Mes excuses, M. Painchaud

Contre Jonathan Painchaud, on entretenait pas mal de préjugés, avant de l’écouter sérieusement: on n’a peut-être pas découvert Léo Ferré, mais un gars sincère, un raconteur d’histoires doublé d’un guitariste qui connaît la musique.

Contre Jonathan Painchaud, on entretenait pas mal de préjugés, avant de l’écoute
photo : Crila Photos

D’abord, m’accuser de mes préjugés contre Jonathan Painchaud: les muscles en vitrine, le tatouage cliché, les cheveux traités à la mousse coiffante, ça faisait trop racoleur à mon goût, ça me décourageait de l’écouter. Dans le livret de son dernier album La dernière des arcades, j’apprends qu’il mange de la réglisse, boit du thé vert, qu’il a une petite fille. C’est fou, ça me l’a rendu immédiatement sympathique. Et j’ai mis son disque dans le lecteur.

Cet album – dix chansons, pas une de plus -, bien fait, coréalisé avec son frère Éloi, montre le champ des possibles de l’auteur-compositeur interprète. Une voix sans attrait particulier, mais des musiques folk-rock chatoyantes, des chansons sifflables sous la douche. Côté paroles, on n’est pas chez Léo Ferré, les images ne se bousculent pas. Il raconte des histoires prosaïques, assorties d’une petite morale, qui rameutent quelques épisodes des jeunes années. Pas de grands textes donc, mais une sincérité, un ton direct et une virilité simple qui font souvent défaut à des artistes beaucoup plus célébrés que lui. Essayez de rester immobile en écoutant «Toujours rebelle» ou «Si t’es vivant», de ne pas vibrer en écoutant «À genoux» ou «Rien à chanter». Et puis, si ça se trouve, les chansons prendront tout leur sel sur scène, là où Painchaud, guitariste hors pair, se sent dans ses cordes.

https://www.youtube.com/watch?v=EsYvh2NLweo&fs=1&hl=en_US

La dernière des arcades, Club Soda, à Montréal, le 21 sept., 514 980-9090; salle Maurice-O’Bready, à Sherbrooke, le 22 sept., 819 820-1000; Cabaret du Capitole, à Québec, le 25 sept., 418 694-4444. Grande tournée du Québec jusqu’en avril 2011.