Les suggestions de lecture de Kim Thúy

Qu’ils parlent de philosophie ou de champignons, qu’ils soient écrits par un grand sage ou une nouvelle plume, tous les types de livres intéressent cette auteure adulée autant des critiques que du public. 

Photo : Carl Lessard ; Montage : L'actualité


Il y a 10 ans, Kim Thúy remportait le Prix littéraire du Gouverneur général dans la catégorie Romans et nouvelles pour son premier roman, le très touchant Ru. Alors qu’elle s’apprête à lancer son quatrième roman,  Em, elle nous présente cinq ouvrages qu’elle a aimés et qui reflètent bien son insatiable curiosité.

La médiocratie
par Alain Deneault

J’ai eu la chance de rencontrer Alain Deneault et je le trouve à la fois fascinant et très intelligent. Ses livres me font beaucoup réfléchir. Et même si je ne comprends pas tout ce qui s’y trouve, les propos qu’il tient dans ce livre cherchent à nous élever, et c’est tout en son honneur. J’ai l’impression que notre société aurait besoin de plus de philosophes comme lui. Cet essai sur le pouvoir de la médiocrité vaut vraiment la peine d’être lu ! (Lux, 2015, 224 p.)

Le peuple rieur, hommage à mes amis innus
par Marie-Christine Lévesque et Serge Bouchard

Au début de l’écriture de Em, et même un peu avant, j’ai commencé à lire sur les Premières Nations. C’est un pan de notre histoire québécoise avec lequel j’étais moins familière. Et quelle bonne façon d’en apprendre plus là-dessus que de le lire sous la plume de Serge Bouchard ! En passant par sa propre histoire, il raconte celle du peuple innu. Son parcours est touffu et empreint d’une grande humanité. (Lux, 2017, 320 p.)

Le zoo de Rome
par Pascal Janovjak

Pascal, c’est un philosophe dans l’âme avec une plume de poète. Nous nous sommes rencontrés à Monaco, en 2009, et nous avons entretenu une correspondance qui est devenue le livre À toi. J’aimais donc déjà ce qu’il écrivait, mais j’ai eu un véritable coup de foudre pour ce roman qui raconte l’histoire des zoos. J’y ai appris tellement de choses au sujet des animaux, et c’était apporté de façon si subtile que j’en ai véritablement apprécié la lecture. Ceux qui aiment les romans historiques seront gâtés. (Actes Sud, 2019, 256 p.)

Forêt
par Ariane Paré-Le Gal et Gérald Le Gal

Le sous-titre de ce livre est Identifier, cueillir, cuisiner; je trouve que ça dit tout. J’ai eu envie de lire cet ouvrage-là le jour où j’ai hésité à cueillir une framboise sauvage. J’avais peur de m’empoisonner ! Afin d’en connaître davantage sur ce qui se mange — ou pas — dans la nature, c’est le livre parfait. J’ai été soufflée par la quantité de champignons comestibles qui poussent au Québec, comme le champignon homard, mon nouveau favori ! (Cardinal, 2019, 379 p.)

Les fourchettes
par Sarah-Maude Beauchesne

Pour moi, la vieillesse, c’est quand on arrête d’être curieux ! C’est pour ça que je m’intéresse beaucoup aux jeunes autrices d’ici, comme Sarah-Maude Beauchesne. Elle incarne parfaitement la voix de sa génération et c’est un plaisir de me plonger dans son univers. Ce livre est une suite de plusieurs petites histoires plutôt qu’un roman comme tel, une approche qui peut être intéressante quand on découvre un nouvel auteur. De plus, elle a une façon bien à elle, très authentique, de se raconter. (Hurtubise, 2020, 348 p.)

Cet article a été réalisé grâce au Conseil des arts du Canada.

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