L’histoire d’amour entre Julie Payette et la musique

L’astronaute québécoise agit cet automne comme marraine d’honneur du Festival Bach Montréal.

 

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Julie Payette (Photo: Christian Blais pour L’actualité)

Dès qu’elle avait quelques minutes de libres durant les deux missions spatiales qu’elle a effectuées, Julie Payette enfilait son casque d’écoute et s’évadait en musique en observant la planète bleue par le hublot. Aujourd’hui directrice du Centre des sciences, à Montréal, l’astronaute québécoise cultive toujours sa passion musicale. En outre, elle agit cet automne comme marraine d’honneur du Festival Bach Montréal, qui célèbre les œuvres du compositeur allemand Jean-Sébastien Bach (1685-1750) et d’autres compositeurs apparentés.

Quelle place occupe la musique dans votre vie ?

J’entretiens une vraie histoire d’amour avec la musique. Avec toutes sortes de musiques, en fait. Dans l’espace, ce qu’il y avait sur mon iPod allait de Tchaïkovski à Mes Aïeux ! Mais ce qui m’a le plus habitée, c’est la musique classique, au sens large. Comme musicienne, une de mes expériences les plus riches, ç’a été de faire partie, pendant trois ans, du chœur Tafelmusik, un ensemble torontois qui se consacre à la musique baroque.

Comment a débuté cette histoire d’amour ?

Je ne me souviens pas d’un déclic précis. Il faut dire que j’ai grandi dans une maison emplie de musique. J’ai suivi des cours de piano très tôt, mon frère aussi. Ma mère, elle, jouait à l’oreille, surtout des airs populaires. Mais je me souviens d’un moment déterminant : je chantais dans la chorale de mon école primaire, dans Ahuntsic, et un jour, je devais avoir huit ans, deux personnes sont venues nous enten­dre. Elles recrutaient pour une chorale d’enfants, les Petits Chan­teurs de la Cathédrale. J’ai été choisie. J’ai finalement chanté avec eux jusqu’à ce que je quitte le pays pour mes études, bien des années plus tard. Je peux encore chanter en grégorien le Pater Noster, appris à cette époque !

Ça ne vous a jamais paru antinomique de cultiver cette passion tout en vous dirigeant vers une carrière scientifique ?

Au contraire. C’est un mythe, cette idée qu’il y ait une contradiction là-dedans. On peut évidemment faire des rapprochements entre la construction de certaines œuvres musicales et les mathématiques, par exemple, mais ça va plus loin que ça. Le premier violon d’un orchestre symphonique est quelqu’un qui a une grande maîtrise technique, une discipline de fer. Il y a quelque chose de scientifique là-dedans. Il faut avoir cette base de connaissances pour pouvoir ensuite interpréter, prendre des libertés. C’est la même chose chez le scientifique : le chercheur, dans un labo, qui essaie de découvrir une nouvelle propriété à un matériau, une nouvelle molécule, doit faire preuve d’une grande rigueur scientifique, mais aussi de créativité.

La programmation du Festi­val Bach Montréal est étoffée. Qu’allez-vous suivre plus attentivement ?

Je suis très touchée de voir que le concert d’ouverture du Festival comporte le Concerto pour hautbois, cordes et basse continue en ré mineur, d’Alessandro Marcello [le 22 novembre à la Maison symphonique], que j’ai justement écouté en apesanteur. J’y serai, assurément. Par ailleurs, je ne manquerai pas Les variations Goldberg interprétées par la pianiste chinoise Zhu Xiao-Mei [les 1er et 3 décembre à la salle Bourgie] ni le concert du Sud-Africain Kristian Bezuidenhout, qui jouera du Mozart et du Carl Philipp Emanuel Bach sur un vrai pianoforte, un instrument quasiment disparu ! C’est une programmation exceptionnelle, je vais attraper tout ce que je peux !

(Du 22 novembre au 5 décembre, divers lieux)

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N’oubliez pas la NUIT DES CHOEURS du FESTIVAL BACH qui aura lieu toute la soirée durant, le 28 novembre à l’Église ST-ANDREW ET ST-PAUL (tout près du Musée des beaux-arts), où quelques-unes des meilleures chorales du Québec se succéderont pour vous enchanter dans un programme où la musique de BACH est à l’honneur. C’est un événement gratuit auquel tous les amoureux de musique vocale voudront assister. Consultez le site du festival pour connaître l’heure à laquelle votre chœur préféré offrira sa prestation et venez faire de belles découvertes en écoutant les autres.