Les suggestions de lecture de Fanny Britt 

En parlant de ses coups de coeur littéraires, l’auteure de Les Maisons et Les Tranchées raconte aussi de quelle façon s’est forgée sa plume. 

Photo : Justine Latour ; Montage : L'actualité

Cinq ans après Les maisons, l’autrice publie ce mois-ci Faire les sucres, un roman qui, pour nous faire réfléchir au bonheur et aux privilèges, s’appuie sur l’histoire d’un couple vivant de rudes moments. Que ce soit au théâtre (elle a gagné le Prix littéraire du Gouverneur général, catégorie Théâtre, pour Bienveillance en 2013), dans ses essais ou dans ses romans, Fanny Britt soulève des questions essentielles dans ses textes. Et c’est la même chose pour les suggestions de lecture qu’elle nous propose.

Chasse à l’homme
par Sophie Létourneau

J’adore la construction libre et instinctive de Sophie Létourneau dans ce livre. En revisitant ses livres précédents, elle continue de bâtir une œuvre personnelle et intelligente, hors des codes ordinaires du récit, avec un beau pied de nez à la condescendance avec laquelle on parle souvent des sujets dits « féminins » — et pourtant, c’est prenant comme un page turner. J’ai beaucoup aimé. (La Peuplade, 2020, 216 p.)

Février
par Lisa Moore (traduction de Dominique Fortier)

Je voue une immense admiration à Lisa Moore, dont l’écriture parvient à être à la fois précise, caustique, sincère et ample. La lecture de Février, qui raconte la vie d’une mère de famille se retrouvant veuve dans des circonstances traumatiques, m’a transportée et m’a donné envie d’écrire encore et mieux. (Boréal Compact, 2013 [2010], 296 p.)

Harvey
par Hervé Bouchard et Janice Nadeau

Harvey est le livre qui m’a donné le goût d’écrire des livres illustrés. Ce roman graphique libre et impressionniste capte magnifiquement le mystère du deuil quand il est vécu dans l’enfance et reste un chef-d’œuvre du genre à mes yeux. (La Pastèque, 2009, 168 p.)

Un vent se lève qui éparpille
par Jean-Marc Dalpé

Roman au souffle long et court en même temps, Un vent se lève qui éparpille m’a révélé qu’une voix théâtrale pouvait apporter une musicalité étonnante à l’écriture romanesque et a fait espérer à la jeune autrice que j’étais qu’il était possible de ne pas se confiner à un seul genre. (Prise de parole, 1999, 189 p.)

La Memoria
par Louise Dupré

Quand j’ai lu La Memoria, vers l’âge de 20 ans, j’ai eu un choc : c’était ma première incursion dans la littérature québécoise contemporaine, et j’ai été saisie par les fulgurances que le livre contenait. Je ne savais pas qu’on pouvait vivre un lien aussi intime avec un roman, et ça a profondément influencé mon rapport au récit. (XYZ, 1996, 216 p.)

Cet été-là
par Jillian et Mariko Tamaki (traduction de Fanny Soubiran)

Roman graphique sur la fin de l’enfance et la construction de l’identité, Cet été-là contient pour moi le parfait dosage de non-dits et de révélations qui, en dépit de leur simplicité — ou peut-être grâce à elle —, nous habitent toute notre vie. (Rue de Sèvres, 2014, 319 p.)

The Handmaid’s Tale
par Margaret Atwood

Non seulement le roman de Margaret Atwood était visionnaire lors de sa parution en 1985, mais il a brillamment traversé les années et sert encore de phare et de leçon, autant par son acuité hallucinante que par les avertissements nécessaires qu’il contient. Je préfère la langue de Margaret Atwood dans l’original, surtout que trop d’auteurs canadiens ont longtemps été traduits en France. (Penguin Random House Canada, 2011 [1985], 336 p.)

Cet article a été réalisé grâce au Conseil des arts du Canada.

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