Les enfants du divorce, 20 ans après

Un mariage boiteux serait moins nocif pour les enfants qu’un divorce réussi, affirme une thérapeute américaine dans un livre-choc. Il n’en fallait pas plus pour que Micheline Lachance revisite ses Enfants du divorce…

Surprise, incrédulité, consternation… Je suis passée par toute une gamme d’émotions en parcourant le livre controversé de Judith Wallerstein, célèbre thérapeute américaine qui a observé les ravages insoupçonnés du divorce chez les enfants. Ceux-ci s’en tirent mieux avec un père et une mère qui se querellent du matin au soir qu’avec des parents divorcés et heureux, affirme-t-elle dans The Unexpected Legacy of Divorce (L’héritage inattendu du divorce).

Un mariage boiteux serait moins nocif qu’un divorce réussi? Il y a 20 ans, je signais un ouvrage, Les Enfants du divorce, qui prétendait le contraire. Plaidoyer en faveur de la belle-mère que j’étais devenue au milieu des années 70 – une de ces femmes qui, subitement et sans grossesse, étaient parachutées dans le rôle de mère en épousant le père -, mon livre tâchait de démontrer comment une séparation bien vécue, suivie de la vie dans une famille recomposée, pouvait s’avérer une expérience positive, voire enrichissante, pour les enfants.

En repensant à mon enquête, il me revient en mémoire le cri du coeur d’une mère divorcée: « Avons-nous le droit de faire ça à nos enfants? »

La liberté l’emportait alors sur le doute. Les femmes entraient massivement sur le marché du travail et, financièrement indépendantes, elles n’acceptaient plus de s’incruster dans une union intenable. L’échec du mariage n’était plus celui de toute une existence. Des milliers de personnes défiaient la tradition, décidées à rebâtir leur vie seules ou avec quelqu’un d’autre. Sans trop d’états d’âme. En dépit des blessures d’amour, des problèmes d’ordre matériel et des difficultés à gérer la vie d’enfants ballottés entre la maison de papa et l’appartement de maman.

Depuis, près de un mariage sur deux se solde par un divorce. Et les unions de fait – voie dans laquelle préfèrent s’engager 80% des couples, lesquels donnent naissance à la moitié des bébés québécois – se terminent par une rupture trois fois plus souvent que les mariages, avant même que l’aîné ait soufflé ses six bougies.

Au Québec, 27% des enfants de moins de 18 ans (soit 450 000 garçons et filles) grandissent dans une famille monoparentale ou recomposée. Selon Statistique Canada, à six ans, un enfant sur quatre né à la fin des années 80 a déjà vécu seul avec sa mère. À 10 ans, les deux tiers des enfants nés en 1983-1984 avaient subi la séparation de leurs parents. Deux ans après la rupture, 45% d’entre eux héritaient d’un beau-père ou d’une belle-mère. Au bout de 10 ans, ils étaient 85%.

« Les enfants n’ont pas besoin que leurs parents s’adorent ni même qu’ils soient polis l’un envers l’autre, écrit Judith Wallerstein. Ils ont besoin qu’ils restent ensemble. »

Me serais-je à ce point trompée? J’ai interrogé Mélanie, une enfant du divorce qui, à 24 ans, respire la joie de vivre. Comme si la séparation de ses parents ne l’avait pas marquée. « Même s’ils s’engueulaient tout le temps, m’a-t-elle avoué, j’aurais préféré qu’ils ne se séparent pas. »

Un point pour Mme Wallerstein, zéro pour moi.

Mélanie avait 13 ans lorsque sa mère lui a appris qu’elles allaient déménager… chez le meilleur ami de son père. « Ç’a été un choc terrible, dit-elle. Tout s’est écroulé. Je perdais ma maison, mes amis, mes repères. Mon père était dévasté et ma mère, amoureuse, flottait sur son nuage. Moi, je cohabitais avec l’écoeurant qui avait volé la femme de son grand chum. »

La suite était prévisible: une adolescence ponctuée de révoltes et de « t’es pas mon père! » hurlés à pleine gorge. « J’ai pris de la drogue, je me suis dévergondée, mes notes ont chuté, se rappelle Mélanie. Ç’a duré un an. C’est la mère de ma meilleure amie qui m’a sauvée. Elle a compris mon désarroi et m’a procuré du réconfort. »

