polly accepte de voyager dans le futur pour le compte d’une entreprise qui, en échange, s’engage à payer les soins de santé de son amoureux Frank, très malade. Elle est donc envoyée en 1998 pour travailler, dans des conditions misérables, à rebâtir l’Amérique terrassée par une épidémie de grippe. Elle tentera de retrouver Frank, à qui elle avait donné rendez-vous, mais ce ne sera pas si simple… Ce qui a retenu notre attention, c’est surtout la difficulté à s’intégrer dans un pays (ou une époque) dont on ne connaît plus grand-chose. Une lecture étonnante. (Traduction de Christophe Bernard, XYZ, 376 p.)

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Le vallon des lucioles
par Isla Morley

Ce roman historique inspiré d’un fait réel raconte la quête de Clay et d’Ulys, photographe et journaliste, qui découvrent, au cœur des Appalaches, une famille dont certains membres ont la peau bleue. C’est notamment le cas de la ravissante Jubilee, qui ne laissera pas Clay insensible. De 1937 à 1972, on suit les détours amoureux de ces deux derniers alors qu’ils prennent la parole, à tour de rôle, d’un chapitre à l’autre. Une histoire d’amour qui transcende les époques et qui aborde la différence par le truchement d’une anomalie médicale rare. (Traduction d’Emmanuelle Aronson, Seuil, 475 p.)

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