Magalie Lépine-Blondeau : le tourbillon de la vie

Un jour de novembre, et vous prenez un verre de pinot chilien avec Magalie Lépine-Blondeau. L’ourlet des lèvres, le rire copieux, la chemise à carreaux, de grands yeux ouverts sur la vie : la voilà synthétisée. Elle complète le tableau : « Je suis passionnée, fragile sous le cuir, un peu intense. » Une actrice, à n’en pas douter.

Elle n’a pas chômé depuis sa sortie de l’École nationale de théâtre, en 2005. Les jeunes l’ont adorée en animatrice de R-Force et de Fan Club (VRAK.TV) ; les adultes l’ont adoptée dans 19-2, télésérie réalisée par Podz. Elle a 29 ans, l’âge des gros plans.

Photo : Jocelyn Michel

Magalie jongle avec plusieurs balles : théâtre, cinéma, télévision, animation, doublage (déjà  quelque cent films dans la voix). « L’occasion de me frotter à des personnages qu’on ne penserait pas à me confier. »

Elle réclame des rôles complexes, ondoyants, qu’elle souhaite augmenter d’une composition, si petite soit-elle, d’ordre physique ou linguistique. « Ce sont des personnages masculins qui m’ont donné le goût de faire ce métier, à commencer par Cyrano. Je ne me voyais pas en Roxane. »

Elle a applaudi sa première pièce au palais de Chaillot, à Paris, en 1993: Les fausses confidences, de Marivaux, avec Nathalie Baye. « En sortant, j’ai dit à ma mère : “Un jour, je vais jouer avec Nathalie Baye.” » Pari presque tenu : elle n’échange pas de répliques avec l’actrice française, mais elles se croisent sur le plateau de Laurence anyways, le nouveau film de Xavier Dolan.

Parfaitement bilingue, Magalie parle aussi le créole et l’espagnol, se débrouille en malais. Elle embrasse le monde : 25 voyages au cours des dernières années, principalement en Asie du Sud-Est et en Amérique du Sud. « Je peux partir deux mois avec un minisac à dos et me retrouver une semaine à Paris avec un effarant surplus de bagages. » Tentée par une carrière internationale et en même temps heureuse de se construire ici. « Chaque fois que je m’en vais, il se présente quelque chose. » Elle vibrait à Hongkong quand Serge Denoncourt lui a proposé un rôle dans Il campiello, de Goldoni : sa Lucietta a soulevé l’enthousiasme. Le metteur en scène la dirige cette fois dans Ana, pièce sur la dépression féminine défendue par des interprètes du Québec et d’Écosse. Au printemps, on la verra dans Bo$$é inc., film de Claude Desrosiers, avec Guy A. Lepage. Après ? On n’est pas inquiet pour elle.

Ana, Espace Go, à Montréal, du 22 nov. au 10 déc., 514 845-4890.