MUSIQUE / Un orchestre qui se mange

Sur scène, non pas de piano-guitare-batterie, mais des cageots de légumes frais, achetés au marché le matin même. La dizaine de membres du Vegetable Orchestra, fondé à Vienne en 1998 et célébré de par le monde, mettent trois heures chaque jour de concert à fabriquer leurs instruments. Allez, on te travaille à la perceuse la carotte pour qu’elle joue de la flûte, on te sculpte le poireau en violon, le poivron en trompette, le céleri en bongo, et ainsi de suite jusqu’à la macédoine.

Le plus étonnant, c’est que tous ces objets comestibles, une fois amplifiés, émettent des sons qui composent des morceaux s’épivardant dans divers genres : du classique au free jazz, de l’électroacoustique au folk, en passant par le glitch et le house-dub.

On peut évidemment goûter le résultat et penser tout de même au gaspillage. Les beaux produits de la culture maraîchère et potagère finissent sous les projecteurs, mine déconfite, et n’ont pour avenir que le compostage.

La « salade de légumes » se produit – ça ne s’invente pas – à La centrifugeuse, à Pau, en France, le 12 octobre prochain. D’autres dates en Europe sur le site de l’orchestre. Pas de concert sur nos terres en vue.