La meilleure musique de 2014

Vos oreilles ont-elles passé une bonne année ? Celles de L’actualité, oui — gracieuseté des 30 disques que les chroniqueurs Mathieu Charlebois et Mourad Mabrouki présentent ici !

CultureVos oreilles ont-elles passé une bonne année ? Celles de L’actualité, oui — merci aux 30 disques que nous vous présentons aujourd’hui.

De la chanson, du rock, de l’électro, du rap, du jazz, du folk, du pesant, du léger, du pop, du sombre : il y a un peu de tout, et ça rend le classement impossible. Aussi bien comparer des pommes avec des oranges et un camion de pompier.

C’est pourquoi nous vous proposons deux palmarès : la courte liste de nos 10 grands favoris, et la longue liste de ceux qui y ont échappé de justesse. Les deux sont en ordre alphabétique.

Ne laissez pas les nostalgiques vous convaincre que tout était meilleur avant. De la bonne musique, il s’en fait encore. Beaucoup. Ouvrez vos oreilles et gardez-les ouvertes en 2015.

Bonnes découvertes !

Mathieu Charlebois (l’ancien chroniqueur musique)
et Mourad Mabrouki (le nouveau chroniqueur musique)

2014

Nos 10 grands favoris

Damon Albarn – Everyday Robots

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Damon Albarn a un CV de musicien bien rempli et une vingtaine d’albums au compteur. Pourtant, Everyday Robots est le premier sous son propre nom.

En solo, il semble, justement, bien seul. Les orchestrations sont dépouillées : un piano à l’arrière, une guitare acoustique, une boîte à rythmes, quelques percussions. La voix traînante d’Albarn se pose sur le tout, dans des textes qui explorent notre relation avec la technologie — notre vie de petits robots du quotidien, avec nos téléphones, appareils photo et lecteurs MP3.

Ce recueil de chansons tristes, simples et très belles force un constat : Damon Albarn n’a pas besoin d’une armée de collaborateurs pour être brillant.

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Alvvays Alvvays

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Ont-ils mis une drogue dangereusement addictive dans la musique du premier album de ce groupe ontarien ? Parce que, franchement, c’est tout comme. Sitôt découvert, on y revient encore, encore et encore.

Pourtant, l’album n’invente rien, avec sa pop mélodique qui rappelle Belle and Sebastian ou Camera Obscura, mais avec plus de synthétiseur et de distorsion. La chanteuse chante presque comme si elle s’ennuyait, par moments. Et pourtant, et pourtant… on se le remet en boucle dans les oreilles.

On va donc mettre ça sur le dos les mélodies accrocheuses, mélangées avec une attitude un peu shoegaze et un brin de cette magie qui ne s’explique pas, et on va peser sur «Play» une 253e fois. Cette semaine.

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Antoine Corriveau Les Ombres longues

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Le deuxième album du Montréalais Antoine Corriveau est lourd, rugueux, dense et, surtout, sombre. Aucun rayon de lumière ne vient éclairer la mine que creuse Corriveau. Les ombres longues n’est pas un album de compromis, et c’est tant mieux.

Son folk pesant avance à la vitesse de quelqu’un qui marche le dos courbé. À l’écoute, on revit les moments lourds qui ponctuent la vie de tout un chacun, ces moments où la lumière est basse et lointaine, dessinant des ombres longues sur le sol.

Un album qui vire le cœur à l’envers, à grands coups de textes bien ficelés et de chansons qui prennent leur temps. On aurait fait un palmarès de cette liste, Antoine Corriveau aurait trôné dans les hautes sphères.

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First Aid Kit – Stay Gold

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Originaires de Suède, les sœurs Johanna et Klara Söderberg semblent pourtant avoir dans leur ADN l’Amérique de Johnny Cash et d’Emmylou Harris, celle de Nashville et des harmonies à la Everly Brothers.

Sur Stay Gold, leur troisième album, elles enrobent leurs chansons et leurs voix dans de riches orchestrations. Amenez-en, des violons, des flûtes, des guitares et du lapsteel : il y a de la place pour tout le monde ! Le résultat est dynamique, robuste et loin des plaines vaporeuses où trop de chanteuses folks (et de chanteurs aussi, bien sûr) décident de flotter.

Les paroles sont peut-être un peu simplettes pour la richesse des arrangements, mais le tout est si bien chanté qu’on leur pardonne facilement.

