Mohammed : entre l’arabe et l’écorce…

MOHAMMED / L’OMBRE D’UN DOUTE Maisonnette/Select

Mohammed : entre l'arabe et l'écorce...
Photo : Vistaphoto

Voici la révélation de l’année ! C’est vrai qu’on a à peine entamé le printemps et que de bonnes surprises peuvent surgir de n’importe où jusqu’à Noël prochain, mais ce jeune Algérien qui dit vivre « en touriste » à Montréal depuis 15 ans nous laisse littéralement bouche bée.

La prose, la simplicité, le débit presque nonchalant. L’intelligence, la sincérité, l’agencement de vocables pourtant peu savants. « La vérité, c’est que le Québec, on le sous-loue. On est tous des immigrants de différentes époques. »

Attention ! ce n’est pas du rap. Serait-ce du spoken word en bon français, de la poésie urbaine pure ou du slam, comme on dit désormais ? Si oui, c’est moins figé que Grand Corps Malade et moins intello qu’Abd Al Malik, ces pionniers de Paname qui méritent pourtant toute l’admiration qu’on leur voue le long du Saint-Laurent.

Bravo, en tout cas, à Daniel Russo Garrido, alias Boogat, un petit futé qui a orchestré le tout avec une audace et une intuition admirables – il n’y a pas d’autre mot. Une empreinte sonore qui rappelle l’encadrement underground des Gil Scott-Heron et les poètes perdus du début des années 1970. Autour de la solide contrebasse d’Alex Bellegarde, de vieux sons de claviers électriques, d’orgue qui crache, de Fender Rhodes et de synthé Moog. Chapeau, Momo !

 

 

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