L’histoire du Québec en images

Des centaines de milliers de Québécois – j’en suis – se sont initiés aux rudiments de la photographie en dévorant les livres d’Antoine Desilets. Ce pionnier du photojournalisme possédait des talents de pédagogue assez prodigieux. Il savait vulgariser des notions complexes. C’est beaucoup grâceà lui que les Québécois ont troqué les Instamatic contre des appareils plus perfectionnés.

Chronique de Pierre Cayouette : L’histoire du Québec en images

Des centaines de milliers de Québécois – j’en suis – se sont initiés aux rudiments de la photographie en dévorant les livres d’Antoine Desilets. Ce pionnier du photojournalisme possédait des talents de pédagogue assez prodigieux. Il savait vulgariser des notions complexes. C’est beaucoup grâceà lui que les Québécois ont troqué les Instamatic contre des appareils plus perfectionnés. Celui qui fit les beaux jours du cahier « Perspectives » et de La Presse a accumulé à ce jour plus de 120 000 photographies et a remporté plus de 75 prix.

Dans les années 1960, Antoine Desilets a coiffé les photographes des plus grands journaux américains. Étonnamment, il n’a jamais publié d’anthologie de ses meilleures images. Son fils Luc vient, heureusement, de combler ce vide en faisant paraître une collection de 250 photographies de son père. L’hommage est à la hauteur de l’œuvre du célèbre photographe. Qu’il braque sa lentille sur les grands de ce monde ou qu’il s’attarde, comme lui seul savait le faire, sur des scènes du quotidien, on reconnaît sa « signature » d’un cliché à l’autre, celle d’un humaniste, d’un artiste, témoin privilégié de l’histoire récente du Québec. (Antoine Desilets, photographe : Trente ans d’images, Guy Saint-Jean Éditeur, 160 p., 34,95 $

 


L’HISTOIRE DES FILICIDES AU QUÉBEC

Rien ne vaut le regard d’un historien pour mieux comprendre les phénomènes contemporains et connaître l’évolution des mentalités. Au moment où l’affaire Guy Turcotte alimente toujours les discussions, l’historienne Marie-Aimée Cliche, de l’Université du Québec à Montréal, se penche sur le phénomène des parents meurtriers. De 1775 à 1965, rappelle-t-elle, le Québec a connu 140 affaires de filicide. La plupart du temps, le crime a été commis par la mère, et non par le père. À lire pour aller au-delà de l’émotion primaire que suscite ce genre de crime. (Fous, ivres ou méchants ? Les parents meurtriers au Québec, 1775-1965, par Marie-Aimée Cliche, Boréal, 274 p., 24,95 $)

 


UNE ESCAPADE PÈRE-FILS SIGNÉE PIERRE GOBEIL

Il s’agit bel et bien d’un récit, même si on se croit dans un roman. En janvier, au milieu d’une année scolaire qui tourne à la catastrophe pour son fils, un père décide de s’enfuir avec lui en Nouvelle-Angleterre pour y passer l’hiver. Le fils a 10 ans et a été jugé « dyslexique et dysorthographique avec déficit d’attention » par les spécialistes. Ce n’est pas l’absence de performances scolaires qui inquiète le père. C’est l’idée de savoir son fils malheureux et de le voir chaque jour un peu plus triste. Romancier accompli (que l’on pense à Dessins et cartes du territoire, 1993), Pierre Gobeil fera de ce voyage père-fils une grande aventure humaine et littéraire. Il léguera à fiston cette « plante sur laquelle on ne doit pas trop tirer », la confiance. (L’hiver à Cape Cod, par Pierre Gobeil, Hamac, 214 p., 19,95 $)

 


UNE NATION INACHEVÉE

Les Québécois forment une nation, rappelle l’essayiste Pierre Graveline, mais une nation « colonisée, menacée et inachevée ». Dans un argumentaire percutant, l’ex-éditeur, aujourd’hui directeur de la Fondation Lionel-Groulx, en appelle à la réalisation de l’indépendance, non pas pour prendre une revanche sur le passé, mais bien « pour notre dignité, notre culture, nos valeurs, notre langue ». (La liberté du Québec, par Pierre Graveline, Fides, 132 p., 21,95 $)

 

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