Lectures d’été : 10 livres pour s’évader

Envie de décrocher, de rire, d’être happé par une histoire ? Ces 10 livres proposent des univers parfaits pour se sortir du train-train quotidien.

Montage L'actualité

L’incroyable Andy Kaufman

de Box Brown

L’humoriste américainAndy Kaufman, qui a secoué les codes du genre pour créer des personnages détestables et des malaises subversifs brouillant toujours les cartes entre le réel et l’imaginaire, avait fait l’objet d’un film, L’homme sur la lune. Dans cette biographie illustrée, on découvre le parcours haut en couleur d’un homme curieux, de son personnage dans la sitcom Taxi à ses combats de lutte contre des femmes (oui, oui !). Un portrait à la fois sobre et fourmillant de détails fort agréables à lire. (Traduction de Paul Gagné et Lori Saint-Martin, La Pastèque, 264 p.)

Crimes à la pièce

de Jacques Côté

Pour les fans de Jacques Côté, bien connu pour ses romans policiers, ce petit livre sympathique s’apparente presque à un carnet de notes qui leur serait destiné. On retrouve ici quelques nouvelles, des articles et des extraits d’essais. Pour faire plaisir aux amateurs, l’écrivain a inclus une nouvelle inédite mettant en vedette son personnage fétiche, l’enquêteur Duval. À lire aussi, un texte fabuleux sur Wilfrid Derome, pionnier de la science judiciaire au Québec. Un livre à découvrir petit à petit, au gré de vos envies. (Leméac, 240 p.)

Flammes

de Robbie Arnott

Pour bien décrocher, il n’y a pas meilleure offre que ce curieux roman d’un jeune auteur tasmanien. En son cœur, les femmes du clan McAllister, qui, après leur décès, reviennent généralement recouvertes de mousse, de branchages et de coquillages. Ces retours bizarres inquiètent Levi, dont la sœur Charlotte pourrait être la prochaine à trépasser… ou pas. Elle prendra la poudre d’escampette et, bien en vie, entreprendra un fabuleux voyage dans le sud du pays. D’autres histoires s’y croisent, dans un délire forestier et marin qui ne fait que ravir le lecteur. Et oui, il y a des wombats ! (Traduction de Laure Manceau, Alto, 264 p.)

Tout écartillées

de Marie-Eve Bourassa

Le Red Light de Montréal semble être un quartier de choix pour cette autrice qui excelle dans le roman noir. Cette fois-ci, c’est au cœur des années 70 qu’elle plonge allègrement. Georges Kirouac, ex-policier devenu détective privé, enfile les joints, mais pas les contrats. Quand il croise Roxy, serveuse dans un bar topless, celle-ci lui confie un mandat peu commun : retrouver un « film de fesses » qui attise la convoitise du crime organisé. Son ex-partenaire dans la police déterre du coup une ancienne affaire, qui risque de faire des remous. Un roman glauque où règnent hippies, felquistes et dames en or de tout acabit. Du bonbon  (VLB, 440 p.)

Le livre des deux chemins

de Jodi Picoult

Le livre des deux chemins, c’est aussi le titre d’un texte retrouvé dans les sarcophages en Égypte, décrivant les deux trajets — par l’eau et par la terre — que le défunt doit effectuer afin de renaître. Et c’est ce que Dawn, ancienne étudiante en égyptologie et maintenant accompagnante de fin de vie, vivra (métaphoriquement parlant) quand un événement bouleversant la propulsera dans son passé au Caire, où elle déchiffrait des hiéroglyphes. L’imposante brique suit en parallèle deux vies possibles de Dawn : celle en plein désert et celle à Boston, où elle est mariée à un physicien et maman d’une ado. Entre les deux, quel chemin doit-elle emprunter ? Une réflexion intéressante sur les choix qui nous façonnent et, inversement, sur le façonnement de nos choix. (Traduction de Marie Chabin, Actes Sud, 512 p.)

D’autres soupers de filles

de Pascale Wilhelmy

Départ pour une fin de semaine entre amies et pas de livre sous la main ? Attrapez celui-ci au bond : c’est un excellent compagnon d’escapade. Suite du premier Soupers de filles, paru en 2018, cette mouture nous replonge dans le bain si habilement qu’il n’est pas du tout nécessaire d’avoir lu le premier pour apprécier le second. Cinq copines se réunissent pour des soupers animés où les discussions sont vives : vie de couple, rupture, polyamour, sexualité, très peu de tabous échappent à l’humour et à la verve de ces filles sympathiques. Un bel hommage à l’amitié, à savourer avec un apéro bien frais à la main ! (Libre Expression, 232 p.)

Le serpent majuscule

de Pierre Lemaitre

Mathilde est petite et lourde. Elle a passé les 30 dernières années à être tueuse à gages, ça ne s’invente pas. Dans ce polar noir truculent, un inédit resté bien caché dans ses tiroirs, l’auteur imagine un massacre sanguinaire qui ne laisse personne sauf. L’intrigue nous replonge dans les années 1980, sans cellulaires ni Internet pour aider à la traque d’une Mathilde revancharde et grognonne, amoureuse des chiens. Mais voilà qu’une exécution tourne mal et que la police se rapproche d’elle. Saura-t-elle s’en débarrasser aussi facilement qu’elle se défait de ses victimes ? Un polar sympathique, bien saignant ! (Albin Michel, 336 p.)

Les enfants sont rois

de Delphine de Vigan

Mélanie Claux est un pur produit des réseaux sociaux : elle partage ses stories familiales, plusieurs fois par jour. Ses deux enfants, Kimmy et Sammy, sont rapidement élevés au statut de stars, suivis par des millions de personnes sur Instagram. À six ans, Kimmy est kidnappée. Qui a bien pu vouloir du mal à cette petite toute mignonne ? À travers l’enquête autour de l’enlèvement, mais aussi le ressac que son dénouement a créé, on assiste à une vertigineuse réflexion sur le pouvoir de l’image. Si ce livre se lit comme un polar, sa prise de position risque d’animer les discussions cet été. (Gallimard, 352 p.)

« C’est le Québec qui est né dans mon pays ! »

d’Emanuelle Dufour

Si vous préférez la réflexion au divertissement dans vos lectures d’été, vous trouverez bien éclairante cette bande dessinée portant sur notre propre rapport aux réalités autochtones. Tout part d’une rencontre avec des Maoris de la Nouvelle-Zélande, où l’autrice prend conscience de son ignorance en ce qui concerne les Autochtones du Québec. Témoignages, anecdotes, récits, tout y est consigné sans jugement et avec beaucoup d’ouverture. À découvrir, absolument. (Écosociété, 208 p.)

Un pont entre nos vérités

de Vania Jimenez

Cette brique, qui a demandé assurément un travail d’orfèvre à son autrice, raconte à la fois l’histoire de Clara et celle de sa mère, Marie-Louise Chamelian, une femme arménienne arrivée à Montréal à 18 ans pour devenir médecin. Lorsque celle-ci perd la vie dans un accident de voiture, sa fille retrouve des boîtes de carnets qui font connaître la jeune Marie-Louise, mais aussi ses ancêtres ayant vécu au Caire. Entre les carnets de Marie-Louise et les notes de Clara, on remonte le fil de ce dialogue avec plaisir tant les détails y sont foisonnants et précis. Une lecture de longue haleine qui vaut pleinement le détour. (Druide, 696 p.)