Mon bilan de 2011 sera court…

Spectacle équestre, cirque, cinéma, exposition, chanson d’amour et actrice de 68 ans !

1. J’ai vu beaucoup de spectacles en 2011, mais aucun ne m’a transporté comme Odysseo, de Cavalia, où je suis allé de reculons et à la toute dernière représentation. Dans le plus grand chapiteau du monde, où rien n’obstrue la vue, j’ai roulé des yeux tel un enfant, applaudi frénétiquement, lâché des oh ! et des ah ! avec les 2 290 autres spectateurs. Ventousé par la scénographie de Guillaume Lord, j’ai été complètement soufflé par la musique en direct de Michel Cusson, la conception visuelle de Geodezik, les éclairages d’Alain Lortie, les chorégraphies équestres de Benjamin Aillaud et la magnificence des chevaux – appaloosa, arabe, lusitanien, pure race espagnole, quarter horse, etc.  –  qu’il m’arrive encore, six mois après les avoir vus en pleine liberté, de chevaucher dans ma tête.

 

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2. Un autre spectacle, français celui-là, présenté durant le festival Montréal complètement cirque, m’a conquis : Le cirque invisible, de et avec Jean-Baptiste Thierrée et Victoria Chaplin, plus de 130 ans à eux deux, mais vifs comme des aigles. Un duo de clowns beckettiens dans des numéros poétiques qui ramènent à l’enfance, aux rires, aux mauvais coups, à l’émotion aux éclats, au temps qui file, à la solitude, à la mort qui rôde, à tout ce qui fait un homme.  Philosophie et profondeur dans la légèreté.  Grandiose de simplicité.

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3. Au cinéma, deux films qui, sans les moyens, les prétentions et… les recettes aux guichets de Café de Flore, m’ont tourneboulé. Sujet, personnages, mise en scène, réalisation, production ; deux réussites.

• Le vendeur, de Sébastien Pilote. Le film de l’année, avec un Gibert Sicotte, au faîte de son talent. S’il n’est pas récompensé pour son interprétation, mon nom est cochon. Dans une petite ville où une grève qui s’éternise épuise le moral et le portefeuille de ses habitants, un vendeur de voitures s’accroche à la seule chose qu’il sait faire, malgré les gifles, dont une gigantesque, que lui inflige la vie.

• Marécages, de Guy Édoin. Sur une ferme laitière des Cantons-de-l’Est, les Santerre ont la vie dure et travaillent rudement, mais les dettes s’accumulent et l’approvisionnement en eau se raréfie. Un drame survient qui chahute la famille et réveille secrets, rancœurs et pulsions. Pascale Bussières, François Papineau, Luc Picard et le jeune Gabriel Maillé sont formidables. Le DVD sort le 28 février.

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4. Une exposition : La planète mode de Jean Paul Gaultier : de la rue aux étoiles, au Musée des beaux-arts de Montréal. Où pour la première fois, je crois, grâce à un procédé technologique de projections, des mannequins avaient l’air (presque) aussi vivants que vous et moi. Ils parlaient même, ça vous donne une idée !  Cette approche multimédia, pierre d’assise de la mise en scène théâtrale de Denis Marleau et Stéphanie Jasmin, constituait l’un des atouts majeurs de cette première rétrospective internationale de Gaultier qui a hissé au rang de pièces iconiques la marinière rayée et le bustier-obus. Celui qui a habillé Madonna, Lady Gaga et les Rita Mitsouko n’était pas peu fier de cette exposition, faut-il le rappeler, imaginée et étrennée à Montréal.

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5. Les plus belles paroles d’une chanson d’amour

« Et j’entends si fort/ les tambours de ton corps/ Moi, dans mon désordre/ je rêve en secret/ de mettre mon linge sur ta corde. » Extrait de « Chercher le Sud », l’une des perles de l’album très inspiré, Le triangle des Bermudes, de Patrice Michaud.

L’auteur-compositeur-interprète confie : « C’est la chanson que je n’avais jamais été capable d’écrire pour ma blonde. Quand j’ai abandonné l’idée de lui composer une toune, celle-ci est venue. »

 

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6. L’actrice la plus osée

Toute nue d’artifice, à peine maquillée, belle de vérité, Geneviève Bujold (ici dans Pour l’amour de Dieu, film de Micheline Lanctôt, sortie DVD le 3 janvier), 68 ans, revendique le droit de vieillir et de faire son métier sans recourir à la chirurgie. Que les actrices de 30 ans, déjà botoxées ou plastifiées, en prennent de la graine…

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