L’évasion à la maison

Cet été, on part à la découverte du Québec à pied, en vélo, en voiture et… en fiction !

Pour découvrir les régions du Québec, pas besoin d’aller bien loin. (Illustration: Marie Mainguy pour L’actualité)

Cet été, partez à l’aventure dans les archives de L’actualité pour (re)découvrir les grands classiques estivaux du Québec.

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Bienvenue à Meurtreville André MaroisJuste comme les finances de Mandeville vont de mal en pis, la petite municipalité de Lanaudière est soudain revitalisée par une attraction touristique macabre qui attire une foule de curieux : les endroits où ont eu lieu cinq meurtres apparemment commis par un tueur en série — « un parcours balisé par des cadavres ». Heureuse coïncidence ou sombre complot traficoté par le maire et ses conseillers dans un but bassement cupide ? Avec un humour noir impayable, André Marois s’amuse aux dépens des conseils municipaux qui, dans leur folie des grandeurs, semblent toujours prêts à appuyer les initiatives les plus farfelues.

(Bienvenue à Meurtreville, par André Marois, Héliotrope, 192 p.)

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Oh! La Belle province! David DoraisBuffet grec à la Place Versailles, à Montréal, « baloné » frit au camping Sainte-Madeleine, fondue-déjeuner au restaurant Madrid, poutine au ragoût de pattes à Sainte-Foy, pâté chinois à L’Islet, brunch bio à Kamouraska… Telles sont les étapes indigestes de « l’épopée touristique » qui mènera Fleurette, caissière à La Belle Province, jusqu’au Festival du chien chaud à Cabano, dans le Témiscouata. Par le regard candide de son héroïne, par l’intermédiaire de ses goûts discutables et de son estomac à toute épreuve, David Dorais nous sert ici la vision rabelaisienne d’un Québec écartelé entre les cuisines ethniques et son terroir, entre l’ouverture au monde et le repli sur soi. Une belle leçon de tolérance alimentaire.

(Oh ! La belle province !, par David Dorais, Leméac, 152 p.)

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Ernest HemingwAbba Bear Philippe Girarday a passé les étés de son enfance au Michigan, sur les bords du lac… Charlevoix. Ce toponyme familier a inspiré au bédéiste et auteur jeunesse Philippe Girard un premier roman pour adultes, où il imagine l’écrivain américain arrivant à Baie-Saint-Paul, en octobre 1958, pour chasser l’ours. Alcoolique au dernier degré, obsédé par le fantôme de son grand-père maternel, le vieil homme n’est plus que la caricature de son propre mythe machiste. Accompagné d’un guide québécois et de son fils, il s’enfonce dans la forêt, où une bête terrifiante l’attend. Un récit de chasse fabuleux — et admirablement irrévérencieux.

(Abba Bear, par Philippe Girard, Tête Première, 224 p.)

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L'île au canot Claude-Emmanuelle YanceQuand une rivalité fraternelle le pousse à la violence, Jérémie est déshérité par son père et banni de l’île au Canot, dans l’archipel de Montmagny. Persuadé d’être maudit comme Caïn, il s’impose un exil loin du fleuve, en plein cœur des Bois-Francs. En 1880, la région est à peine défrichée, les Abénaquis y campent encore l’été. On y extrait l’écorce de pruche pour alimenter les tanneries, où Jérémie essaiera de redonner un sens à sa vie. Un roman profond sur le besoin d’enracinement, d’autant plus touchant qu’il s’inspire de l’histoire familiale de l’auteure.

(L’île au Canot, par Claude-Emmanuelle Yance, Lévesque éditeur, 192 p.)

