Les rendez-vous culturels

Une exposition scandaleuse, une lecture consacrée à Anne Hébert et le dernier film d’André Forcier.

Photo: Laurent Guérin
Une scène du film Embrasse-moi comme tu m’aimes. (Photo: Laurent Guérin)

Une liaison dangereuse

Dans le Québec des années 1940, Berthe Sauvageau, une jeune femme confinée dans son fauteuil roulant, éprouve un désir interdit pour Pierre, son frère jumeau. Cette relation trouble est au centre d’Embrasse-moi comme tu m’aimes, le plus récent film d’André Forcier, dont le goût pour l’étrange et le ton décalé n’empêchent pas l’histoire de toucher droit au cœur. Porté par une galerie de comédiens relevée — Céline Bonnier, Catherine De Léan, Roy Dupuis et bien d’autres donnent la réplique à Juliette Gosselin et Émile Schneider, très convaincants dans les rôles principaux —, le Forcier nouveau nous conduit habilement à la frontière du réel et du fantasmé. (En salles le 16 septembre)

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Œuvres de Robert Mapplethorpe (Photos: Digital Image 2010 © J. Paul Getty Trust)
Œuvres de Robert Mapplethorpe (Photos: Digital Image 2010 © J. Paul Getty Trust)

Mapplethorpe: celui par qui le scandale arrive

C’est l’événement de la rentrée au Musée des beaux-arts de Montréal. Avec Focus: perfection, une exposition consacrée au photographe américain Robert Mapplethorpe (1946-1989), le MBAM célèbre, 250 œuvres à l’appui, le côté incandescent, souvent scandaleux, d’un artiste reconnu pour avoir exploré sans retenue les notions de race, de genre et de sexualité. On reviendra entre autres sur les Culture Wars, ces polémiques opposant, aux États-Unis, les adeptes d’une certaine censure et les défenseurs d’un espace public ouvert aux arts, même les plus subversifs, dont l’un des épisodes les plus cinglants fut déclenché par l’expo de Mapplethorpe The Perfect Moment, à la fin des années 1980, qui présentait entre autres des photos ayant pour thèmes l’homosexualité et le sadomasochisme. (Du 10 septembre au 22 janvier 2017)

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Photo: Gilbert Duclos
Photo: Gilbert Duclos

Éternelle Anne Hébert

À propos de son choix de s’installer en France, Anne Hébert (1916-2000) avait confié un jour à son ami Jacques Godbout que l’éloignement lui permettait de voir son pays «d’une façon plus détachée probablement, plus nette aussi». L’écrivaine, qui aurait eu 100 ans cette année, a inspiré ce qui devrait être l’un des temps forts du 22e Festival international de la littérature (du 23 septembre au 2 octobre): Le chant de la cigale crépite comme un feu de bois. Préparée par Karine Assathiany, cette lecture à deux voix, celles d’Azyadé Bascunana et d’Évelyne de la Chenelière, mettra en relief les notions de distance et d’exil chez l’auteure des Enfants du sabbat. (Le 23 septembre à la Cinquième Salle de la Place des Arts)

 

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