Matthew Herbert – One Pig

Pour son disque One Pig, Matthew Herbet a traîné ses micros dans une ferme pour y documenter… la vie d’un porc.

Dans le monde de la musique électronique, Matthew Herbertfait figure de savant fou. On l’a déjà vu transformer en musique les sons du corps humain et partir en tournée avec des cuisiniers. Pour son disque One Pig, il a plutôt traîné ses micros dans une ferme pour y documenter la vie d’un porc.

Dans la pièce « August 2009 », on entend l’animal naître, un moment beaucoup plus silencieux qu’on ne l’aurait cru. Dans « August 2010 », on l’entend être cuisiné et mangé. Entre les deux, Herbert suit les changements dans la vie de l’animal. Quand on le met derrière des barreaux de fer, par exemple, la musique prend un ton plus métallique. Et c’est normal, puisqu’elle n’est faite qu’à partir des sons que Herbert a pu recueillir.

Habituellement, les musiciens électroniques échantillonnent d’autres musiques ou se servent de boîtes à rythme et de synthétiseurs. Herbert, lui, s’oblige à n’utiliser que des sons qu’il enregistre lui-même. Il les manipule souvent jusqu’à les rendre méconnaissables, mais il n’a pas peur d’en laisser bon nombre intacts. Le disque est donc truffé de grognements d’animaux et de bruits d’ambiance.

Avec ses pièces sombres, ses gargouillements et ses moments presque silencieux, One Pig est une œu­vre qu’il vaut mieux faire jouer dans ses écouteurs et à laquelle on doit se donner entièrement. Quant à Matthew Herbert, c’est un musicien à écouter pour qui aime voir jusqu’où la création peut être poussée tout en demeurant accessible.

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