Les vertus de la généalogie

Mou­rir par curiosité est une œuvre de maturité, visiblement nourrie par l’expérience de l’auteure.

Illustration: Janou-Eve LeGuerrier pour L'actualité
Illustration: Janou-Eve LeGuerrier pour L’actualité

S’il existe des thérapies par le rire, les animaux ou la musique, pourquoi n’y aurait-il pas aussi des thérapies par la généalogie ? Après tout, le récit de notre filiation forge, dès l’enfance, une partie de notre identité.

Christiane Duchesne en sait sûrement quelque chose, elle qui met souvent en scène des grands-parents dans ses romans jeunesse (elle en a écrit une soixantaine, en plus d’avoir traduit quelque 700 albums illustrés). Son quatrième roman pour adultes, Mou­rir par curiosité, est une œuvre de maturité, visiblement nourrie par son expérience propre, qui montre de façon lumineuse les vertus des racines et leurs pouvoirs merveilleux.

Mourir par curiosité, par Christiane Duchesne, Boréal, 296 p.
Mourir par curiosité, par Christiane Duchesne, Boréal, 296 p.

Toute l’action se passe dans une chambre d’hôpital où, pendant 40 jours, un adolescent gît totalement paralysé mais pleinement conscient, après avoir été victime d’un accident. Passionné de science, de planche à roulettes et de danse classique, Emmanuel sait qu’il risque de ne jamais recouvrer l’usage de ses jambes et il ne voit aucune raison valable de s’éveiller de son « coma ». À cet égard, il est emblématique de tous ces jeunes vissés à leur écran, isolés, renfermés, incapables de communiquer leurs émotions et leurs sentiments.

Comme une fée marraine, la grand-tante Rose veille à son chevet. Habituée à s’occuper des cas lourds dans les écoles, elle entreprend d’aider Emmanuel à sortir de son silence et de son immobilité en lui racontant des histoires. Mais pas n’importe lesquelles : celles de ses ancêtres les plus singuliers. Ésaü le bossu, Onésime le revenant, Aurore l’amnésique, Marcel le meurtrier, Anasthésie enlevée par les bohémiens, Ismaël l’inventeur des lunettes fumées — sans oublier le grand-père, mort assommé par une oie gelée…

Le charme et l’enchantement de ces contes sont si irrésistibles qu’il est impossible d’en ignorer le message : c’est par les histoires de sa famille qu’un enfant prend racine et qu’il peut ensuite établir un lien significatif avec les autres générations. À vos arbres généalogiques, donc.

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1 commentaire
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Les Québécois ont la chance d’avoir des registres de naissances et mariages assez complets et notre généalogie est très intéressante. Par exemple je sais qu’une de mes ancêtres est Elisabeth Price qui a été enlevée de Deerfield Massachusetts lors d’un raid des Français et Amérindiens en 1704 et amenée à Montréal elle s’est convertie au catholicisme et a épousé un Canadien quelques années plus tard. Les tests généalogiques (ADN) sont aussi très intéressants: ça donne des informations sur nos gènes et ils sont souvent très surprenant, comme, par exemple, une majorité de gènes britanniques chez quelqu’un dont tous les ancêtres sont Français, immigrés en Nouvelle-France… Ça montre le brassage de gènes en Europe dans le passé (les conquêtes romaines, les guerres entre les duchés français et les Anglais etc.) L’auteure a bien raison, la généalogie est vraiment très intéressante et on y trouve des histoires absolument fascinantes.