Michael Franti, ce géant au sourire si doux

Michael Franti veut désormais passer à la radio tout en grattant sa guitare dans les îles, au bord de la plage. Qui s’en plaindra ?

Drum’n’bass, hip-hop, spoken word, reggae, ce géant américain de presque sept pieds (plus de deux mètres) a été de toutes les musiques underground, de tous les combats démocrates et de toutes les manifs anti-Bush.

Enfant noir adopté par un couple blanc, il devait être le successeur logique de Gil Scott-Heron, ex-leader des Last Poets et militant intello acharné à la tête du collectif autochtone engagé Dancing on John Wayne’s Head. Mais le temps en a décidé autrement. Franti s’est assagi.

Amoureux, il possède encore cette conscience sociale aiguë (la preuve dans « Hey Hey Hey » et « Gloria »), mais il veut désormais passer à la radio tout en grattant sa guitare dans les îles, au bord de la plage. Qui s’en plaindra ? Bercé par les vagues, sourire aux lèvres et longues nattes au vent, il nous donne un disque ensoleillé, sans prétention. Un carpe diem idéal pour le dilettante.

Michael Franti & Spearhead / The Sound of Sunshine / Capitol/EMI