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Pierre Kwenders – Le dernier empereur bantou

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Pierre Kwenders a sculpté Le dernier empereur bantou avec un toucher d’orfèvre ; un disque combatif, émouvant et dansant, taillé aussi bien pour une écoute intimiste que pour le concert.

Venu présenter son Afrique et sa culture à l’Occident, Kwenders met à l’honneur son Congo-Kinshasa natal et toutes ses influences : rumba et soukouss congolais, airs traditionnels qui rappellent Papa Wemba, et pop africaine moderne. Le tout est habilement teinté de soul, d’électro, de hip-hop et d’un chant sur courant alternatif qui fait de ce premier album une pièce brûlante ; un disque qui fait mouche, entre hochements de tête frénétiques et frissons de l’âme.

Pourvu que ça dure.

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Chloé Lacasse – Lunes

Chloé-Lacasse---Lunes

Dès le début, on sait qu’on va faire un beau voyage sonore. Les très bonnes chansons — comme «Rien pour moi», «À pas lents» ou «Renverser la vapeur» — profitent du talent des réalisateurs, Antoine Gratton et Chloé Lacasse, aussi créatifs qu’efficaces.

Claviers, cuivres, cordes et voix créent des textures et des ambiances planantes, mais énergiques. La voix, elle, est puissante et claire, rappelant un peu Marie-Pierre Arthur, en plus lisse.

Pourquoi n’a-t-on pas plus entendu parler de ce disque en 2014 ? Mystère. Si les lunes de Chloé Lacasse éclairent à ce point, on a hâte de voir ses soleils.

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Salomé Leclerc – 27 fois l’aurore

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Le deuxième disque de Salomé Leclerc pourrait être vendu en coffret avec celui d’Antoine Corriveau. C’est un disque dense et profond, qui occupe entièrement l’espace de la pièce où on le fait jouer, et qui pénètre nos pores jusqu’à notre cœur.

Portées par la voix riche et habitée de la musicienne, ces chansons sombres et lumineuses à la fois nous hantent et nous habitent.

La liste de noms au générique est réduite au minimum, Leclerc et Brault se chargeant des guitares et des claviers, qui tiennent le haut du pavé dans les orchestrations. S’ajoute parfois un batteur ou un tromboniste, pour la couleur orchestrale et pour donner de l’ampleur quand l’émotion le demande.

Et les textes ? De la même eau que le reste : magnifiques.

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Monogrenade Composite

Monogrenade---Composite

Les Montréalais de Monogrenade suscitent curiosité et impatience depuis Tantale, en 2011, déjà très bien accueilli, et particulièrement encensé. Avec Composite, Jean-Michel Pigeon et son groupe ont composé un album rétrofuturiste ; une pièce égarée dans l’espace-temps.

D’un côté, les synthétiseurs au son chaud, les cordes si chères au groupe et les instruments classiques se panachent à merveille avec les sonorités électroniques. De l’autre, l’esprit très orchestral qui se dégage de l’album est le fil rouge d’une odyssée de l’espace musicale hypnotique.

Jamais aussi bons que lorsqu’ils se laissent le temps, les longs instrumentaux — et, parfois un certain minimalisme esthétique — sont même propices à l’introspection. Objectif Lune.

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The Barr Brothers – Sleeping Operator

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Cet album donne envie de s’y blottir et de verrouiller les portes. Un écrin cotonneux, un folk suave et addictif, et des influences blues où le groupe puise ses racines depuis toujours.

De leur goût prononcé pour le voyage, les Barr Brothers ont gardé une envie boulimique de découvrir de nouveaux instruments. Une musique hybride, donc, entre cor français, marimba, tympanon et n’goni (un instrument à cordes pincées d’Afrique de l’Ouest).

Les frères Barr (à la voix et à la guitare), la stupéfiante harpiste Sarah Pagé et le pianiste et bassiste Andrés Vial ont su imposer leur griffe. À la fois cérébral et désintéressé, propre sur lui et caractériel, Sleeping Operator, c’est quelques frissons et beaucoup de vertiges.

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Viet Cong – Cassette (EP)

Viet-Cong---Cassette

Viet Cong, un groupe de Calgary, a pris la bonne habitude de livrer des brûlots dévastateurs, à l’image des sept titres de Cassette. Entre les fulgurances rock et punk de l’instant, acides et corrosives à souhait, il se passe à l’évidence quelque chose d’hypnotisant.

