C’est la Biennale de gigue contemporaine, et Nancy Gloutnez martèle le plancher

La Biennale de gigue contemporaine: Saccage et précision,Tangente, à Montréal, du 31 mars au 10 avr., 514 525-1500.

Si elle avait pu, elle aurait dansé ses réponses plutôt que de les formuler. Les entrevues, Nancy Gloutnez n’a pas l’habitude. Mais demandez-lui de jouer du piano, de l’enseigner, voire de l’accorder, ça, elle peut ; demandez-lui de vous Nancy-Gloutnezgiguer une petite impro au milieu du salon, elle s’exécute sur-le-champ. Offrez-lui des percussions, une partition de musique brésilienne, elle vous fait un numéro de samba giguée, le Carnaval de Rio entre chez vous et vous savez tout de ses passions.

Galvanisée dès l’enfance par les chansons à répondre et la musique traditionnelle, elle s’initie à la gigue (avec Les Éclusiers de Lachine) au moment où elle suit ses premiers cours de piano, à sept ans. Un bac en interprétation de piano de l’Université McGill plus tard, elle s’associe, en 2000, à Lük Fleury, avec qui elle fonde le Fuxi Club, troupe de gigue contemporaine qui ne tarde pas à actualiser une danse très populaire au 19e siècle et dans le répertoire de Gilles Vigneault. Au sein du Fuxi, les danseurs s’émancipent hors des troupes de folklore, certains se découvrent une vocation de chorégraphe. Dès lors, la gigue, en ne reniant pas ses racines, affirme un caractère urbain et des inspirations neuves, et ajoute à l’impulsion des pieds les mouvements des bras et du torse.

Si elle avait pu, elle aurait dansé ses réponses plutôt que de les formuler. Les entrevues, Nancy Gloutnez n’a pas l’habitude. Mais demandez-lui de jouer du piano, de l’enseigner, voire de l’accorder, ça, elle peut ; demandez-lui de vous giguer une petite impro au milieu du salon, elle s’exécute sur-le-champ. Offrez-lui des percussions, une partition de musique brésilienne, elle vous fait un numéro de samba giguée, le Carnaval de Rio entre chez vous et vous savez tout de ses passions.

Jocelyn Michel
Jocelyn Michel

Galvanisée dès l’enfance par les chansons à répondre et la musique traditionnelle, elle s’initie à la gigue (avec Les Éclusiers de Lachine) au moment où elle suit ses premiers cours de piano, à sept ans. Un bac en interprétation de piano de l’Université McGill plus tard, elle s’associe, en 2000, à Lük Fleury, avec qui elle fonde le Fuxi Club, troupe de gigue contemporaine qui ne tarde pas à actualiser une danse très populaire au 19e siècle et dans le répertoire de Gilles Vigneault. Au sein du Fuxi, les danseurs s’émancipent hors des troupes de folklore, certains se découvrent une vocation de chorégraphe. Dès lors, la gigue, en ne reniant pas ses racines, affirme un caractère urbain et des inspirations neuves, et ajoute à l’impulsion des pieds les mouvements des bras et du torse.

Nombreuses aujourd’hui, les expérimentations, autant musicales que corporelles, spatiales qu’esthétiques, ont trouvé leur plateforme de diffusion : la Biennale de gigue contemporaine. La (quatrième, déjà) « Bigico » accueille cette année 11 chorégraphes et trois fois plus d’interprètes. « La musique traditionnelle a connu son revival en s’affiliant à d’autres sources, telles que le jazz ou le blues. C’est au tour de la gigue de se réinventer sur des musiques techno ou classique, de s’exprimer en chaussures à claquettes ou en bottes d’armée. »

C’est pieds nus et sur une musique de John Cage que Nancy Gloutnez a créé Solo, pièce virtuose devenue sa signature. Les titres de ses chorégraphies empruntent au langage musical : « Stéréo », « Surround » ou « Études de sol majeur », solo a cappella qu’elle étrennera à la Biennale. « Il y a quelque chose de profondément satisfaisant à se manifester en martelant le plancher. »

Extrait de « Surround »:
https://www.youtube.com/watch?v=BwPflbe5K88

À la Biennale 2011, outre les spectacles et une conférence sur l’histoire de la gigue au Québec, le public pourra voir Rétro, que Nancy Gloutnez a réalisé avec Philippe Meunier en 2009, une fiction documentaire qui laisse une trace sociologique de la vitalité de la gigue et de ses champs d’exploration.

La nouvelle maman dit : « Je viens de la terre, je cherche l’équilibre, je veux l’harmonie. » Hum, pas sûr qu’elle pourrait nous danser ça !

La Biennale de gigue contemporaine: Saccage et précision,Tangente, à Montréal, du 31 mars au 10 avr., 514 525-1500.

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