Comme Mélanie, 70% des enfants finissent par s’adapter à la séparation de leurs parents. « Dans la majorité des cas, cela se passe bien pour eux », soutient Marie-Christine Saint-Jacques, professeur à l’École de service social de l’Université Laval, et aussi travailleuse sociale qui effectue depuis 15 ans des recherches sur les familles en transition. « Sur le coup, ils subissent un stress et sont perturbés. Mais après, ils se replacent. »

Tout ne tourne pas à la tragédie, donc? « Ça dépend de la capacité de chacun de faire face aux événements stressants, précise-t-elle. Si l’enfant se confie et a le soutien des siens, il s’adapte plus rapidement. »

Marie-Christine Saint-Jacques a étudié l’adaptation de 232 jeunes de 12 à 16 ans vivant dans une famille recomposée. Élèves au secondaire, ces garçons et ces filles habitent pour la plupart en ville ou en banlieue. Après la séparation de leurs parents, huit ans plus tôt, la majorité d’entre eux ont suivi leur mère. Sont-ils différents des enfants de foyers unis? À l’école, ça va. À peine 11,3% obtiennent des résultats scolaires inférieurs à la moyenne. Ces adolescents ont une bonne estime de soi. Environ 87% se disent satisfaits d’eux-mêmes et 93% sont heureux. Ils ne se sentent ni stressés ni anxieux.

D’autres données de cette étude révèlent une réalité plus sombre: 13,7% ont l’impression qu’ils ne valent rien, 18,3% ont déjà fait une tentative de suicide, 16,7% ont eu des démêlés avec la police et 12,3% des problèmes de drogue. Un sur 10 a fait une fugue. Pourtant, conclut la travailleuse sociale, dans l’ensemble, ces enfants du divorce apprécient le climat familial dans lequel ils évoluent. Ils se sentent proches de leurs parents. Seuls 12% n’en sont pas satisfaits.

Si on leur demande quel a été l’événement le plus stressant de leur vie, les trois quarts répondent: « La séparation de mes parents. »

Ce qui ne les empêche pas de voir des avantages à la famille reconstituée, notamment lorsqu’ils ont fait l’expérience de la famille monoparentale: davantage d’amour, un réseau de soutien plus étendu, l’amélioration des conditions financières et le retour à la « vraie vie de famille ». Ils déplorent par contre le va-et-vient d’une maison à l’autre et, parfois, l’obligation de partager la vie d’un beau-parent avec qui ils ne s’entendent pas. Ils regrettent aussi d’avoir perdu une certaine intimité avec leur père ou leur mère, tout à coup moins disponible.

On est donc loin du portrait alarmiste tracé par Judith Wallerstein. D’ailleurs, jusqu’à tout récemment, la thérapeute américaine était convaincue que le divorce était une avenue envisageable, à la condition que les parents se comportent de manière civilisée, qu’ils règlent adéquatement les questions financières et que leurs enfants restent en contact régulier avec le père et la mère. Elle a cependant changé son fusil d’épaule après avoir renoué avec 131 enfants qu’elle avait suivis au moment du divorce de leurs parents, 25 ans plus tôt. Elle a constaté que des séquelles graves et permanentes étaient apparues à la maturité: ses protégés étaient plus vulnérables aux drogues et à l’alcool que les enfants issus de foyers stables. Par ailleurs, ils occupaient des emplois moins bien rémunérés, étaient moins instruits que leurs parents et plus nombreux à avoir eu un enfant hors mariage. « Si les parents avaient soupçonné les torts qu’ils allaient causer à leurs enfants, jamais ils n’auraient brisé la famille », écrit-elle.