Le chanteur Matt Flegel et le batteur Mike Wallace (anciens du groupe Women), entourés des excellents guitaristes Scott Munro et Daniel Christiansen, sortent leur premier album sort début janvier, dont voici un extrait. Et ça promet.

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La longue liste

Adult Jazz – Gist is

Le premier effort des quatre musiciens de Leeds, en Angleterre, a été longuement mûri et patiemment affiné, pour déboucher à mi-chemin entre un folk expérimental et un jazz presque acoustique. Une invitation au voyage et une vraie prise de risques, qui donne l’impression de marcher sur un fil. D’un côté, le groupe frôle constamment l’improvisation, en jouant de manière très instinctive ; de l’autre, la musique est profondément cadrée, réfléchie, ce qui en fait un album imprévisible.

Aphex Twin – Syro

Avec ce retour à l’avant-scène, on aurait voulu que le génial Aphex Twin casse tout et réinvente le monde encore une fois. Ce sera peut-être pour la prochaine fois. N’empêche, Aphex propose ici son album le plus accessible. Accessible… voilà un mot qu’on ne pensait jamais accoler à ce musicien, et c’est suffisant pour le placer dans cette liste.

Philippe B – Ornithologie, la nuit

Après le moment de grâce qu’a été son album Variations fantômes, Philippe B devait sentir une pression assez forte. Plutôt que de refaire le même disque, il a décidé d’apprêter différemment sa recette. Si on est encore touché par la poésie de monsieur B, on sourit aussi parfois devant son ton décalé. Il n’a pas refait Variations, donc, mais on crie quand même «encore !».

Beck---Morning-PhaseBeck – Morning Phase

En 2002, Beck soignait une peine d’amour avec Sea Change, un album de ballades folk mélancoliques. Douze années et quelques disques plus tard, Beck revisite volontairement son univers : mêmes ambiances, mêmes sons et même style de réalisation, mais avec de nouvelles chansons. Si, au cinéma, la suite est généralement moins bonne que l’original, Morning Phase est pour sa part tout à fait à la hauteur.

Philémon Cimon – L’été

Enregistré en quelques jours, le nouvel album de Philémon possède la même spontanéité que le précédent, et on y entend la même voix si particulière. Il contient également son lot de chansons lentes et tristes, mais il explore aussi des recoins rock et joyeux qu’on n’aurait pas cru le musicien enclin à visiter. L’été est un objet imprévisible, pas toujours égal, mais témoin d’un artiste à la démarche rafraîchissante.

Dakhabrakha – Light

Le groupe n’a pas sorti d’album cette année, mais voilà une belle découverte de la fourmillante scène musicale ukrainienne, à la lumière des événements survenus dans ce pays, cette année. Ses quatre membres ont d’abord parcouru les villages de l’arrière-pays pour y collecter les chansons auprès des «anciens». Puis, ils ont remodelé cette matière première en y intégrant des influences musicales contemporaines, indiennes, arabes ou européennes. Une greffe réussie.

Mamadou Diabaté – Griot Classique

Issu d’une grande lignée de griots, le Malien Mamadou Diabaté est, à juste titre, considéré comme l’un des meilleurs joueurs de kora — cette harpe à 21 cordes, typique de la civilisation mandingue. Avec Griot Classique, dédié à son père et à Nelson Mandela, attendez-vous à quelques papillons dans le ventre, mais surtout à un apaisement troublant. Mélodique, méditatif, parfois dansant, entre respect de l’héritage musical et nouveau souffle, voici encore un disque dont on s’amourache vite. Très vite.

Toumani Diabaté et Sidiki Diabaté – Toumani & Sidiki

Deux virtuoses de la kora, un père et son fils, dialoguent en studio. Du déluge de notes qui vient avec cette harpe africaine émergent des mélodies aussi belles qu’accrocheuses. On se sent privilégié de pouvoir assister à cette conversation père-fils par instruments interposés.

The Franklin Electric – This Is How I Let You Down

This Is How I Let You Down est sorti trop discrètement, il y a deux ans. Le revoici, réenregistré, réarrangé et resculpté. Cette nouvelle mouture a tous les ingrédients pour vous faire chavirer, avec ses arrangements piano-guitare-trompette aussi efficaces que touchants de justesse. La bande du compositeur et chanteur Jon Matte s’est mise à nu, avec des harmonies langoureuses, des textes qui suintent le spleen et des envolées lyriques exquises. Surtout, ne pas bouder son plaisir.

