Montréal-Québec-Montréal avec Marc Déry

Il n’a pas la plume de Michel Rivard, ni la voix de Daniel Bélanger, ni la maturité de Luc De Larochellière, ni la bipolarité de Jean Leloup, ni la présence de Pierre Lapointe, ni l’aisance physique de Yann Perreau, mais [attendez, il a plein de choses à lui] c’est quand même avec Marc Déry que j’ai passé la dernière fin de semaine. La partie motorisée de ma fin de semaine, s’entend : lors du trajet aller-retour Montréal-Québec, je l’ai fait jouer à fond la caisse dans ma voiture, qui ne ressemble en rien à la rutilante décapotable (une vieille Oldsmobile ?) qui orne la pochette de son 4e album, intitulé Numéro 4. De Déry, j’aime la voix pas finie, l’air d’ado prolongé, la virilité pas triomphante.

Photo : Maude Chauvin

Pour son nouveau disque, l’auteur-compositeur-interprète a, comme il le dit lui-même, « réécouté – avec Michel Dagenais, qui a participé à la composition musicale et à la facture sonore de l’album – des groupes britanniques qui nous inspiraient dans les années 1980 et  revisité des trucs qu’on a composés durant la même période ». Cela sonne comme un petit quelque chose d’hier qui regarderait intensément aujourd’hui, à moins que ça soit le contraire.

De ce retour vers le passé découlent certains thèmes, la plupart aux couleurs de l’amour et de l’amitié. Les paroles ne sont pas l’image de marque de Marc : on ne fréquente pas Déry pour ses textes, ce qui ne veut pas dire que l’auteur-compositeur-interprète économise les images réussies et les lignes bien senties. Ainsi, « On ne sait jamais », que lui a inspiré la tentative de suicide d’un ami, départagera les brutes des cœurs sensibles.  Côté musical, c’est la bamboula : une pop-rock transpercée d’alterno et de new-wave et, aux guitares, un Déry qui bat quatre as.

Numéro 4 ouvre avec la très invitante Welcome qui s’accroche aux oreilles en un rien de temps. Essayez-la pour voir.




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