Les cinq branches d’Olivier Morin

Gourmand, ultravivant, l’air du type qui n’ira jamais chez le psy : Olivier Morin a 31 ans, en paraît 10 de moins. « Il faut en finir avec le complexe Gregory Charles, avec l’agacement qu’on ressent parce qu’il réussit dans tout. C’est pourtant ce à quoi il faut aspirer. Moi, je veux tout faire. »

Photo : Jocelyn Michel

Le jeu. « Ma façon d’être debout, d’interroger la collectivité. » Le comédien a joué Molière, Goldoni, Tremblay ; il a incarné Pylade dans Andromaque, de Racine, Klaus dans Le grand cahier, d’Agota Kristof, Juliette dans Roméo et Juliette, de Shakespeare. Peu de cinéma encore, sinon Les amours imaginaires, de Xavier Dolan. Il se venge en mettant en ligne des courts métrages de son cru.

L’écriture. Olivier écrit des chansons, rédige des demandes de subvention, cosigne le livret de Clotaire Rapaille, l’opéra rock. Prémisse: « En 2045, le Québec est désormais un pays, et la poutine, le symbole de sa fierté ! » Il dirige le spectacle, joue dedans, s’amuse ferme.

La mise en scène. Il monte, de David-Alexandre Després, La mort de Kubrick. Stanley Kubrick a réalisé 13 films, presque autant de chefs-d’œuvre (Orange mécanique, Shining, 2001, l’odyssée de l’espace…). L’anecdote : fana de Kubrick, Alex, couvert de psoriasis et sexuellement refoulé, gagne un billet pour assister à la première d’Eyes Wide Shut, en 1999. Mais le cinéaste meurt, et le monde d’Alex s’écroule. La pièce parle des effets mentaux d’une compulsion. Pour le spectacle, Olivier assemble la bande-son. La musique, c’est aussi son truc.

La chanson. Morin joue de la guitare, des claviers, du banjo, de la mandoline, du charme et de la voix au sein de deux duos, Otarie et Les frœurs : dans le premier, sous le pseudonyme de Canine Sutto, et avec une amie surnommée Gaetane Montana, il verse dans la chanson ludico-cochonne ; dans le second, il valorise la belle voix de sa sœur Virginie avec des airs qui prennent moins la tête que le bassin. Il écoute Fats Waller et des chansons réalistes françaises des années 1930 pour un possible spectacle solo. N’arrête-t-il donc pas ?

La peinture. Il crée, à l’huile, des toiles où s’expriment son humour et son humanité. Il expose, vend pas cher — encore —, accepte même les commandes. « Toutes les disciplines se contaminent. Ce que j’apprends en musique fournit du rythme à mon jeu au théâtre et des notions d’harmonie pour ma peinture. » Morin : un couteau suisse, toutes lames affûtées.

La mort de Kubrick, Théâtre La Chapelle, à Montréal, du 15 au 31 mars, 514 843-7738. www.oliviermorin.com