Nicole Martin et Iggy Pop sur la même langueur d’onde

Comme je ne pense pas que Mathieu Charlebois va parler, dans ses billets, du récent album Cocktail Lounge, de Nicole Martin, juste vous dire que son interprétation de « La vie en rose », de Piaf, vaut bien celle d’Iggy Pop, 65 ans, qui, sur son album Après, massacre aussi « La javanaise », de Gainsbourg. Malgré son commerce approximatif avec la langue française, le punk devenu crooner affiche encore de beaux restes (qu’il montre à volonté) et un sens de l’humour et de l’autodérision qui manque à plusieurs artistes de sa génération.


https://www.youtube.com/watch?v=HyiTXSDo2dc

Pour en revenir à Nicole Martin, 63 ans (arbore-t-elle de nouvelles joues, coudon ?), je ne pense pas écouter à nouveau sa galette – qui se promène de « Besame mucho » à « La fille d’Ipanema », de « Samba Saravah» à « Hier encore », version assez prenante de la chanson d’Aznavour –, mais travail bien fait, pour public précis, mérite mention. Écouté avec un cocktail au curaçao bleu, pas trop de soucis dans la tête et un zeste de swing dans les hanches, le disque passe tout seul…

 

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Et puis il n’y a pas tant que ça d’artistes sexagénaires qui enregistrent encore des disques au Québec. Encore moins s’ils sont octogénaires.  Né à Nazareth – c’est pas une blague, mais près de Rimouski –, le raconteux Lawrence Lepage, 81 ans, fait paraître Le temps : treize titres dont, relues par le guitariste, arrangeur et réalisateur Olivier Rondeau, quelques chansons de jeunesse : « Mon vieux François », «Salut ti-cœur », « Monsieur Marcoux Labonté ». Petites vies d’ouvriers, de bûcherons, d’exilés des campagnes. Troisième album en carrière (le premier en 1964, l’autre en 1976) de celui que Gilles Vigneault appelait « le menteur de village engagé pour l’hiver » et Jean Claude-Germain, «le fabulateur ambulant ».

• Lancement-spectacle de l’album à la salle Desjardins-Telus, à Rimouski, le 18 octobre ; spectacles à L’Anglicane de Lévis le 1er novembre et au Cabaret Lion d’Or, à Montréal, le 7 novembre.

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La force d’une voix

Ah bon, vous n’avez pas accroché à la chanson « Le problème avec toi », premier extrait de l’album C’est d’l’amour ou c’est comme de Luc De Larochellière et Andrea Lindsay ? Moi si ! Je vous accorde que l’album, écrit à deux et chanté tantôt en solo et tantôt en duo, n’a pas la puissance douloureuse du précédent de De Larochellière, Un toi dans ma tête, mais on ne peut pas toujours se relever d’une peine d’amour ! Reste que la voix de Luc me déstresse les tensions dans les omoplates et que celle d’Andrea, je la prendrais bien sur ma table de chevet pour qu’elle me souhaite chaque nuit de faire de beaux rêves.

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