Liza Minnelli : les « Confessions » d’un plumeau

Je me souviens d’un article paru il y a au moins 20 ans dans (feu) L’Événement du jeudi, qui commençait ainsi : « Au repos, c’est une sorte de plumeau posé sur un tabouret. » Mais la journaliste s’empressait d’ajouter qu’il suffisait de deux accords de Gershwin pour que le vilain petit canard se transforme en cygne doué pour les claquettes et les chansons à trilles. Il s’agissait bien sûr de Liza – « with a z » – Minnelli qui portait des faux cils si longs qu’ils chatouillaient la face des spectateurs des premiers rangs.

Fille du réalisateur Vincente Minnelli et de la légendaire chanteuse Judy Garland – des racines pareilles peuvent vous faire pousser tout croche –, elle a trouvé son identité entre spectacles incandescents, cures de désintoxication et régimes miracles. Et grâce à un rôle prodigieux, celui de Sally Bowles dans Cabaret (1972), film musical de Bob Fosse.

Franchement, je pensais Liza Minnelli rangée des voitures, sortant de-ci de-là pour une apparition bien tarifée dans un gala de bienfaisance ou pour des retouches à sa chirurgie esthétique, et je vois qu’elle chante au Festival international de jazz de Montréal. C’est le concert le plus cher de la programmation : 118,31$, ce qui représente un pourboire pour une entertaineuse de sa trempe, comme il s’en faisait des surdouées à une certaine époque (ne lisez pas cette remarque comme une bouffée de nostalgie, je regarde Star Académie comme tout le monde). L’Américaine va chanter ses canons et les titres de son dernier album, Confessions (2010). Bien sûr, la voix a dévalé quelques marches, le visage est moins expressif, la jambe moins alerte, mais la gouaille respire encore.

Salle Wilfrid-Pelletier (Place des Arts), à Montréal, le 5 juillet, 514 842-2112.

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