Martin Bilodeau, le gars des vues

Prolégomènes : Martin Bilodeau (lisez mon autre entretien avec lui) possède un baccalauréat en Communications, option journalisme (UQAM) et une maîtrise en histoire de l’art, option Études cinématographiques (UdeM).

Quelle est votre définition d’un bon film ?

Celui qui ne comporte aucune marque d’effort et qui trace son chemin en ligne directe jusqu’au spectateur.

Quel film vous a procuré votre première émotion artistique ?

À 15 ans j’ai vu Fanny et Alexandre, d’Ingmar Bergman, et j’ai été soufflé. Une vraie émotion, que j’étais incapable d’analyser à l’époque. J’ai compris depuis que le film porte sur la naissance de l’imaginaire en lien avec la découverte du cinéma (ou la lanterne magique employée dans le film). J’ai découvert par la suite que j’adore les films qui parlent de la magie du cinéma, au sens propre ou figuré. La rose pourpre du Caire, de Woody Allen, est un de mes films préférés.

Coup de cœur récent ?

J’ai vu à Berlin un film extraordinaire, César doit mourir, des frères Taviani : des détenus d’une prison à sécurité maximale de Rome jouent Jules César, de Shakespeare. Les murs de l’établissement tiennent lieu de décor de la Rome antique, et le film dresse sans forcer des parallèles émouvants entre les personnages (Brutus, Cassius, etc.) et ces détenus issus pour la plupart de la mafia ou de la Camorra.

Ce que vous pensez du cinéma québécois des dernières années en… 140 signes ?

Il est enfin sorti de l’adolescence et, par son universalité, brille dans le monde. Un vrai bonheur de voir ça.

Vos réalisateurs préférés ?

Bergman et Woody Allen, ça va de soi, mais aussi François Truffaut, David Fincher (Le réseau social), Philippe Falardeau.

Quelques-uns de vos films cultes ?

Au risque de me répéter : Fanny et Alexandre, La rose pourpre du Caire. Atonement, de Joe Wright, est un de mes coups de cœur des dernières années. Je ne suis pas très culte, cela dit.

Fréquenter autant de films donne-t-il envie d’en réaliser un ?

Jamais de la vie.

Réalisateur/trice, acteur/trice que vous auriez aimé interviewer ?

Jane Fonda, Simone Signoret, François Truffaut, Ingmar Bergman, David Fincher, Pedro Almodóvar.

Votre plus belle rencontre à ce jour ? Et la pire ?

La plus belle reste Jeanne Moreau, le 12 septembre 2001 à Toronto. Les attentats du WTC avaient mis le festival à l’arrêt, la presse américaine avait fui la ville, une case s’était libérée dans son horaire. Un moment magique avec une femme brillante et généreuse, qui faisait la promotion de Cet amour-là, dans lequel elle jouait Marguerite Duras.

La pire, j’ai le regret de le dire, a été Marie Trintignant au Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue, pour le film Comme elle respire, de Pierre Salvadori. Je n’avais pas beaucoup aimé le film et n’avais pas su le cacher. Elle et son réalisateur s’étaient braqués. Mauvais souvenir.

Le film à surveiller au cours des prochaines semaines ?

Rebelle, de Kim Nguyen, qui prendra l’affiche le 20 avril. C’est un film à voir absolument, et une belle illustration de la nouvelle maturité du cinéma québécois.

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