Ma (deuxième) semaine de télé

On m’a toujours dit de tourner ma langue sept fois dans ma bouche avant de parler et de regarder deux épisodes d’une émission avant de la commenter. C’est fait.

Les bobos. Tous les ramenards en prennent pour leur rhume et leur écharpe griffée dans Les bobos, série à la fois caricaturale, jubilatoire et parfaitement crédible de Marc Brunet. Sapés comme les vitrines de Simons, Étienne et Sandrine – Marc Labrèche et Anne Dorval, deux délices – sont touchants de prétention. Après la première émission, je me suis demandé : « À qui ce petit bijou absurde s’adresse-t-il ? » BBM m’a rassuré : près de 450 000 téléspectateurs ont répondu : « À nous autres ! »  Un succès pour Télé-Québec. Mais le vendredi, à 20 h, est-ce bien raisonnable comme jour et heure de première diffusion ? [AJOUT : j’apprends que quelque 272 000 personnes ont regardé le deuxième épisode. Euh.]

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Les Parent. L’écriture reste aux aguets dans cette série qui ne semble pas vouloir s’essouffler même si on se dit qu’elle doit bien avoir fait le tour des situations. Eh bien non : on aime voir grandir et se chamailler Olivier (Raphaël Grenier-Benoît) et Zacharie (Louis-Philippe Beauchamp), mais on trouve que Joey Scarpellino, qui joue l’aîné Thomas, et qui a fait grossir ses muscles et son ego au fil des saisons, se regarde un peu trop jouer pour être totalement convaincant. En cousin de la famille, et dans son propre rôle, Kevin Parent a prouvé qu’il prenait très bien la lumière et savait dire son texte, mais que cela n’en faisait pas un acteur, même s’il tourne ces temps-ci, en Gaspésie, dans La maison du pêcheur, d’Alain Chartrand.

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Unité 9. On a mis en place les personnages, on a montré le folklore carcéral (menottes, cellules, fouille à nu, etc.), on a pu apprécier le talent fabuleux des comédiennes (Guylaine Tremblay, Céline Bonnier, Micheline Lanctôt, etc.), mais après deux heures d’exposition, il serait temps qu’on nous envoie l’intrigue. Aperçu Patrice L’Écuyer dans la salle d’audience à la première émission. Bonne nouvelle, ce retour au jeu. Hâte de connaître son rôle dans l’histoire.

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Tu m’aimes-tu ? Les hommes pleurent (du moins Fred, alias Sébastien Huberdeau, qui vit un gros chagrin d’amour) dans cette comédie romantique – genre pas facile à manier – que traite Podz à sa manière arty. À voir pour la brillance dans les yeux de Magalie Lépine-Blondeau et pour le couple formé par Steve Laplante et Isabelle Blais qu’on sent au bord de la déflagration.

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Adam et Ève. La critique est dure pour Claude Meunier, qui a eu le malheur d’écrire la série la plus drôle et la plus regardée de l’histoire de la télévision (La petite vie). Tout ce qu’il fait depuis est jugé à l’aune de son travail passé. Si Adam et Ève contient un bon potentiel drolatique, il est vrai que la mécanique se grippe sur le mélange des genres, le réalisme et l’absurde se bataillant avec la dérision et la comédie dramatique. Les acteurs principaux (Sophie Cadieux et Pierre-François Legendre), qui n’étaient peut-être pas le premier choix de l’auteur-réalisateur, sont parfaits, une fois qu’on a accepté leurs perruques et certains vieillissements, mais leurs enfants – Marilyn Castonguay et Simon Labelle-Ouimet –  jouent dans un autre registre, sinon dans une autre émission, et Marc Messier nous ramène quelque chose du Réjean de La petite vie, ce qui fait qu’on ne sait plus trop où on est. Mais on regarde sans honte et on rit souvent de bon cœur.

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En thérapie. Bien joué et tout et tout. Mais pourquoi adapter, fût-ce par Nadine Bismuth, une télésérie américaine (In Treatment, elle-même adaptée d’une série israélienne) de fraîche date et facilement accessible en DVD ? Si c’est pour faire travailler nos comédiens, on est bien d’accord, et pourquoi pas, une fois parti, le réalisateur Pierre Gang, accessoirement directeur de la programmation de TV5 Québec Canada, qui met à l’antenne les épisodes de son cru cinq soirs semaine !

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Mauvais karma. Dans les deux premiers épisodes, on dirait que l’excellente Anick Lemay (Sarah) a récupéré le punch des répliques que Kim (Julie LeBreton) a perdu en arrêtant de boire. (Rassurez-vous, la blonde affûtée recommence, on l’a vue se servir un verre à la fin du second épisode.) Le format d’une heure n’a pas entamé le sens de la repartie et de la riposte qui claque de l’auteure Isabelle Langlois. Les péripéties palpitent toujours, mais il reste que Sarah, Kim et Nathalie, engoncées dans l’habit trop étroit de leurs personnages respectifs, ne peuvent pas évoluer, ce qui les condamne à une fin prochaine, d’ailleurs annoncée par l’auteure. En belle-mère poison aux mèches changeant de couleur, Louise Latraverse fait bel effet.

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L’auberge du chien noir. Après 11 saisons, ça sent l’usure.

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Je sais, à part Les bobos et En thérapie, tout ça sonne plutôt Radio-Canada, mais je vous promets que je vais apprendre à compter jusqu’à TVA.

 

 

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Pas surprenant que les Bobos aient pris une « plonge » dans les cotes d’écoute…. redites, sketches qui tombent à plat, la « couette » de Marc Labrèche, fébrilité des deux héros qui, à la longue, tombent sur les nerfs… moi je ne suis « pus capable »!