Lewis Furey de retour en 1975

Deux soirs et presque 40 ans de carrière : des chansons du premier album ; des  pièces popularisées par Carole Laure ; des extraits d’Antoine et Cléopâtre ;  quatre lieder de Brahms. Et tout le reste.

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Il était beau comme Vanessa Paradis, jouait du violon, du piano, de l’ambiguïté sexuelle. C’était en 1975, quelque part par là, rue Milton à Montréal. Dans la salle, un public béat, légèrement éthylique ou stupéfait par les stupéfiants, tanguait. Lewis Furey, ange toxique, enchaînait « Hustler’s Tango », « Caught You », « Closing the Door ». Quand il chantait « Louise », on tombait raide à cause des lignes en français : « Bien sûr je t’ai appris des choses qu’il ne fallait jamais que t’apprennes/ Si je pouvais changer ce qui est fait/ Tu n’aurais jamais, jamais quitté ta maman. »

Puis ce fut la rencontre avec Carole Laure (Lewis-Carole, ça sonne comme le pays des merveilles) ; les spectacles, les disques, les films, les enfants : les doués Clara et Tomas. Il y eut plus tard la mise en scène de Starmania et sa réécriture d’Antoine et Cléopâtre, de Shakespeare, un ratage dans toutes ses largeurs.

À 61 ans, il ressemble moins à une pop star qu’à un homme un peu las et revenu de tout, mais ça pétille encore là-haut. Il n’avait pas donné de spectacle sur scène depuis 1982 quand, à l’invitation du Festival international de jazz de Montréal, il s’est produit en 2008. Et puis, ma foi, il savait encore y faire. On ne sera pas mécontent de le revoir dans une petite salle.

Pour sa carte blanche, où il revisite de grands pans de sa carrière d’auteur-compositeur, Furey invite à ses côtés son complice des premiers jours, le multi-instrumentiste John Lissauer, le comédien, chanteur et corniste Renaud Paradis, ainsi que son fils Tomas (synthétiseur et chant).

Carte blanche à Lewis Furey, Théâtre La Chapelle, à Montréal, les 12 et 13 févr., 514 843-7738.

Furey au festival international de jazz de Montréal en 2008 :





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