L’homme qui fuyait

Qui est vraiment Guy Turcotte ? Le livre L’affaire Turcotte amène un nouvel éclairage sur cette saga judiciaire qui n’est pas terminée. Extrait. 

Guy Turcotte se tient à l'abri des regards dans une petite pièce à l'écart de la salle d'audience, lors d'une pause au cours de son deuxième procès, à l'automne 2015, au palais de justice de Saint-Jérôme. À droite, ses avocats, Pierre et Guy Poupart, et leur assistante. (Photo: Ivanoh Demers/La Presse)
Guy Turcotte se tient à l’abri des regards dans une petite pièce à l’écart de la salle d’audience, lors d’une pause au cours de son deuxième procès, à l’automne 2015, au palais de justice de Saint-Jérôme. À droite, ses avocats, Pierre et Guy Poupart, et leur assistante. (Photo: Ivanoh Demers/La Presse)

« Traits obsessionnels, dépendants et évitants », « traits narcissiques édulcorés », « une certaine immaturité »…

La personnalité de Guy Turcotte a été analysée, décortiquée, scrutée au cours des dernières années. Plus d’une quinzaine de psychiatres et de psychologues ont traité ou évalué l’ex-cardiologue. Certains ont eu pour tâche de lui prescrire des médicaments pour stabiliser son état. D’autres de donner devant le tribunal leur avis sur son état mental ou sa dangerosité.

Ils ont produit quantité de notes et de rapports, dont beaucoup ont été déposés en preuve à différents moments du processus judiciaire ou rédigés pour étayer des décisions. Ceux que j’ai obtenus font, ensemble, au moins 180 pages.

La lecture de ces documents permet de plonger dans la psyché de cet homme en apparence ordinaire devenu, du jour au lendemain, un tueur.

Les membres de la Commission d’examen des troubles mentaux chargés d’évaluer son cas ont bien résumé l’un des traits dominants de sa personnalité : « Il a, depuis toujours, de la difficulté à gérer ses émotions. Sa façon de le faire consiste surtout à essayer d’éviter de les confronter », ont-ils écrit dans une décision rendue à son égard le 5 juin 2012. Guy Turcotte, alors détenu à l’Institut Philippe-Pinel de Montréal à la suite de son premier procès, avait présenté une demande de libération. Elle lui a été refusée […]

L'affaire Turcotte retrace toutes les étapes d'une saga judiciaire qui aura marqué la décennie et met en lumière les questions cruciales qui demeurent en suspens.
L’affaire Turcotte retrace toutes les étapes d’une saga judiciaire qui aura marqué la décennie et met en lumière les questions cruciales qui demeurent en suspens.

Six mois plus tard, Guy Turcotte avait commencé à rencontrer une psychologue, Tiziana Costi, à raison d’une heure par semaine, et il semblait avoir compris que ladite thérapie serait longue. « Chaque semaine, on parle de ma détresse, de mes émotions. Le travail n’est pas fini », a-t-il dit le 12 décembre 2012, alors qu’il demandait à être libéré une deuxième fois. Assis devant une petite table face aux commissaires, dans le parloir de l’Institut Philippe-Pinel, un vaste local transformé en salle d’audience pour l’occasion, Guy Turcotte parlait d’une voix assurée : « Avant, je me bloquais. Tout ce qui fait peur, ce qui fait mal, je ne touchais pas à ça. Ce n’est plus ça aujourd’hui. En 2008, je ne faisais rien. Je m’affalais comme un abruti qui ne fait rien avec un problème. »

De la salle, on n’apercevait que le dos de sa veste noire et ses cheveux foncés coupés en brosse. La trentaine de personnes présentes — surtout des jour­nalistes et des proches de Guy Turcotte — écoutaient attentivement. Isabelle Gaston et sa mère aussi. Elles avaient, à dessein, laissé deux rangées de distance entre elles et l’ex-belle-famille d’Isabelle.

Guy Turcotte a raconté que c’est une luxation de la cheville, survenue quelques mois plus tôt en jouant au volleyball, qui avait tout changé. Pendant six semaines, il s’était retrouvé la jambe dans le plâtre, en fauteuil roulant. Une situation extrêmement anxiogène de son point de vue, car il ne pouvait plus s’échapper dans l’activité physique pour éviter d’avoir à démêler la pelote de ses émotions.

« En plus d’être en détention, j’étais immobile. J’ai trouvé ça très difficile », a-t-il dit. « Jusqu’à cette luxation, vous étiez encore en fuite ? » a demandé un commissaire.

L’affaire Turcotte – Les dessous de la saga judiciaire de la décennie, par Catherine Dubé. Livre disponible en librairie et en version numérique.

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2 commentaires
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Nous avons entendu et vu seulement Madame pleurer et parler contre lui…..mais ELLE qu’elle sorte de femme et épouse était-elle? Avons-nous entendu la version de M. Turcotte….lui qui adorais ces enfants, quelle sorte de vie familiale avait-il avec sa charmante épouse??????? Comment était-elle madame????? Une bonne mère???? Une
bonne épouse? Une femme familiale? Une respectueuse de son mari et de ses enfants? Est-ce qu’elle sortais pour allé voir d’autre monsieur…..Comment a-t-elle rencontré son présent copain?…..est-ce en respectant son époux et ses enfants? Est-ce que la loi rendra public cela et la version jamais entendu de M. Turcotte? Un père qui adore ses enfants et qui tuent ses enfants est-ce que ça viens tout d’un coup dans la tête d’un homme ou bien sa vie familiale avec Madame n’allais pas bien selon sa volonté à elle? Comment était-elle Madame la fine, la douce, la gentille, la sincère, la bonne maman! Comment était-elle avec ses enfants et M. Turcotte et son chez-eux? Allez justice, vous savez comme moi qu’il y a 2 côtés à une médaille n’est-ce pas!

P.S.: Je ne pardonne pas le geste de Monsieur (pas du tout)…mais il y a une raison à toute chose! Est-ce que la justice nous la fera connaître???????????????

Tous les assassins du monde pensent que c’est pas vraiment de leur faute que si untel et untel auraient été plus gentils, plus honnêtes, etc.qu’ils n’auraient pas posé leur geste.
C’est plus facile que de penser que la plupart des gens arrivent à survivre devant l’adversivité, les moqueries, la jalousie, la honte etc.sans tuer.

Pourquoi lui n’est pas allé chercher de l’aide. Personne n’était mieux placé que lui pour le faire étant médecin entouré de tout un réseau d’aide.

La méchanceté c’est celui qui tue qu’il croie son geste justifiable n’importe peu…tous les terroristes le pensent aussi.
J’ai peine à réaliser tout l’horreur que ses enfants ont ressentis en réalisant que celui qui devait les protéger du monde met fin à leurs vies.

Celà reste pour moi la pire de toute les trahisons!