Mois de la photo: je, me, moi

Il fallait s’y attendre: dans la programmation du 14e Mois de la photo à Montréal, une grande place est faite à la notion de selfie, ou égoportrait.

L’installation #LLL, Looking, Listening, Looping, de Paul Wong, est constituée de 40 écrans qui diffusent en boucle des vidéos et des photographies, allant des égoportraits aux images abstraites. Elle est présentée à la Galerie Joyce Yahouda dans le cadre du Mois de la photo à Montréal. (Photo: Tristan Malavoy-Racine)
L’installation #LLL, Looking, Listening, Looping, de Paul Wong, est constituée de 40 écrans qui diffusent en boucle des vidéos et des photographies, allant des égoportraits aux images abstraites. Elle est présentée à la Galerie Joyce Yahouda dans le cadre du Mois de la photo à Montréal.

CultureL’égoportrait est central dans le travail du Canadien Paul Wong, qui l’intègre dans son expo Multiverse (Galerie Joyce Yahouda), notamment dans l’installation intitulée #LLL, Looking, Listening, Looping, composée d’un mur de 40 écrans qui nous incite à réfléchir à nos façons de «capter» le fil de nos vies.

Avec Hello World! (Maison de la culture Frontenac), l’Américain Christopher Baker s’intéresse, lui, à la «cacophonie de voix incompréhensibles qui fait de l’agora numérique un véritable poulailler». Pour illustrer son propos, il a incorporé dans son installation How I Learned to Stop Listening and Love the Noise quelque 5000 entrées provenant de MySpace, YouTube et Facebook, dans le but d’évoquer le «striptease mondial» — ce sont ses mots — auquel nous assistons de nos jours.

Le 3 octobre à 14 h 30, on pourra d’ailleurs parfaire ses propres techniques d’égoportrait grâce à l’atelier Selfie: Les identités fabriquées sur mesure. Après avoir remonté l’histoire du selfie, on y apprendra des trucs pour en réaliser qui sortent de l’ordinaire (activité payante / réservation obligatoire à lesphotographes.org/ca/cours-photo).

Pour ceux qui voudraient pousser la réflexion plus loin, le Mois de la photo de Montréal (MPM) a programmé un colloque au titre bilingue, À partir d’aujourd’hui… Reconsidering Postphotography, dont les activités auront lieu du 1er au 3 octobre à l’Université Concordia et au Centre canadien d’architecture. On y abordera entre autres la manière dont la révolution numérique a forgé l’identité collective de la génération Y et l’imagination des artistes.

Dans un volet plus festif, le Mois de la photo convie le public à sa «Nuit MPM», le 8 octobre à compter de 20 h, au quartier général de l’événement: la Parisian Laundry (3550, rue Saint-Antoine Ouest). Le rendez-vous sera l’occasion de voir, avec la musique de DJ Donald Lauture en fond sonore, les six projets artistiques présentés sur place dans le cadre du festival.

Le MPM, une biennale, met en lumière le travail d’artistes internationaux et canadiens, établis et émergents, jusqu’au 11 octobre. La présentation 2015, signée par le Catalan Joan Fontcuberta, est placée sous le thème La condition post-photographique.