Luc Langevin, l’illusionniste

Épatés, les voisins de table. Luc Langevin vient de tordre le collet d’une fourchette que je tenais pourtant dans ma main ! À la télé, il frappe plus fort : il fait tourner son bras à 360 degrés, plonge ce même bras dans l’image diffusée par un téléviseur, attache ses lacets sans y toucher et lévite comme d’autres se préparent un café. À 12 ans, il donnait des spectacles dans les garderies ; à 26 ans, il anime sa propre émission, Comme par magie, l’une des plus populaires d’ARTV. Langevin est titulaire d’un bac en génie physique, d’une maîtrise en optique et poursuit un doctorat en biophotonique.

Luc Langevin, magicien / Photo : Jocelyn Michel
Luc Langevin, magicien / Photo : Jocelyn Michel

Toutes ces études pour devenir… magicien ?

– À six ans, je savais ce que je voulais faire plus tard. Comme il n’existe pas de formation en magie au cégep ou à l’université, je me suis dirigé vers ce qui, pour moi, en était le plus proche : les sciences. Mes études m’ont permis d’assouvir ma curiosité (Pourquoi le ciel est- il bleu ?, etc.) et de me mettre en contact avec des phéno­mènes physiques qui me servent pour créer des illusions.

Comment avez-vous mis au point vos techniques ?

– Enfant, avec des kits qu’on trouve en magasin. À 18 ans, j’ai été admis à l’Association des magiciens professionnels et amateurs de Québec, un cer­cle d’initiés qui échangent des tours, des idées de présentation. J’y ai appris des trucs avec lesquels je n’aurais pas pu me familiariser autrement.

Vous ne créez pas vos numéros ?

– Pour l’émission de télé, j’invente au moins un tour à chaque fois. Pour le reste, je puise, comme la majorité des magiciens, dans le répertoire, que j’adapte à ma personnalité, à mon approche scientifique et à ma spécialité : la micromagie.

On ne vous verra donc jamais scier une personne en deux ?

– En regardant travailler Alain Choquette, j’ai découvert que ce ne sont pas les tours les plus flamboyants qui étonnent le plus les spectateurs, et que le charisme se révèle le meilleur truc du magicien. Il m’arrive de créer des illusions tellement convaincantes que des adultes, sachant très bien que la magie n’existe pas, se mettent à douter : « Est-ce que ça se pourrait qu’il plie du métal, juste par la pensée ? »

Soyez franc. Dans votre émission, qui est le vrai magicien : vous, le caméraman ou le monteur ?

– Quand on voit un numéro impressionnant, on peut se demander s’il n’est pas « arrangé avec le gars des vues », s’il n’y a pas eu un trucage à la postproduction. Mais je vous garantis que les télé­spectateurs voient exactement la même chose que les gens devant qui je m’exécute.

Allez, expliquez-nous le truc de la fourchette.

– Même si je vous l’expliquais, vous ne sauriez pas le faire, car il demande beaucoup de pratique. Je ne possède pas la faculté d’appliquer une force à distance sur les objets, mais je vous ai donné l’illusion que j’en étais doué, puisque la fourchette était réellement tordue. J’ai mis des mois pour réussir.

Contrairement à la plupart des magiciens, vous vous produisez en manches courtes. Où vont les objets que vous faites disparaître ?

– Dans le cosmos ! Comme les gens suspectent les manches des magiciens, j’ai décidé, tôt dans mon apprentissage, de ne jamais y avoir recours.

Vous demeurez toujours à Québec, même si vous travaillez de plus en plus à Montréal.

– Sur un tapis volant, l’aller-retour se fait tout seul !

Comme par magie, à ARTV du 5 au 7, le 12, du 15 au 18, les 22 et 23 déc., et du 28 déc. au 1er janv. Émission spéciale à Radio-Canada le 17 déc. (puis à ARTV le 3 janv.) Comme par magie 2 sera en ondes au printemps.

Le site web de Luc Langevin

 

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