Les disques

 

Souvenirs de Rostropovitch

Antonin Dvorák : Concerto pour violoncelle en si mineur, op. 104. Piotr Ilitch Tchaïkovski : Variations sur un thème rococo pour violoncelle et orchestre, op. 33. Mstislav Rostropovitch, violoncelle ; Orchestre philharmonique de Berlin, dir. Herbert von Karajan. DG 447 413-2.

Lorsque Mstislav Rostropovitch s’est éteint, le 27 avril dernier, le monde a perdu plus que le violoncelliste le plus réputé de la seconde moitié du 20e siècle. « Slava » était un emblème de liberté et de lutte contre l’oppression. Ce personnage plus grand que nature avait acquis ce statut par sa rébellion contre le régime soviétique. En novembre 1989, des millions de téléspectateurs l’ont vu jouer Bach au pied du mur de Berlin en train de tomber. Vingt ans plus tôt, il avait donné dans la même ville un concert mémorable, où il interprétait le concerto pour violoncelle le plus célèbre de tous, celui du compositeur tchèque Antonin Dvorák, sous la direction de Herbert von Karajan. Réalisé quelques jours plus tard, ce disque reprend le programme du concert. « Je n’ai jamais joué ce concerto sans verser de larmes », a déclaré le violoncelliste. Les auditeurs, eux, peuvent difficilement recevoir cette sonorité d’une plénitude inégalée, cette virtuosité de tous les instants et ces envolées d’une sincérité absolue sans avoir la chair de poule. En complément, les Variations sur un thème rococo, de Tchaïkovski, sont faites sur mesure pour mettre en relief les qualités d’interprète de l’un des plus grands musiciens de notre temps.

 

Lumineux requiem

Gabriel Fauré : Messe de requiem, Ave verum, Ave Maria, Tantum ergo. Gabriel Fauré et André Messager : Messe des pêcheurs de Villerville. Peter Harvey, baryton ; Ana Quintans, soprano ; Ensemble Vocal de Lausanne ; Sinfonia Varsovia, dir. Michel Corboz.

Le très beau Requiem de Gabriel Fauré occupe une place à part dans la longue liste des messes des morts écrites au fil des siècles. Hormis quelques moments où s’expriment la douleur et l’angoisse, notamment dans le « Libera me », particulièrement poignant, l’œuvre dégage une atmosphère de sérénité et de légèreté, sources d’apaisement. Cette impression est accentuée par le retour, ici, aux effectifs réduits prescrits dans la partition originale, qui favorisent la luminosité de l’ensemble, contrairement aux orchestrations plus lourdes utilisées dans de nombreuses versions. Fauré, qui affirmait avoir composé ce requiem « pour le plaisir », concevait la mort comme une « délivrance heureuse, une aspiration au bonheur d’au-delà, plutôt que comme un passage douloureux ». S’ajoute le fait que, titulaire de l’orgue de l’église de la Madeleine, à Paris, le compositeur disait en avoir « par-dessus la tête » des services d’enterrement traditionnels… L’atmosphère de béatitude éthérée imprègne également les autres œuvres, en particulier l’Ave verum. Étonnant de la part d’un compositeur non croyant ? Pas vraiment si l’on songe que, pour Fauré, « Dieu » était synonyme d’« Amour ».

 

Éternel Figaro

Wolfgang Amadeus Mozart : Le nozze di Figaro. Concerto Köln, dir. René Jacobs. Metteur en scène : Jean-Louis Martinoty. DVD BelAir BAC017.

Il existe plusieurs versions sur DVD des Noces de Figaro. Celle-ci se caractérise par son équilibre. Pas question ici de mise en scène qui catapulte l’action des siècles plus tard. L’intrigue, préservée avec toutes les complexités boulevardières du genre, est rendue par une distribution à la hauteur, où dominent le Figaro de Luca Pisaroni et le Cherubino d’Angelika Kirchschlager. L’accompagnement musical est sous la direction d’un spécialiste de la musique ancienne et mozartienne, René Jacobs, ce qui ne gâche rien.

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