Stéphanie Lapointe – Les amours parallèles

Quand une interprète sensible et intelligente réunit sur un même album Philippe B, Jimmy Hunt, Stéphane Lafleur, Philémon Cimon, Leif Vollebekk et le génial duo Forêt, n’est-ce pas inévitable qu’il en sorte un album de cette qualité ? Les nostalgiques de la chanson française des années 1960 seront manifestement comblés, mais pas qu’eux. Laissez-vous être surpris.

Ibrahim Maalouf et Oxmo Puccino – Au pays d’Alice

Prenez un trompettiste aux doigts de fée, Ibrahim Maalouf, et un rappeur-poète à l’encre enivrante, Oxmo Puccino. Faites-leur croiser chœurs d’enfants et orchestre, puis revisiter l’inoxydable Alice au pays des merveilles. Un opéra moderne déconnecté du réel, entre idées neuves et préservation de l’œuvre originale ; une nébuleuse onirique jazz rock et classique, avec un swing et un groove qui rendent vite accro. Un miroir déformant exquis pour un voyage déjanté Au pays d’Alice, dont on revient chamboulé.

The New Pornographers – Brill Bruisers

Les belles années du son indie-rock canadien, incarné par Broken Social Scene et les projets de ses membres, semblent derrière nous. Les mélodies à chanter en chœur et les guitares solides de Brill Bruisers en seront-ils l’ultime sursaut ? Si c’est le cas, ç’en sera un très bon.

Patrice-Michaud---Le-feu-de-chaque-jourPatrice Michaud – Le feu de chaque jour

Meilleur album folk de l’année à l’ADISQ ? Un prix tout à fait mérité pour cet album rempli de bonnes chansons, aux paroles remplies d’images fortes, posées sur des mélodies accrocheuses.

Perfect Pussy – Say Yes To Love

La chanteuse de ce groupe de noise-punk a bien beau s’égosiller, on l’entend difficilement dans le magma de guitare et de batterie sous lequel s’agitent, non-stop, d’étranges bruits. D’une durée de 23 minutes, Say Yes To Love est une bombe d’énergie qui profite d’une magie difficile à expliquer.

À essayer, même si la description ci-dessus vous ferait normalement passer votre chemin.

RAC---StrangersRAC – Strangers

RAC, de son vrai nom André Allen Anjos, s’est d’abord fait connaître comme un remixeur de génie. Son premier album de matériel original conserve toutes les qualités de ses remix : c’est efficace, c’est accrocheur, la production est de grande qualité, et ça fait danser les pieds autant que le cerveau.

The Roots – And Then You Shoot Your Cousin

The Roots, l’ultraproductif groupe de rap de Philadelphie, a encore signé une belle pépite avec cet album concept. Plusieurs personnages s’y croisent, dans des récits qui pointent du doigt les clichés propagés par la culture hip-hop et qui lui nuisent, comme un ennemi de l’intérieur. Ce onzième effort ne déroge pas à la règle, entre soul, morceaux déstructurés et explorations sonores — bienvenues dans un environnement musical parfois sclérosé.

St. Vincent – St.Vincent

Décidément, Annie Clark a tout pour elle : c’est une guitariste brillante, un esprit vif et une parolière intelligente, ainsi qu’une compositrice et arrangeure remarquables — sans compter que ses cheveux sur la pochette de son disque homonyme sont incroyables. Ça se danse, ça se rocke, ça se vit dans la tête, mais ça se sent dans les tripes. Et, au final, c’est l’un des meilleurs disques de pop intelligente de l’année.

Marianne-Trudel---La-vie-commence-iciMarianne Trudel – La vie commence ici

La pianiste Marianne Trudel propose toujours un jazz de grande qualité, et cet album mettant en vedette la trompettiste Ingrid Jensen n’y fait pas exception. Les solos sont aussi inspirés que les compositions, et la délicatesse des arrangements n’a d’égal que le doigté de la pianiste.

