Musique : quand les admirateurs s’organisent pour faire venir leur groupe préféré

Le principe du sociofinancement semble aujourd’hui bien installé dans le monde de la musique, ce qui permet à des artistes d’aller voir des admirateurs trop souvent négligés — parce qu’ils habitent en marge des sentiers qu’empruntent généralement les tournées.

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Dave Grohl, des Foo Fighters, bientôt dans un bled près de chez vous ? – Photo : Henry Ruggeri/Corbis

Les membres du groupe américain Foo Fighters n’ont pas mis les pieds à Richmond, en Virginie, depuis leur tournée de 1998. Il faut dire qu’avec ses 210 000 habitants, cette petite ville n’a pas la force d’attraction des grandes métropoles quand vient le temps de planifier la tournée d’un groupe aussi populaire. Les Foo Fighters y retourneront pourtant dans les 12 prochains mois. Par quel miracle ? Parce que les admi-rateurs se sont organisés.
Culture

Grâce à un site de sociofinancement, un inconditionnel de Dave Grohl et sa bande a monté une campagne où, disait-il, « personne ne peut perdre ». Le plan est le suivant : 1 400 billets étaient en vente au prix de 50 dollars chacun. Les gens s’engageaient à en acheter un si l’initiative arrivait à son but.

Une fois l’objectif de 70 000 dollars atteint, l’argent a été prélevé sur la carte de crédit associée au profil de chaque contributeur sur le site de sociofinancement. Si les Foo Fighters acceptent (ce qu’ils ont fait) et vont donner un spectacle à Richmond (ce qu’ils feront), ceux qui ont participé à la campagne auront leur billet. Si finalement le spectacle n’a jamais lieu, l’argent leur sera rendu. Et si l’organisateur de la campagne n’était pas arrivé à vendre tous ses billets ? Tout se serait arrêté là, sans frais pour personne.

Les Foo Fighters sont emballés par cette idée et par la possibilité d’aller voir des admirateurs trop souvent négligés, parce qu’ils habitent en marge des sentiers qu’empruntent généralement les tournées. Le chanteur Dave Grohl est même allé jusqu’à dire que l’avenir des tournées et des spectacles pourrait bien résider dans cette façon de faire. Et pourquoi pas ?

Il y a deux ou trois ans déjà, des musiciens tentaient des expériences du genre, sans que ça décolle vraiment. Mais comme le principe du sociofinancement est aujourd’hui bien installé dans le monde de la musique, ce concept semble avoir beaucoup de potentiel.

Des sites Web tels que rabbl.com et giggedin.com se spécialisent dans l’organisation de campagnes comme celle qui va amener les Foo Fighters à Richmond. Si on s’y mettait, qui sait, peut-être pourrait-on amener Arcade Fire à Matane ou Billy Joel à La Motte. Qui embarque ?

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À propos de Mathieu Charlebois

Ex-journaliste Web à L’actualité, Mathieu Charlebois blogue maintenant sur la politique avec un regard humoristique. Il est aussi chroniqueur musique pour le magazine L’actualité depuis 2011 et co-rédacteur en chef du webmagazine culturel Ma mère était hipster, en plus d’avoir participé à de nombreux projets radio, dont Bande à part (à Radio-Canada) et Dans le champ lexical (à CIBL). On peut le suivre sur Twitter : @OursMathieu.

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