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Nunavik Michel HellmanAprès nous avoir dépeint le quartier Mile End, le Montréalais Michel Hellman est allé chercher l’inspiration de son nouveau roman graphique là où le dépaysement est garanti : au Nunavik. Avec lui, on visite Kuujjuaq, on croise le chef d’orchestre Kent Nagano, on découvre les terrains de golf de la toundra, on grimpe jusqu’au lac du cratère des Pingualuit, on assiste à la migration des caribous, on s’émerveille devant les sites archéologiques des Dorsétiens. Sans prétendre être autre chose qu’un touriste, Hellman montre également combien les Inuits demeurent pour nous aussi énigmatiques qu’une aurore boréale.

(Nunavik, par Michel Hellman, Pow Pow, 156 p.)

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Demonica Hervé GagnonÇa s’entredéchire et ça s’entredévore dans le nouveau roman d’Hervé Gagnon, alors qu’une trentaine de réfugiés protestants, qui ont échappé de justesse aux massacres des guerres de religion pour venir s’établir dans la bourgade abandonnée d’Hochelaga, sont livrés aux rigueurs d’un hiver meurtrier et traqués par une créature sanguinaire. Froid, famine et cannibalisme sont au menu de ce récit d’horreur rudement bien mené, où la mort décime la colonie à petit feu et la vengeance se mange gelée.

(Demonica, par Hervé Gagnon, Recto Verso, 256 p.)

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Prenez le champs Julie AubéLa nutritionniste Julie Aubé a préparé le guide idéal pour les agrotouristes. On y trouve les adresses de fromageries, de microbrasseries et de vignobles, mais aussi de fermes où l’on élève bisons et sangliers, de sous-bois réservés à la cueillette sauvage, de charmants bistrots de campagne — en plus de rencontrer des producteurs aussi passionnants que passionnés. En tout, 21 itinéraires irrésistibles, abondamment illustrés de photos qui invitent à prendre sans attendre la route des saveurs locales.

(Prenez le champ !, par Julie Aubé, L’Homme, 288 p.)

Le Québec en plein air Paul Larue Pierre Bélec

Paul Larue et Pierre Bélec sont deux pionniers du mouvement de valorisation du plein air au Québec. Dans un ouvrage dense et fouillé, ils retracent les moments charnières des loisirs d’extérieur, l’histoire de l’implantation d’une panoplie d’activités sportives partout dans la province, et ils nous font aussi partager les lieux de leurs plus belles randonnées. De quoi donner envie d’aller jouer dehors !

(Le Québec en plein air, par Paul Larue et Pierre Bélec, Québec Amérique, 304 p.)

Sous les cieux du QuébecYvon DeslogesAu lieu de se désoler du temps qu’il fait durant l’été, mieux vaut se consoler en lisant l’essai d’Yvon Desloges sur les rudes saisons que la région de Québec a connues par les siècles passés. Rassemblant les témoignages des administrateurs coloniaux et les dates de départ des derniers navires pour l’Europe, le chercheur y dresse un portrait ahurissant du climat de 1534 à 1831 : petit âge glaciaire, grandes sécheresses, incendies de forêt et invasions de chenilles et de sauterelles, sans oublier les années sans été, coïncidant avec les éruptions volcaniques ou la faible activité solaire. Sous les cieux de Québec donne tout son sens au mot « survie ».

Jardins et jardiniers laurentiens, 1660-1800 : Creuse la terre, creuse le temps Jean-Pierre HardyAvec ces conditions climatiques peu favorables aux récoltes, il est miraculeux que nos ancêtres ne soient pas tous morts de faim. Si la culture céréalière fut un échec en Nouvelle-France, celle des légumes, en revanche, eut tant de succès que même les citadins de Québec, Trois-Rivières et Montréal avaient leur petit potager. L’historien Jean-Pierre Hardy nous ouvre ce monde horticole florissant dans un ouvrage fascinant dont on prendra de la graine.

(Sous les cieux de Québec : Météo et climat, 1534-1831, par Yvon Desloges, Septentrion, 216 p. ; Jardins et jardiniers laurentiens, 1660-1800 : Creuse la terre, creuse le temps, par Jean-Pierre Hardy, Septentrion, 304 p.)

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