Neil-Young---A-Letter-HomeNeil Young – A Letter Home

À l’ère du courriel, A Letter Home est comme une lettre écrite à la main, sur du papier. Son son de vieux disque vinyle usé crée une distance, dans le temps et dans l’espace. Neil Young nous parle de ses musiciens préférés, ceux qui l’inspirent, en reprenant Johnny Cash, Gordon Lightfoot, Bob Dylan et les autres. Le résultat est plus chargé en émotion que ne pourrait l’être un enregistrement fait dans le studio le mieux équipé du monde. Comme quoi la qualité du son, c’est très relatif.

Artistes variés – The Hunger Games: Mockingjay Pt. 1

Assemblée par la chanteuse Lorde, cette trame sonore montre que du haut de ses 19 ans, l’Australienne a beaucoup de goût. CHVRCHES, Stromae, Major Lazer, Lorde elle-même et plusieurs autres se succèdent, frappant des coups de circuit de pop intelligente presque à chaque fois. On écoute, et on se dit qu’il y a encore de l’espoir pour notre belle jeunesse.

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Belle liste ! Voici mes choix :

Top 10 anglo :

1. St. Vincent, St. Vincent
2. Perfume Genius, Too Bright
3. The War on drugs, Lost in the dream
4. Angel Olsen, Burn your fire for not witness
5. Spoon, They want my soul
6. Swans, To Be Kind
7. Wild Beasts, Present Tense
8. Sun Kil Moon, Benji
9. Sharon Van Etter, Are we there
10. Flying Lotus, You’re Dead!

Top 3 franco :
1. Antoine Corriveau, Les Ombres longues
2. Salomé Leclerc, 27 fois l’aurore
3. Jean-Louis Murat, Babel

Cinq albums québécois francos pas mal non plus :
Jesuslesfilles, Le grain d’or
Guillaume Beauregard, D’étoiles de pluie et de cendres
Philippe B., Ornithologie
Hôtel Morphée, Rêve Américain
Monogrenade, Composite

Cinq albums « made in Canada » :
The Barr Brothers, Sleeping Operator
Tanya Tagaq, Animism
Timber Timbre, Hot Dreams
Ought, More than any other day
Bahamas, Bahamas is Afie

Chartes spécialisées (comprendre que je n’ai pas beaucoup écouté d’albums du genre):
Métal : Pallbearer, Fundations of burden
Hip Hop : Run the Jewels, Run the Jewels 2
Électronique : Ben Frost, A.U.R.O.R.A
Jazz : Brad Mehldau et Mark Guiliana, Taming the Dragon
Musique du monde : Tinariwen, Emmaar

Il ne faudrait pas oublier, comme je l’ai fait, dans la catégorie des albums québécois, le Valse 333 de Julien Sagot. Une oeuvre créative et qui sort de l’ordinaire, musicalement parlant.

J’ai été un peu déçu de Spoon, pour dire vrai.
Mais Benji, faudra bien que je le réessaie pour vrai. Voilà plusieurs listes que je croise qui le mentionnent.

Merci de votre partage!

Quitte à passer pour un nostalgique biaisé, je prétends que la musique d’aujourd’hui est moche. Je ne parle pas des textes, ni du son, ni des arrangements. Les musiciens d’aujourd’hui sont probablement meilleurs (en moyenne) que ceux d’autrefois, les techniques de studios ne se comparent même pas mais ce sont les mélodies qui sont disparues.

Et je crois savoir pourquoi. Un auteur de 2014 s’assoit à son piano ou prend sa guitare pour composer. Il joue deux ou trois accords et tout de suite, un air lui vient en tête, un air qu’il connait, qu’il peut même dater : période Beatles, Disco, Folk, 1960, 1970, 1980. Alors oups, il change d’accord, il bûche et bûche encore pour trouver quelque chose d’original mais ça semble impossible. Il y a trop de musique dans sa tête, trop d’incroyables « hits », même en juxtaposant des accords les moins probables, ça finit toujours par ressembler à quelque chose de connu.

Alors, comme il doit livrer, il s’en tient à des mélodies insipides et terriblement prévisibles. Il aligne des notes avec comme seul critère que ça ne ressemble à rien de connu.

Si on assemble tous les hits depuis 20 ans, le résultat ne se compare même pas à ce qu’on avait en quelques mois dans les années 1960.

Relisez le début de mon texte, je parle de musique seulement et seulement de mélodie (ce par quoi on retient musicalement un air ou une chanson).