Marie-Christine Saint-Jacques s’insurge contre ce procès fait à des milliers de parents. « J’en ai assez d’entendre dire que les gens se séparent sur un coup de tête, dit-elle. C’est une décision lourde de conséquences que personne ne prend à la légère. Et ce n’est pas vrai que le divorce est désastreux pour tous les enfants. » Elle va plus loin en soutenant que certains noircissent la situation pour mieux prêcher le retour aux valeurs familiales traditionnelles. « Ils confondent idéologie et réalité, et ne retiennent des recherches que les résultats qui confirment leur opinion. »

D’autres critiques reprochent à Judith Wallerstein d’avoir élaboré sa thèse à partir d’un échantillonnage uniquement composé d’enfants à problèmes suivant une thérapie parce qu’ils vivaient mal la séparation de leurs parents. Qu’en est-il des autres?

Pour en avoir le coeur net, j’ai moi aussi retracé « mes enfants du divorce », aujourd’hui âgés de 24 à 35 ans. Ils m’ont confié leurs souvenirs sous le couvert de l’anonymat – je n’ai gardé que leurs prénoms -, pour ne pas peiner leurs parents, m’ont-ils dit. Car ils n’ont pas oublié leurs nuits d’insomnie auprès d’une mère qui n’arrivait pas à surmonter sa déprime. Ni leur affection naissante pour un beau-père, sentiment dont ils se sentaient coupables comme d’une trahison.

Tous m’ont confirmé qu’il n’y a pas d’âge idéal pour vivre le divorce de ses parents. Plus on est conscient, plus on en est affecté. À six ans, ça peut aller, mais à l’adolescence, les choses se gâtent. Ils parlent rarement du passé avec leurs amis ou leurs parents. Sophie, qui a habité avec son père, a attendu d’avoir 30 ans pour avouer à sa mère que son absence l’avait marquée. « Ça m’a dévastée, m’a confié cette dernière. Je m’étais effacée parce que je la sentais tiraillée entre sa belle-mère et moi. J’ai eu tort. »

Des erreurs, les parents divorcés reconnaissent en avoir commis. Cependant, peu regrettent la séparation, qui était inévitable. Rester ensemble « pour les enfants », qui trop souvent se retrouvent au milieu du champ de bataille, n’est pas une solution. Les invectives volent, les portes claquent, l’atmosphère devient insupportable… « Ça les détruit! » dit Marie-Christine Saint-Jacques.

Mais la séparation vécue dans un climat d’hostilité les brise tout autant. Or, la moitié des parents continuent à se faire la guerre des années après la rupture. Et souvent, l’enfant doit choisir son camp. On pourrait croire que, trois décennies de divorces aidant, on couperait le cordon avec plus de doigté. Car enfin, le mariage rompu n’est plus l’infamie d’antan et on ne montre plus du doigt les enfants du divorce, puisqu’ils sont en majorité. Il n’en est pourtant rien. Il y a dans chaque histoire une écorchée vive incapable de se ressaisir, un vindicatif qui s’entête, une désespérée… Les « tu diras à la putain de ton père de se mêler de ses affaires » fusent toujours, quand ce ne sont pas les allusions au suicide: « Si j’avais une corde pour me pendre! »

Ce n’est pas tant le divorce que le fait de grandir dans la discorde qui explique les comportements instables des enfants. « La qualité du climat familial fait la différence, dit Marie-Christine Saint-Jacques. C’est évident que les jeunes qui sont coincés dans un milieu conflictuel vont mal. Pour eux, la famille recomposée peut être une planche de salut. » Même observation chez l’enfant qui vit dans une famille monoparentale exempte de soucis financiers et qui voit ses deux parents: il a autant de chances d’aller bien que celui qui vit auprès de sa mère et de son père.

Fort bien, mais les chiffres ont tendance à dire le contraire. De 10% à 12% des enfants qui grandissent dans une famille stable éprouvent des problèmes de délinquance, de drogue et de prostitution, alors que ce taux passe à 20% ou 30% dans les familles reconstituées et monoparentales.

