Les cordes de Milot

Festival classique de l’Abitibi-Témiscamingue, à Val-d’Or, le 20 août, 819 856-4211. Calendrier des concerts d’automne : www.valeriemilot.com

Profil d’une harpiste qui en pince autant pour Ravel et Britten que pour Simon & Garfunkel.

Le décor. Elle nous reçoit, à Montréal, dans l’appartement joliment perché de son frère, qui, s’excuse-t-elle, n’a pas la même notion du ménage qu’elle. Née à Trois-Rivières, où elle habite, la harpiste Valérie Milot, 26 ans, aime bien ponctuer ses six heures d’exercices quotidiens d’activités de « femme au foyer ». « J’ai besoin d’actions concrètes, comme cuisiner, décorer, jardiner. »

Profil d’une harpiste qui en pince autant pour Ravel et Britten que pour Simon & Garfunkel.

Le décor. Elle nous reçoit, à Montréal, dans l’appartement joliment perché de son frère, qui, s’excuse-t-elle, n’a pas la même notion du ménage qu’elle. Née à Trois-Rivières, où elle habite, la harpiste Valérie Milot, 26 ans, aime bien ponctuer ses six heures d’exercices quotidiens d’activités de « femme au foyer ». « J’ai besoin d’actions concrètes, comme cuisiner, décorer, jardiner. »

L’artiste. Soliste, chambriste, parfois musicienne d’orchestres symphoniques, Valérie donnait en mai dernier, à Genève, son premier concert international « officiel ». Jusque-là, ses voyages en Europe, c’était pour des concours. Plein de récompenses plus tard, dont le Prix d’Europe 2008, elle relativise : « Si on considère le nombre de concours auxquels j’ai participé, la récolte de prix est minime, mais c’est une excellente accroche pour que les médias me rencontrent. » La preuve.

Photo : Rolline Laporte

L’instrument. « Quand j’ai choisi la harpe, à 10 ans, je n’ai pas pensé que j’allais être condamnée à conduire une fourgonnette ! » Ce n’est pas que son compagnon de jeu soit si lourd (quelque 40 kilos, 47 cordes, 7 pédales), mais il ne se range pas dans un étui comme une flûte traversière. Passe-temps de duchesses vaguement ennuyées, longtemps reléguée au salon, la harpe traîne une série de clichés — « féminine, romantique, émolliente » — que Valérie pulvérise avec son jeu vibrant et coloré, ses idées iodées, son sourire sans compter.

Le répertoire. Elle préfère les morceaux du 20e siècle, qui demandent puissance et coordination, telles les œuvres de Schafer, Hindemith, Britten, Ravel, Tailleferre, etc. Interprète de musiques classique et baroque, elle a récemment accompagné Jorane et rêve d’une collaboration avec Céline Dion. Une envie de chanter, avec ça ? « J’ai une voix horrible, au point que ce n’est même pas plaisant pour moi de chanter. »

Le conjoint. Antoine Bareil, violoniste, compositeur, transcripteur, arrangeur. Sur le minidisque du couple, Fantaisie sur Noël, on peut constater que harpe et violon s’entendent à merveille. Valérie et Antoine marient de nouveau leurs cordes dans un concert Simon & Garfunkel, à la Fête de la musique de Tremblant, le 4 septembre.

La soliste. Quand elle se produit seule sur scène, Valérie met en contexte les pièces de son programme et explique le fonctionnement de « Frenchie » — surnom de son outil de travail, acheté à Paris. « Je fais le choix de jouer sans partition pour qu’il n’y ait pas d’obstruction entre le public et moi, qu’il puisse admirer la beauté de l’instrument et bien voir les mouvements de mes bras, de mes mains. Jouer de la harpe, c’est comme danser assise. »

Festival classique de l’Abitibi-Témiscamingue, à Val-d’Or, le 20 août, 819 856-4211. Calendrier des concerts d’automne : www.valeriemilot.com

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Très belle photo. On aurait envie de lui passer la main dans les cheveux, lui redresser la couette, lui souffler des mots d’amour à l’oreille…

Les ongles courts? Ca aide pour jouer de la harpe?