Pierre Cloutier

Il bien beau votre topo mais heureusement pour l’avenir de la création musicale que les parents ne comprennent généralement pas la musique de leurs enfants… Et visiblement c’est bien votre cas donc tout va bien finalement.

Presque totalement d’accord. J’y ajouterais cependant les classiques des années 70 et 80: superbes mélodies, arrangements travaillés et originaux, qui semblent si compliqués à faire aujourd’hui. C’est sûr que si on est moins exigeant, on peut s’en contenter.

Vos parents ont dit la même chose d’Elvis.
Leurs parents ont trouvé que, franchement, Stravinsky ne faisait que du bruit.
Leurs arrières-grands-parents ont trouvée que Beethoven manquait vraiment de retenu.
Etc.

Comme vous avez raison. Et j’ajouterais que les textes sont franchement anémiques. On fait des rimes pour des rimes, sans plus. Et comme disait Soeur Eugène lorsque j’étais en 6eme année : » Articuler Seigneur » !!!

Je crois déceler chez-vous une pointe de mauvaise volonté. Que vous n’ayez retenu que les paroles interprétées par Salvador, ou César et les romains, démontre au moins que les paroles sont éternelles lorsque comprises. Je doute que celles de Corriveau empruntent le même chemin advenant le cas où l’une de ses phrases pourrait être littéralement comprise. Je préfère rire des banalités qui ont été chantées jadis que d’entendre d’autres banalités avec un colt sur la tempe.

La mauvaise volonté se situe plutôt du côté qui déclame, unilatéralement, que toute une génération d’auteurs-compositeurs ne sait ni écrire ni composer.

Comment avez-vous pu passer sous silence l’excellent dernier album de Serge Fiori, gagnant du Félix du meilleur vendeur de l’année et de celui d’album de l’année – adulte contemporain, et qui vient d’être désigné comme le meilleur album francophone de 2014 par iTunes Canada ? Les mélodies plus complexes et vraiment originales, sans parler des textes sensibles et intelligents, sont-ils passés de mode à vos jeunes oreilles ? Vraiment triste !

Comment? Facile : je l’ai trouvé ben ben ben ordinaire. Je l’ai même trouvé gênant par moment. Surtout au plan des textes.

Je sais, je sais : les critiques de plus de 45 ans se sont extasiés. Claude Rajotte, transporté par ses souvenirs du temps où il faisait passer Harmonium à la radio étudiante, lui a même donné une note parfaite. Ce n’est pas un mauvais album, mais… 10/10 ?

Je sais, c’est mal vu de dire qu’on a trouvé ça pas terrible. Je sais, parce que j’en ai parlé dans mon compte-rendu humoristique du gala de l’ADISQ et on m’est abondamment tombé dessus.
http://www.lactualite.com/culture/ladisq-2014-en-17-points-un-peu-de-mauvaise-foi-et-quelques-pa-pa-pa/

Bref, ce n’était vraiment pas du matériel à top de fin d’année pour moi, en tant que critique, bien au-delà de mes goûts personnels.

L’avis ci-dessus ne vaut que pour moi.
Mourad, co-auteur de ce texte, a peut-être adoré Fiori. Je l’ignore.

Mais, monsieur Charlebois, vous auriez dû titrer l’article » Mes musiques préférées en 2014″. Cet article, tel qu’il est présenté, semble être la critique d’un journaliste qui a établit ses choix en fonction de ses goûts personnels et non selon des critères musicaux tels l’accoustique, la compréhension, l’interprétation, la qualité d’enregistrement, la qualité des textes, la logique des harmonies et des accords, etc….

Les critiques, même en utilisant des grilles d’analyse semblables, n’arrivent pas tous aux mêmes conclusion. Rajotte donne un 10 sur 10 à Fiori? Grand bien lui en fasse. Je lui donne plutôt le prix de l’album le plus surévalué de l’année. Un 7 sur 10, peut-être.

Qu’est-ce qui explique ces différences? Le critique est un être humain avec des goûts.
C’est de l’art, pas de la comptabilité.

Alain Brunet, le blogueur-critique de La Presse, ne s’est pas extasié non plus au sujet du Fiori. Et pourtant, celui-ci a plus de 45 ans. On devrait peut-être écouter un peu plus la « dissidence ». Moi non plus d’ailleurs, mais je ne suis pas une critique et j’ai moins de 45 ans… (mais j’ai le plus grand respect pour Harmonium dont j’ai récupéré au moins les albums).

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