On objectera que certaines familles stables, mais dont les jeunes sont laissés à eux-mêmes, s’attirent aussi des malheurs. Pour Suzanne Lamarre, psychiatre d’urgence et de crise au Centre hospitalier de St. Mary, à Montréal, une telle situation peut ravager l’enfant tout autant qu’une séparation. « J’ai vu tant de familles normales faire des dégâts terribles sans s’en rendre compte », dit-elle. À son avis, ce ne sont pas les querelles qui posent problème; c’est plutôt la façon dont on les règle. S’il y a un bourreau et une victime au sein du couple, c’est malsain. « Quand la mère est écrasée par son mari, sa fille qui la protège passera des années à en vouloir au père. »

N’empêche que de nouvelles recherches nous apprennent que les enfants de parents séparés ont un comportement particulier. À cause des conflits, ils quittent la maison plus tôt que les autres. Ils ont des relations sexuelles précoces et les filles se marient très jeunes, souvent déjà enceintes. Leur union dure par ailleurs moins longtemps que celle des filles de familles durables.

D’autres réalités sont aussi troublantes. Ainsi, 74% de la clientèle des centres jeunesse est composée d’enfants issus de familles reconstituées (20%) ou monoparentales (54%). Ici, la pauvreté est mise en cause. Après la séparation, une partie du revenu familial s’envole, ce qui peut être catastrophique quand la mère a la garde des enfants et qu’elle doit pourvoir seule à leurs besoins. Plus ils sont âgés, plus ils prennent conscience de ce qu’ils ont perdu: leur chambre, le vélo qu’ils espéraient, les vacances en camping… Simon avait trois ans lorsque son père est parti. Au début, celui-ci « oubliait » de payer sa pension une fois sur deux. Après, il s’est remis en ménage et n’a plus rien envoyé. « J’étais jaloux des nouveaux enfants de mon père, dit Simon. Ils avaient tout ce dont je rêvais. »

Plus encore que les privations matérielles, l’absence laisse des traces permanentes. « À 25 ans, Simon cherche toujours son père, m’a avoué sa mère. Il a tout pour réussir, et pourtant, il est replié et n’a pas confiance en lui. Il est convaincu qu’il ne vaut rien, puisque son père l’a abandonné. » Après la séparation, la grande majorité des enfants restent avec leur mère, même lorsque le jugement accorde aux parents une garde partagée. Deux enfants sur cinq voient leur père sporadiquement ou pas du tout, soit parce que sa relation avec son ex-conjointe s’est détériorée, soit parce qu’il a fondé une nouvelle famille. En fait, 80% des hommes séparés ne vivent pas avec leurs enfants d’un mariage antérieur.

Céline Le Bourdais, démographe et sociologue, s’est penchée sur le dossier de la garde des enfants. « La tension est plus palpable lorsque la séparation se règle en cour, dit-elle. Certains pères ne paieront pas la pension alimentaire si elle est fixée par la loi. Ils couperont plutôt les ponts avec leurs enfants. Mais quand les ex-conjoints s’entendent à l’amiable, les paiements ne traînent pas. » Dans le cas contraire, le chantage est destructeur: « Paie, sinon tu ne verras pas ton fils. »

Pour se protéger ou pour garder intact le souvenir du parent absent, l’enfant du divorce tirera un trait sur le passé. C’est ce qu’on appelle la mémoire sélective. Ainsi, Julien avait tout oublié de l’alcoolisme de son père, de ses « voyages » prolongés et de ses promesses non tenues quand, à 12 ans, il a renoué avec un homme désintoxiqué, « le meilleur des pères », m’a-t-il confié.

L’affaire se complique davantage lorsque la famille recomposée fait naufrage à son tour et cause de nouveaux deuils. Sophie a paniqué quand sa belle-mère a rompu à la énième incartade de son incorrigible de père. « À huit ans d’intervalle, j’ai revécu le départ de ma mère », dit-elle.

Moi qui avais écrit qu’un divorce réussi n’hypothéquait pas la vie des enfants, j’ai déchanté en écoutant mes témoins de naguère raconter leurs amours chaotiques. Peur de l’engagement, difficulté à nouer des relations affectives durables, incapacité de retenir son amoureux…

Pour ne pas marcher sur les traces de parents volages ou égoïstes et ne pas répéter leurs erreurs, les enfants du divorce évitent de s’impliquer émotivement, convaincus que l’amour n’est qu’un feu de paille. Ou bien ils se jettent à corps perdu dans des aventures avec des partenaires qui ne leur conviennent pas. « Mon premier chum était jaloux et possessif », dit Mélanie, qui en est à sa troisième expérience de vie à deux. « Je l’ai quitté quand il m’a giflée en apprenant que je m’étais fait percer le nombril. »

Leurs ruptures sont empreintes de culpabilité. L’une a quitté un homme qui avait deux fois son âge, la copie conforme de son père, évanoui dans la nature. Une autre, qui a eu trois beaux-pères successifs, n’arrive pas à se faire aimer. « Mes liaisons tournent au désastre, dit-elle. Inconsciemment, je fais tout pour les bousiller. »

Une étude de Statistique Canada démontre que les perturbations familiales se transmettent bel et bien de génération en génération. Les enfants de parents séparés ont deux fois plus de chances de divorcer que ceux de couples unis. « Il y a un lien entre l’instabilité familiale pendant l’enfance et la manière dont les jeunes commencent leur vie de couple et de parents », confirme Céline Le Bourdais, qui a étudié les répercussions de la rupture des parents sur les jeunes adultes. « Ce facteur déterminant contribue aussi aux difficultés financières qu’ils éprouvent, à l’image de leurs parents. »

Le divorce serait-il héréditaire? « Non, dit la psychiatre Suzanne Lamarre. Les enfants répètent tout simplement les comportements qu’ils ont appris au contact de leurs parents, comme on apprend sa langue maternelle. Ils adoptent les mêmes rapports de soumission, ne respectent pas l’autonomie de l’autre ni sa vulnérabilité. Ils s’installent dans une lutte de pouvoir et vont de désillusion en désillusion. »

Prenons le cas de Sophie, qui avait quatre ans quand sa mère a largué les voiles et 12 ans quand sa belle-mère est partie. Lorsque sa propre fille a eu quatre ans, elle les a imitées. Elle avait pourtant juré qu’elle n’imposerait jamais « ça » à son enfant. Tous les parents issus d’unions brisées vivent le même dilemme. Quand leur mariage sombre, ils font traîner les choses, allant jusqu’à continuer d’habiter la même maison, vivant comme des colocataires, pour éviter la rupture. Mais ils finissent par se séparer quand un des conjoints tombe de nouveau amoureux.

Les premières générations d’enfants du divorce ont tout de même tiré des leçons de leurs expériences passées. Pour la garde partagée, ils rivalisent d’ingéniosité. Tantôt le père habite le logement du bas et la mère celui du haut. Tantôt les enfants passent une semaine chez maman, une autre chez papa. Ou bien deux. Souvent, c’est l’enfant qui choisit. On fête Noël ensemble; c’est moins compliqué et plus économique. Et on refile les conseils d’usage aux amis sur le point de rompre: préviens ton fils avant qu’il l’apprenne d’un étranger, assure-toi qu’il ne se sent pas responsable, ne bouscule pas l’horaire de ses activités…

Avant de boucler la boucle, il me restait à voir comment mes enfants du divorce s’étaient débrouillés sur le plan professionnel. Plutôt bien, semble-t-il. L’une est médecin, l’autre directeur d’entreprise. Il y a un fonctionnaire, une vétérinaire, une productrice télé, un technicien… Une seule vit de l’aide sociale, cependant qu’une autre, qui rêvait d’être chanteuse, tire le diable par la queue, sans pour autant se décourager.

Voilà au moins ça de gagné! Parmi les parents divorcés que j’ai aussi revus, on prend sa part du blâme. « Nous étions désinvoltes, m’a dit la mère de Sophie. Nous allions vers l’inconnu, plus ou moins conscients des conséquences de nos gestes. Aujourd’hui, on n’a plus cette excuse. Alors il faut cesser de banaliser le divorce. Ça devrait être l’exception. Comme l’avortement n’est pas un moyen de contraception, mais un choix tragique. »

Peut-être faudrait-il aussi méditer une réflexion de la psychiatre Suzanne Lamarre: « Si seulement les couples apprenaient à se chicaner sans que ça finisse par une séparation! » Cela ferait le bonheur de Judith Wallerstein. Et de tous les enfants du divorce, ceux d’hier comme d’aujourd’hui, qui rêvent secrètement de voir leurs parents se réconcilier.

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